Lecture / Ecriture
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Le livre des animaux de Mario Rigoni Stern

Mario Rigoni Stern
  Lointains hivers
  En attendant l’aube
  Histoire de Tönle
  Les saisons de Giacomo
  Le sergent dans la neige
  Le livre des animaux

Mario Rigoni Stern est né en Vénétie en 1921. C’est un montagnard très attaché à ses racines.
Il a participé à la seconde guerre mondiale dans les chasseurs alpins, a été fait prisonnier en stalag pendant des longs mois avant de s’évader.
Il a été publié assez tard.
Il a reçu le prix PEN italien en 1999.
Il est mort en juin 2008 à 86 ans.

Le livre des animaux - Mario Rigoni Stern

Entendons-nous !
Note :

    Mais comment ai-je pu passer à côté de Mario Rigoni Stern (1921-2008)? L'impression d'histoires de guerre (sur le front est, en plus), ou se déroulant dans un coin perdu de l'Italie, bref, rien d'urgent. Mais il a fallu l'éditeur du mois et le thème pour me lancer.
   
    Tout démarre avec quelques histoires de chiens (qui plus est chiens de chasse) mais racontées de façon tellement vivante que je me suis attachée à ces braves bêtes, dont l'instinct (et l'intelligence) les poussent à parcourir des kilomètres à pattes, dans cette région montagneuse.
   
    Et puis l'affaire a pris un tour plus 'nature writing' et là j'étais ravie! Chevreuils à admirer, chevreuil blessé et presque apprivoisé, et puis ces bûcherons finissant trempés sous l'orage, pour garder à l'abri un jeune chevreuil.
   
    Puis arrivent les insectes
    "Sans eux notre terre deviendrait un désert sinistre. Qui assurerait la pollinisation des fleurs? Qui favoriserait le processus de décomposition, phénomène indispensable à la vie?"
    "Pour ma part, autour de ma maison (et je vis entre un bois et un pré) où les insectes règnent en souverains, je me suis assuré, avec les flatteries opportunes, la présence d'oiseaux insectivores, et je laisse vivre les araignées, les orvets et les crapauds."

    J'ignore quand ces lignes ont été écrites, mais il est sûr que l'auteur se réjouit de l'abandon d'insecticides, de désherbants ou de pesticides.
   
    J'ai été épatée de trouver son avis sur les corvidés, "leur exceptionnel développement intellectuel, considéré par certains chercheurs comme supérieur à celui des mammifères les plus doués", avis faisant écho à une de mes lectures récentes, "Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l'intelligence des animaux?".
   
    Quel bonheur de lire ses lignes sur le coq de bruyère, le faisan de montagne et la perdrix blanche, ses histoires de merles et de hiboux, de lièvre et d'ânesse? On sent l'homme observateur, près de la nature, respectueux. le voici nez à nez avec une chauve-souris réfugiée dans son bureau, retrouvée pendue la tête en bas à un livre, L'équilibre précaire -Moments de la tradition littéraire anglaise, de Sergio Perosa.
   
    Le voici réfléchissant sur le piteux état d'un bois de sapins, attaqué et boulotté par des loirs à leur cime. Tout a commencé quand on a voulu un bois bien propre, bien nettoyé, idéal pour les balades. Sans buissons et arbustes, les hiboux, renards et martres, prédateurs naturels des loirs, filèrent ailleurs, les loirs proliférèrent, mais durent se rabattre sur les sapins pour survivre (puisque plus d'arbustes, baies, noisettes, etc). Triste histoire.
   
   Le regard lucide, amical et sensible de l'auteur sur la nature qui l'environne, ses connaissances qu'il sait faire passer avec légèreté, empathie et humour fin, ça j'adore! Comme de plus c'est sans bouger de son coin, on se sent incité à se lancer soi-même dans l'observation. Même en ville!

critique par Keisha




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