Lecture / Ecriture
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Le principe de Frédelle. de Agnès Desarthe

Agnès Desarthe
  Mangez-moi
  Le principe de Frédelle.
  Le remplaçant
  Dès 09 ans: Dur de dur
  Un secret sans importance
  Dès 06 ans: Les frères chats
  Cinq photos de ma femme
  Dans la nuit brune
  Une partie de chasse
  Ce qui est arrivé aux Kempinski
  Ce cœur changeant
  La chance de leur vie
  V.W. (Le mélange des genres)

Agnès Desarthe est une auteure française de livres pour adultes et pour enfants, née à Paris en 1966 à Paris.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le principe de Frédelle. - Agnès Desarthe

Le petit monde de Frédelle
Note :

   J'ai lu sur les blogs moult commentaires élogieux au sujet de « Mangez-moi » le dernier roman d'Agnès Desarthe et je n'avais qu'une envie: découvrir son univers. C'est chose faite.
   
   Que dire en dehors du fait que je suis littéralement tombée sous le charme de l'exquise écriture d'Agnès Desarthe? Une écriture tout en sensation, en images dignes des plus belles peintures impressionnistes, une héroïne délicieusement décalée et naïve. Les ambiances et les atmosphères sont décrites de telle manière que l'on a l'impression d'être au coeur du récit, d'être aux côtés de Frédelle.
   
   Frédelle est une jeune femme, psychologue scolaire, devenue veuve un mois après son mariage. Elle est seule dans une grande maison, où les travaux à peine commencés se sont arrêtés, et à la tête d'une très grande fortune. Elle se retrouve seule et en train de vivre des situations déstabilisantes qui la fragilisent. Depuis quatre ans, elle promène sa solitude, son chagrin, son mal être entre sa maison, froide et triste, et l'école où elle s'occupe d'Irwin.
   Frédelle a quatre hommes dans sa vie: son défunt mari, Dimitri, son père Sarkis, son banquier Victor Hugo Espinoza et Harold, rencontré à la bibliothèque.
   
   Frédelle entend des voix, celles de la maison. Frédelle est toujours à l'écoute des autres et du monde, ses oreilles sont un inépuisable réceptacle pour les paroles d'autrui. Ces voix, entendues peut-être en raison du grand désarroi affectif dans lequel elle se trouve, sont le reflet d'une certaine rupture avec la réalité. Frédelle se réfugie dans le fantasme des vies intérieures de ces voix, ces âmes qui ont vécu avant dans la maison.
   
   Peu à peu, le lecteur comprend ce qui relie ces hommes à Frédelle et s'interroge sur la frontière entre le rêve et la réalité.
   
   Par petites touches subtiles, Agnès Desarthe met des mots sur les actes indignes comme sur les plus belles émotions. La tromperie est une blessure insidieuse et douloureuse qui fera ouvrir, enfin, les yeux de Frédelle et lui fermera les oreilles pour lui montrer le chemin à suivre. Les errances de son âme s'achèveront comme pour lui permettre de devenir enfin adulte et se reconstruire.
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critique par Chatperlipopette




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On aime ou pas...
Note :

   Agnès Desarthe nous livre une fois encore un bien étrange et déroutant ouvrage. Frédelle (et oui, c’est un prénom, pas un principe d’un obscur physicien oublié depuis mes cours de prépa…) est psychologue scolaire.
   
   Enfin, théoriquement, officiellement du moins. Elle avoue avoir brillamment passé ses examens professionnels pour s’être empressée sitôt après de tout oublier.
   
   Frédelle vit deux vies: celle, physique et réelle, essentiellement faite de malheurs. Un mari mort après quatre mois de mariage, une maison qui s’effondre, un boulot qui l’ennuie, une mère décédée, un père absent mais omniprésent, des amours tristes et sans lendemain, le froid, la faim tout simplement par oubli d’exister….
   
   L’autre, la vraie, psychique. L’amour vécu, rejoué avec Dimitri, son ex-mari. La recherche permanente, fantasmatique du nouvel élu sans oser faire le premier pas, en refusant les avances bien tentantes. Les êtres chers, sa mère en particulier, qui s’adressent à elle depuis un autre monde pour lui lancer des messages aussi courts qu’incompréhensibles, prêtant à la plus totale confusion. La confrontation à un enfant apparemment précoce, perturbé, brillant mais aussi inadapté au monde qu’elle l’est elle-même. Un banquier au prénom héroïque de Victor Hugo dont le comportement est bien étrange. Ses amies d’enfance qui la poursuivent mais qui se défilent lorsque, tout à coup, elles surgissent pour de vrai, dans la vie réelle. Un père détestable et manipulateur dont elle soupçonne qu’il se joue d’elle. Bref, un étourdissement de personnages pittoresques, étranges et insaisissables.
   
   Un livre très onirique où vous n’entrerez que si vous acceptez le parti-pris littéraire d’une divagation certaine: celle d’une âme en peine, paumée, qui vit au creux de ses souvenirs ou de ses projections fantasmatiques. Tout est impression, saut d’humeur et d’images sans transition. Le tout donne un livre très décousu, déroutant, assez poétique.
   
   On aime ou pas. Pour ma part, plutôt pas, surtout du fait d’une fin trop convenue.

critique par Cetalir




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