Lecture / Ecriture
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Les Enfants Jeromine de Ernst Wiechert

Ernst Wiechert
  Les Enfants Jeromine

Les Enfants Jeromine - Ernst Wiechert

Saga Mitteleuropa
Note :

   Quelle excellent idée de rééditer ce livre, lu il y a bien des années grâce à une bibliothécaire avec qui je travaillais comme bénévole à l’époque, c’est elle qui un jour m’a parlé d’Ernest Wiechert, merci encore Thérèse ce fut un joli cadeau.
   
   C’est je crois le roman le plus connu de l’auteur. Il se déroule dans le village même où il passa une partie de sa vie. Sowirog village de Mazurie qui appartenait alors à la Prusse Orientale. Région qui connut bien des vicissitudes déjà évoquées dans le livre de Marion Donhoff et le roman d’Arno Surminski
   
   C’est l’histoire de la famille Jeromine et du village de Sowirog mais surtout le destin de Jons Ehrenreich Jeromine qui devenu médecin revient dans son village.
   
   Jons a grandi avec ses six frères et sœurs. Leur père leur a inculqué le sens de valeurs familiales, des gens pauvres et simples attachés à leurs traditions et à une foi inébranlable malgré les tragédies, les souffrances et les déconvenues. Il est épris de justice et de savoir. C’est lui qui va partir au loin animé d’une curiosité énorme et d’une envie folle de rendre à son village ce qu’il en a reçu.
   
   C’est un village de paysans, de charbonniers, de forestiers. Cette micro société vit grâce à un dur labeur, le climat est hostile dans ce pays de marais aux hivers terribles. On voit au fil des pages évoluer cette société fermée sur elle-même dans laquelle les femmes paient le tribu le plus lourd, les coups ne sont pas rares, les grossesses dangereuses, le travail interminable. La foi imprègne la vie quotidienne, la Bible dicte les comportements.
   
   L’arrivée du nazisme va provoquer un véritable séisme dans ce petit monde clos. Les forts contre les faibles, la violence qui broie tout sur son passage.
   
   Un roman qui mérite une lecture lente, qui demande d’oublier la foi inébranlable de E. Wiechert quand on ne la partage pas mais qui réjouit le cœur car l’écriture est belle, l’émotion affleure à chaque page, Wiechert était fils d’un forestier et l’on sent que toute son enfance est là dans ce roman. Un livre de pure communion avec la nature.
   
   Ce livre fut publié à la fin de la guerre, pendant celle-ci Wiechert fut interné à Buchenwald puis relâché il passa la guerre sous la surveillance de la Gestapo.
   
   Ses livres furent des succès.
   
   Du même auteur si vous ne l’avez pas lu je vous recommande Missa sine nomine.

critique par Dominique




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