Lecture / Ecriture
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Etat limite de Pierre Assouline

Pierre Assouline
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Pierre Assouline, né le 17 avril 1953 à Casablanca (Protectorat français du Maroc), est un journaliste, chroniqueur de radio, romancier et biographe français, ancien responsable du magazine Lire et membre du comité de rédaction de la revue L'Histoire.
(Wikipedia)

Etat limite - Pierre Assouline

Vive le subjonctif !
Note :

   Paris, dans les années 2000. François-Marie Samson est généalogiste indépendant. Le roman commence par une échauffourée dans le métro, suivi d’une panne dans des conditions apocalyptiques. Juste après, Samson fait la connaissance de la grande famille des de Chemillé, dont il a dressé l’arbre généalogique à la demande de Tanneguy, futur ambassadeur. Il tombe sous le charme de ce monde dont il n’est pas issu. Dans le métro, plusieurs suicides ont lieu. Et si les De Chenillé avaient quelque chose à y voir…
   
   Le style de Pierre Assouline est très plaisant, tout à la fois un peu précieux (mais cela sert admirablement son propos : un milieu plutôt intellectuel), et très fluide.
   
   On est pris dans l’histoire dès le début, qui intrigue immédiatement et nous place en état fébrile. La soirée grande bourgeoise qui suit n’en prend que plus de saveur, en miroir. Une fois les principaux protagonistes détachés des autres, on veut absolument savoir ce qui va leur arriver.
   
   Toute la partie où l’on apprend à connaître Samson et les de Chemillé est passionnante.
   
   La fascination répulsive du généalogiste envers la grande noblesse est bien exprimée, on navigue dans un monde policé à l’extrême où la prestance et la retenue des personnages sont délicieuses.
   
   Samson lui–même est un héros très amusant. Dessiné par petites touches tout au long du roman, il acquiert de plus en plus d’épaisseur.
   
   J’ai relevé plusieurs lieux communs à vocation humoristique qui ne m’ont pas plu :
    « On a beau goûter la solitude, surtout quand elle est toute neuve et qu’on la savoure comme une liberté chèrement conquise, lorsqu’on est vraiment seul on se sent moins nombreux. »
   « Il ignorait encore l’état de son âme mais devinait son état d’âme. »
   « A ce moment précis de leur histoire, ils ne faisaient plus qu’un, mais lequel ? »

   
   Par contre certaines phrases sonnent beaucoup plus agréablement :
    « On l’aurait dit désorientée, mais c’eût été impropre car elle recherchait moins un orient imaginaire que son occident intérieur. »
   « Mais c’est quoi, un fou, pour vous ? Un Suisse monarchiste. »

   
   Une jolie pirouette clôt bien le tout : un très bon roman

critique par Cuné




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