Lecture / Ecriture
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La cliente de Pierre Assouline

Pierre Assouline
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Pierre Assouline, né le 17 avril 1953 à Casablanca (Protectorat français du Maroc), est un journaliste, chroniqueur de radio, romancier et biographe français, ancien responsable du magazine Lire et membre du comité de rédaction de la revue L'Histoire.
(Wikipedia)

La cliente - Pierre Assouline

L'obsession de comprendre
Note :

   Alors qu’il se documente pour établir la biographie d’un écrivain, le narrateur tombe sur le nom d’une famille qu’il connaît très bien : les Fechner, fourreurs à Paris XV°, ont été dénoncés pendant l’occupation et seul Monsieur Henry est revenu de déportation. Pris peu à peu dans une spirale infernale, notre rat de bibliothèque n’aura de cesse d’identifier la délatrice, et de la pousser dans ses retranchements, pris par la nécessité absolue de comprendre le sens de son acte.
   
   C’est évidemment un très bon roman, qui sous couvert de quête de la vérité soulève un pan du voile sur les mentalités françaises durant cette période peu glorieuse. C’est aussi comme toujours avec Pierre Assouline très bien écrit, et parsemé de petits éclats de culture et d’humour.
   
   Mais je ne peux oublier la très bonne adaptation pour la télé de Pierre Boutron en 2004, avec la merveilleuse Micheline Presle et Francis Huster. Ce dernier m’a moins convaincue, mais bizarrement à la lecture du roman ça me semble une évidence, nul autre que lui ne pouvait mieux rendre palpable la fascination qui s’empare du biographe et son avidité à persécuter sa cible.
   Encore une fois je me rends compte que je ne suis pas capable de faire les deux, il me faut définitivement choisir entre regarder un film ou lire le roman dont il s’inspire : je le saurai une fois pour toute.
   
   Le style Assouline, pour moi, c’est exactement ça : (A propos du miroitier) « Il savait se taire, et taire ce qu’il savait. Parfois, il réfléchissait. Le plus souvent, c’était un homme sans tain. »
   Dans ce roman il abuse aussi du mot « dilection », ça m’a fait sourire. Enfin pour le plaisir, quelques phrases qui m’ont charmées :
    « Parfois même nous prenions nos vacances ensemble bien que ma dilection pour la solitude m’eût toujours éloigné de tout communisme balnéaire. »
   « Dans l’autobus, la vanité de l’homotelefonicus ne m’atteignait même plus, ni moi, ni les autres lecteurs, mes frères. Au fond du véhicule, je reconnus quelques silhouettes voûtées et titubantes, ivres de livres, desquelles se dégageait l’expression d’un bonheur abruti. »
   « Il n’était pas vraiment petit, ni court, mais plutôt bref. »
   « Appelons ça le hasard, ou plutôt une coïncidence. On dit que c’est le pseudonyme de la grâce pour ceux qui ne savent pas la reconnaître. »

   
   Bien joli, tout ça….

critique par Cuné




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