Lecture / Ecriture
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Comme un seul homme de Daniel Magariel

Daniel Magariel
  Comme un seul homme

Comme un seul homme - Daniel Magariel

Descente aux enfers
Note :

   Rentrée littéraire 2018
   
    Premier roman de ce jeune auteur américain du Kansas. Il a eu un très bon accueil aux Etats-Unis et a été traduit en plusieurs langues.
   
   La guerre est finie et a été gagnée. La "Guerre" était le divorce. Le vainqueur, le père part avec ses trophées, symboles de sa victoire, et ses deux fils. Ils quittent le Kansas pour un nouveau départ qui s’annonce sous de bons auspices. Direction Albuquerque.
   
    Mais si pour le père la guerre est gagnée, pour les enfants les combats commencent, car leur géniteur n’est guère fiable. Flambeur et immature, il a aussi un gros problème de drogue qu’il consomme de manière compulsive, restant presque une semaine sans sortir de sa chambre, puis tentant de vivre normalement.
   
    Alors les deux garçons sont livrés à eux-mêmes, se soutenant en cas de coups durs. L’aîné joue au basket mais l’intervention de son père à son collège ne l’aide pas et c’est un euphémisme. Le père leur promet de changer encore une fois de vie, de redéménager, mais rien ne se passe comme convenu ! Ainsi va la vie, mais les enfants sont les grandes victimes de ce marasme !
   
   L’originalité de ce roman est que les trois personnages principaux n’ont ni nom ni prénom ! Ils sont "Le père", "Mon frère" (qui est l’aîné) et "Moi" (le narrateur) ! Seule la mère a un nom et encore c’est un surnom plutôt péjoratif, l’Amalécite.
   
    Les rares autres protagonistes de cette histoire sont souvent des femmes parfois de mauvaise vie ou d’autres un peu naïves comme Janice ou comme Reagan, petite amie du frère aîné !
   
    On pourrait facilement inverser le tire du livre en "Comme un homme seul" car ce père de famille semble tout faire pour que ses enfants se détachent de lui, comme il a tout fait pour qu’ils se détachent de leur mère. Qui semble-t-il n’est pas mieux que leur père ! Aux dires de ce dernier.
   
    Un bon roman, une lecture pas très facile, une situation pour ces deux enfants encore plus difficile, pris entre le feu de deux parents immatures, dont une mère dont on se sait finalement pas grand chose.
   
    Autre originalité, la couverture, dont j’ai compris le sens à la fin de ma lecture.
   
    Extraits :
   
   - À la vérité, il adorait que mon frère soit le meilleur joueur sur le terrain.
   
   - Il était tellement gentil avec nous, parfois.
   
   - Dans l'ensemble, ça me plaisait bien quand mon père était défoncé. Il était doux, mesuré, parlait à voix basse.
   
   - Ça lui donnait un sentiment d'importance-un ascendant sur les entraîneurs, un statut dans les gradins.
   
   - C'est ton frère pour la vie. Tu es sa dernière ligne de défense.
   
   - C'était un primate se faisant passer pour un humain, un singe sirotant du vin dans un verre à pied.
   
   - Le matin, avant nos cours, il était déjà défoncé et traînait des pieds dans l'appartement à sa manière languissante et ralentie.
   
   - On va repartir à zéro. On va effacer l'ardoise. Le passé, c'est le passé.
   
   - Elle avait choisi de sauver sa peau. Ça n'avait pas d'importance. On n'avait pas besoin d'elle.
   
   - Mon père a mis un caillou dans sa pipe, a fumé sous mes yeux. Je l'ai vu s'animer dans la salle de séjour.
   
   - Je crois que c'est la première fois que je me sens si proche du mal absolu.
   

    Titre original : One of The Boys (2017).

critique par Eireann Yvon




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