Lecture / Ecriture
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Dans les westerns de Gilles Leroy

Gilles Leroy
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  Dans les westerns

Gilles Leroy est un écrivain français né en 1958. Le Prix Goncourt lui a été attribué en 2007 pour "Alabama Song".

Dans les westerns - Gilles Leroy

Pas indispensable
Note :

   Qui se souvient de "La piste héroïque", un western tourné en 1948 et qui connut un succès absolument inattendu ?
   
   C’est là, dans le désert de l’Arizona et dans des conditions atmosphériques dantesques (il faisait couramment autour de 50 degrés) que se rencontrèrent Bob Lockhart et Paul Young. Bob avait 20 ans, un allant fou, un talent inné sachant danser et monter à cheval avec un naturel et une aisance confondante. Paul, 27 ans, tomba sous le charme.
   
   Très vite, ceux qui à l’écran devaient apparaître comme d’irréductibles frères ennemis devinrent amants. Dans une Amérique blanche, raciste et homophobe, cela allait au-delà de toutes les conventions et toute bienséance formelle. D’autant que l’actrice principale, Joanne Ellis, qui repoussait une horde de prétendants se mit à en pincer follement pour le beau Bob sans être, évidemment, payée de retour.
   
   A partir de cette histoire vraie, Gilles Leroy trouve une nouvelle fois prétexte à élaborer un roman d’inspiration américaine. Ici, ce sont les personnages directement concernés qui sont convoqués et se mettent à raconter, une cinquantaine d’années plus tard. Entretemps, l’histoire d’amour entre les deux hommes n’aura pas survécu à sept années de vie commune et la belle Joanne aura épousé par dépit un homme qu’elle n’aimait pas et dont elle divorça presque aussitôt. Bob aura connu une carrière cinématographique qui en fit une star alors que Paul aura bifurqué vers la politique pour finir Sénateur. Il y a pire pour conclure une histoire d’amour qui, comme tant d'autres, finira mal.
   
   A base de séquences écrites comme des scènes d’un scenario hollywoodien, Gilles Leroy nous plonge dans les coulisses d’un monde où règnent l’hypocrisie bienpensante et la jalousie, où les ambitions personnelles obligent à sans cesse jouer des coudes.
   
   Tout cela aurait pu être passionnant si ce n’est que l’écriture, pour une fois chez Leroy, se fait lourde, manque de cette impertinence ou de cette incision qui auraient su rendre la perversité d’un univers où les grands noms du cinéma américain réglaient leurs comptes à l’aune de leur ego. On finit alors par lâcher prise et le risque de quitter la séance avant la scène finale est élevé…

critique par Cetalir




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