Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Je voudrais que la nuit me prenne de Isabelle Desesquelles

Isabelle Desesquelles
  Les hommes meurent, les femmes vieillissent
  Les âmes et les enfants d'abord
  Je voudrais que la nuit me prenne

Isabelle Desesquelles est une écrivaine française née en 1968.

Je voudrais que la nuit me prenne - Isabelle Desesquelles

Bonheur fragile
Note :

   Rentrée littéraire 2018
   
   Voici un titre de rentrée très poétique, dont il est bien difficile de parler sans en tout dévoiler… mais qui mérite réellement votre lecture. Tout d’abord, je dois dire que ce n’était pas celui qui m’attirait le plus dans ma pile de rentrée littéraire, une impression de facilité dans le titre, une photo sur le bandeau qui ne me plaisait pas vraiment, le sentiment que j’allais lire une histoire cent fois lue.
   
    Mais comme j’avais tort ! Clémence grandit auprès de parents un peu excentriques et doux, amoureux de la lecture, amoureux tout court. Rosalie et Alexandre ont choisi de vivre dans un petit village. Alexandre est instituteur. Rosalie s’occupe d’entretenir les grandes maisons vides des alentours pendant l’absence des propriétaires. Mamoune, la grand-mère, vit tout près de chez eux, et élève sa petite fille Lise, délaissée par ses parents. Le bonheur est complet, total, fragile. Il est fait de la vie dans ce qu’elle a de plus brut et sauvage, et de petits moments précieux que l’on se repassera plus tard au rétroprojecteur des souvenirs, quand on sera vieux… si l’on devient vieux. Le drame couve dans ce roman, se fait discret puis éclate enfin, et on se rend compte que depuis le début il était là, qu’on ne le voyait pas, ne le devinait pas, qu’on s’était laissé entraîner béatement dans une banale histoire familiale que ce roman n’était pas. Isabelle Desesquelles ne nous offre en effet pas son enfance sur un plateau avec ce récit, elle nous transporte ailleurs, dans le désir de la jeunesse éternelle, dans les chemins qui bifurquent et ne préviennent pas, dans l’impossible deuil.
   
    Un très très beau roman, étonnant aussi de sensualité, à découvrir absolument !
   "Ne fais pas comme moi, ma Clémence, à te laisser bousculer par ce qui n’est plus. Ne laisse pas les souvenirs te serrer de trop près. Tu t’en souviendras ?"
    ↓

critique par Antigone




* * *



204 pages poignantes
Note :

   "Et je suis là encore. je suis quoi, je suis qui ? Une ébullition du passé. Sa grande fille qu'il ressasse et convoque, qu'il a devinée et s'injecte en une perfusion poétique."
   

   Un couple de jeunes gens extrêmement amoureux, leur petite fille de bientôt huit ans, une famille donc, vit dans une sorte de bulle de bonheur et de fantaisie, bulle où la poésie, les chansons, les mots en général participent de la fête. La sensualité est, elle aussi très présente, que ce soit dans l'exploration des corps ou le rapport à la nature, ce dont rend très bien compte l'écriture très charnelle d'Isabelle Desesquelles.
   
   Ce n'est qu'à la page 81 qu'est clairement énoncé ce qui fonde le thème de ce roman et qui se laissait deviner auparavant par de légers indices disséminés dans le texte. Il ne s'agit évidemment pas ici d'un roman à suspense, mais je me garderais bien pour autant d'en révéler trop. Disons juste que la tonalité change, que la nuit s'invite et que le souvenir trop ressassé se révèle plus nocif que bénéfique.
   
   Un roman qui déchire le cœur (je n'ai pas pu le lire d'une seule traite pour laisser place à l’émotion) mais qui dégage néanmoins une formidable lumière. Un grand coup de cœur.
    ↓

critique par Cathulu




* * *



Prix Fémina des Lycéens 2018
Note :

   Clémence vit l'été de ses huit ans, elle fêtera son anniversaire en Août.
    Elle grandit tranquillement et doucement dans une maison au milieu d'une nature belle et sauvage.
    Elle vit dans l'amour absolu de ses parents qui s'aiment aussi et le montrent. La légèreté accompagne sa vie de moments infiniment délicieux. C'est l'odeur de la tarte aux pommes que fait sa maman, ce sont les départs pour l'école main dans la main de son papa instituteur, amoureux des mots.
    Les journées s’égrainent au fil de saisons dans un amour si beau et une douceur si éclatante que ça durera toujours.
   
    Clémence nous raconte Just, son amoureux depuis la maternelle et sa grand-mère adorée mais aussi sa cousine.
    Elle raconte les caresses et les baisers, les chansons que sa mère fredonne et les livres qu'ils lisent ensemble.
    De l'amour à n'en plus finir, voilà le livre, la biographie d'une petite fille heureuse.
   
    Sauf qu'à un moment, la petite fille prend un autre ton, plus sérieux et grave, rempli de nostalgie et de souvenirs. La profondeur du ciel lui rappelle ceux qui sont partis et que les étoiles illuminent, pour toujours les retrouver.
   
    Le lecteur est perturbé, l'univers devient sombre. Pourquoi ? Les histoires de Clémence ne sont plus une impression de l'enfance mais une analyse fine de la précarité du bonheur.
    Le livre a basculé dans une autre émotion et la tension devient intense au fil des pages.
   
    Je n'en dirai pas plus, c'est un livre qui nous chavire par la beauté d'un invincible amour, fil conducteur magique de ce roman qui a été récompensé par le Prix Fémina des Lycéens 2018.
    Petite Clémence lumineuse que l'on a du mal à oublier.

critique par Marie de La page déchirée




* * *