Lecture / Ecriture
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La nuit du Renard de Mary Higgins Clark

Mary Higgins Clark
  Une seconde chance
  Rien ne vaut la douceur du foyer
  Le fantôme de Lady Margaret
  Une si longue nuit
  La nuit est mon royaume
  La nuit du Renard

Mary Higgins Clark est une écrivaine américaine de romans policiers, née en 1927 à New York.

La nuit du Renard - Mary Higgins Clark

Compte à rebours
Note :

   Implacable. Haletant. Inexorable. Impitoyable. Irrésistible. Magistral. Considérable. Monumental. Imposant. Puissant. Inoubliable.
   Les adjectifs peuvent se dérouler à l’infini.
   
   Le roman de (la nuit du) Renard est construit comme un compte à rebours. Au début, les heures s’égrènent nonchalamment, il serait même question d’un certain ennui. Puis, au fur et à mesure que l’action se déploie, l’étau tend à se resserrer et les heures deviennent des minutes qui deviennent des secondes pour parvenir au final, en quelques chapitres d’une seule page, où l’horloge s’affole et les battements de notre cœur de concert.
   Cette histoire de kidnapping est rondement menée sur fond de débat sur la peine de mort (et l’on sait le sujet particulièrement aigu en Amérique) avec comme cadre la superbe gare de Grand Central qui est le personnage principal. Seul Luc Besson avait réussi à mettre en scène les rouages du métro avec tant de précision.
   
   Bien sûr, il y a Renard. Un serial killer qui maitrise mal ses pulsions et qui aurait pu être incarné au cinéma par un John Malkovich de la grande époque ou encore l’inquiétant Gary Oldman, voire le moins connu Steve Buscemi. Bref, des gaillards au faciès inquiétant. Seulement, dans l’histoire, Renard apparait comme le bon gars du coin, toujours prêt à rendre service. Ses tensions sont intérieures et, du coup, bien plus terrifiantes.
   
   Le couple central met en scène Steve, un jeune veuf doté d’un petit garçon traumatisé par l’assassinat de sa mère qui accepte mal une future belle-mère sous les traits d’une journaliste fervente adepte de la suppression de la peine capitale alors que Steve est farouchement contre. Il va sans dire que les événements dans lesquels ils vont être impliqués changeront leur manière de voir.
   
   D’autres personnages donnent de la profondeur à ce suffoquant polar.
   Un couple s’occupant du petit Neil qui ne pense qu’à partir dorer leurs vieux jours en Floride; des voisins dont la femme, cardiaque, lutte avec sa mémoire pour retrouver une piste afin de confondre le kidnappeur; une vieille dame, vaguement sdf, errant dans les couloirs et sur les quais de Grand Central où elle a enfin trouvé ses marques, voire un asile; une jeune femme fraichement engagée comme ménagère qui se fait voler sa voiture, son unique moyen de locomotion mais qui y trouvera une jolie bague lorsqu’elle la récupérera (maigre consolation).
   Chaque détail compte dans ce court roman.
   
   Et puis il y a les conditions atmosphériques qui font penser au plus froides journées de Décembre alors que nous sommes en Mars. Et cette manie de s’adresser constamment à Dieu le Père quand tout va mal (à la fin du roman, ça s’intensifie jusqu’à la nausée… ah! Ces américains!).
   
   Au fil des chapitres, l’action va s’accélérer, le tic-tac de l’horloge (pour ne pas dire de la minuterie d’une bombe) va vous rendre nerveux à votre tour.
   Bref, encore une belle nuit d’insomnie.
   La nuit du Renard.

critique par Walter Hartright




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