Lecture / Ecriture
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La maison Golden de Salman Rushdie

Salman Rushdie
  Les enfants de minuit
  Les versets sataniques
  Dès 10 ans: Haroun et la mer des histoires
  Est, ouest
  Le dernier soupir du Maure
  Furie
  Shalimar le clown
  L'Enchanteresse de Florence
  Patries imaginaires
  Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits
  La maison Golden

AUTEUR DES MOIS DE JUIN & JUILLET 2009

Salman Rushdie est un écrivain britannique d'origine indienne, né à Bombay le 19 juin 1947. Il a émigré avec sa famille au Pakistan après la partition de l'Inde. Il a actuellement la nationalité britannique et, ayant été anobli en 2007, est devenu Sir Ahmed Salman Rushdie.

Depuis la publication de son roman 'Les versets sataniques', sa vie est menacée, suite à un appel à l’assassinat lancé par l’ayatollah Khomeini et il doit faire l’objet d’une protection constante.

Il a écrit une quinzaine d’œuvres, pour la plupart des romans, mais également des essais et a obtenu de nombreux prix dont le Booker Prize en 1981 pour "Les enfants de minuit".

Traduite dans une douzaine de langues, la valeur de son œuvre est internationalement reconnue.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La maison Golden - Salman Rushdie

La question de l'identité
Note :

   Rentrée littéraire 2018
   
   Salman Rushdie a bien compris son époque, qui situe son roman sur la période qui va de l'investiture d'Obama à celle de Trump (dont le nom n'est jamais cité dans le livre, il n'aura même pas cette gloire-là.). Donc, quand arrive Obama, et sans que cela ait de lien, arrive également la famille Golden, aussi richissime que son nom pouvait le laisser espérer. Elle est constituée du père, Néron, à l'autorité aussi indiscutée que son prénom là aussi, l'annonce, et de ses trois fils, jeunes adultes. On ne sait rien d'eux. Ils ont choisi leurs noms et même leurs prénoms en arrivant d'on ne sait où, et ne livrent rien de leur passé. Ils se sont installés dans une splendide demeure des Jardins : ensemble de luxueuses bâtisses entourant un magnifique parc privé. Une oasis de rêve dans New York. C'est là que vit également notre narrateur, René Unterlinden. Il a l'âge des fils Golden et deviendra leur ami. En panne d'inspiration pour réaliser sa première œuvre marquante, il décide d'observer cette fascinante famille et d'en faire la saga. Tache d'autant plus malaisée qu'ils sont tous décidés à ne rien livrer d'eux. René n'est pas écrivain, il est cinéaste. Ce n'est pas à un livre qu'il veut donner naissance, mais à un film. Cependant, étant lui même personnage de roman, c'est un livre que nous avons sous les yeux. J'y ai trouvé une douce ironie n'étant pas moi-même cinéphile, mais l'auteur l'est, lui, et les références cinématographiques sont nombreuses et si bien choisies qu'elles évoquent des musiques ou des images aux moins connaisseurs, je peux en témoigner.
   
   Vous l'avez compris, il n'y a pas que la curiosité du petit monde des Jardins qui est titillée par ces nouveaux voisins, la nôtre l'est tout autant, d'autant que tous ses membres sont des personnages hors du commun : Le père Néron est un homme impressionnant qui dégage une impression de puissance extraordinaire, tant mentale que matérielle. Il peut tout. Des trois fils, le premier est un autiste agoraphobe mais surdoué, le second un artiste doué et au charme irrésistible, le troisième, cadet demi-frère, n'a jamais pu savoir lui-même de quel genre il était, et plus les spécialistes et psy s'en mêleront, moins il le saura.
   
   Quant à notre René, assez sympathique, dont certains disent qu'il est le plus bel homme de New York, il n'en croit rien et est en fait un personnage mesuré et sage, tentant pour son film, de s'approcher le plus près possible du cœur du monde Golden tout en ne dépassant pas le rôle d'observateur, ce qui ne lui sera pas toujours possible.
   
   Ce magnifique roman est tout d'abord trois choses :
   * Une saga passionnante sur une étrange famille, histoire peine d'amour, de haine, d'argent, de mort, de vie, de secrets et de rebondissements. Nous aurons même les mafias indiennes, les hommes de main et les assassinats.
   
   * Une réflexion très approfondie sur le thème de l'identité. Que/Qui sommes nous ? Cela va du plus évident : le lieu, le nom, l'entourage, l'aspect, l'activité, le rôle etc. jusqu'au plus complexe, l'identité psychologique ou le genre... S. Rushdie examine la question de façon quasi exhaustive, fouillant, documentant et illustrant tous ses recoins. Votre pensée évoluera au fil du livre. On tire bénéfice de cette réflexion.
   
   * Une peinture de cette époque incroyable que traversent les Etats Unis. Peinture d’autant plus vive qu'elle s'appuie sur l'usage des héros de comic strips élevés au rang de divinités de la mythologie. En écho aux pseudonymes Golden qui revisitent la mythologie classique. Ils sont, nous dit-il, la mythologie de l'Amérique moderne., et c'est fascinant et juste.
   
   Un des livres de la rentrée qui vaut vraiment la peine d'être lu.
   
   "Nous sommes des icebergs. Je ne veux pas dire que nous sommes froids, simplement que la plus grande partie de nous-mêmes se trouve sous la surface et que c'est cette part cachée qui peut couler le Titanic."

critique par Sibylline




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