Lecture / Ecriture
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Discrétion assurée de Marie-Odile Beauvais

Marie-Odile Beauvais
  Discrétion assurée
  Proust vous écrira

Discrétion assurée - Marie-Odile Beauvais

Bécassine à Saint-Germain des Prés
Note :

    « Au jugé, cette note de lecture a été écrite par une femme consciencieuse. Elle n’est pas compliquée. Elle a un ou deux enfants élevés avec un réel souci d’amour et de bon sens. J’imagine qu’elle aide ses amis, fait de la gymnastique une fois par semaine et écrit peut-être pour Madame Figaro. Rien à ajouter. »
   Ah c’est difficile d’échapper aux caractérisations à l’emporte-pièce, même pour Marie-Odile Beauvais.
   Et pourtant, j’ai lu son témoignage d’une traite, fermement harponnée.
   
   Je vous résume grossièrement : elle écrit un roman, le propose à quelques éditeurs, reçoit un coup de fil, est publiée chez Grasset, youpi tralala, mais ça s’arrête là : enterrées sous la couverture jaune, « Les Forêts les plus sombres » ne bénéficieront d’aucune mise en place. Pas de rencontres avec les journalistes, pas de salons du livre, aucun article de presse, pas de photographe, pas de carnet d’adresse judicieusement sollicité, rien.
   Pourquoi ?
   C’est ce qu’elle nous raconte ici :
    « Ce livre est donc l’histoire d’un premier roman arrivé par la poste et paru chez Grasset, mais c’est surtout celle d’étranges comportements humains, à commencer par le mien. Et si, à mon corps défendant, j’y commets des indiscrétions, c’est que je ne résiste pas à la tentation de mettre les rieurs de mon côté. »
   
   Pour qui, comme moi, ne connais rien ni personne à ce tout petit monde d’un arrondissement parisien, les quelques noms et coups de pieds donnés ici ou là tombent totalement à plat, et ne freinent en rien l’incrédulité qui nous tenaille à la lecture de ce récit.
   
   Ce que je trouve le plus remarquable, c’est la totale sincérité de l’auteure. Elle décortique très précisément les émotions, les aigreurs, les mesquineries, la peine, les graves blessures à l’ego, le narcissisme qui ont été les siens durant cette année 1996, et sans jamais s’épargner elle-même.
   
   Elle se garde bien d’en tirer une quelconque morale, et ne se pose pas non plus en revendicatrice de ceci ou cela. Elle relate simplement.
   
   Pourtant je n’ai aucune envie de lire ses Forêts – et par ailleurs j’ai vu que l’on recommande aux amateurs de littérature « prolotte » (rarement lu plus laid que ce mot) de passer outre : dont acte – mais j’ai été épatée par le verbe de Marie-Odile Beauvais. C’est très, très bien écrit, en plus d’être passionnant.

critique par Cuné




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