Lecture / Ecriture
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Le cycle d'Ender de Orson Scott Card

Orson Scott Card
  Le cycle d'Ender
  Ender Wiggin, Premières rencontres
  Enchantement

Le cycle d'Ender - Orson Scott Card

Un classique... de la SF !
Note :

   Trilogie :
   
    1/ La stratégie Ender
   Les toutes premières lignes exercent déjà un ascendant certain sur le lecteur : on sait qu'on va aller au bout de cette science-fiction là, on se réjouit, on frissonne de plaisir !
   
   Une terrible menace d'anéantissement pèse sur la terre. Un peuple d'Alliens, les doryphores, a déjà tenté par deux fois de la coloniser. Leur deuxième attaque a montré des adversaires ayant énormément progressé technologiquement, sans qu'aucune communication ne soit possible.
   
   Andrew Wiggin, surnommé Ender, est un petit garçon de 6 ans exceptionnellement intelligent. Dans sa famille, c'est le lot commun. Son grand frère Peter s'est révélé trop « méchant », sa soeur Valentine trop « tendre », on a autorisé exceptionnellement ses parents à concevoir un « troisième », violant les lois de contrôle des naissances. Ender est donc intégré à l'Ecole de guerre, jouissant d'un statut particulier, pour son malheur, objet de toutes les espérances. Se montrera-t-il à la hauteur, et en aura-t-il seulement le temps ?...
   
   Suivent des pages rien moins que passionnantes, toutes basées sur la manipulation. Quand on se sait manipulé, et qu'on est supérieurement intelligent, cela aide-t-il à l'élaboration d'une stratégie ? La quête initiatique d'Ender passe en premier lieu par lui-même.
   Petit clin d'oeil du traducteur page 61, avec une moqueuse note de bas de page :
   Il prononçait son nom avec l'accent français du fait que les Français, avec leur séparatisme arrogant, tenaient à ce que l'enseignement du standard ne commence pas avant l'âge de quatre ans, alors que les structures du français étaient déjà fixées. [...] Bernard le traita un jour de « maladroit* », et le surnom lui resta.
   * En français dans le texte. Nous passerons avec indulgence sur « séparatisme arrogant ». (N.d.T.)

   
   La stratégie Ender a obtenu les prix Nebula et Hugo, respectivement en 1985 et 1986.
   
    2/ La voix des morts
   Ender a pris 26 ans dans la vue, mais 3000 pour les autres (paradoxe de la relativité du temps). Il est devenu Porte-parole, et est appelé sur Lusitania, la planète des piggies. Pourra-t-il comprendre ce peuple, et établir une alliance permettant aux humains, piggies, et doryphores de vivre ensemble ?...
   
   Il faut une fois pour toutes, apprendre dès le début quatre termes très importants :
   Utlänning : Etranger d'un autre pays ou d'une autre ville, considéré comme un être humain
   Framling : Etranger considéré comme humain mais venant d'une autre planète
   Raman : Etranger considéré comme humain mais appartenant à une autre espèce
   Varelse : Etranger avec qui la communication est impossible. Il vit mais ne peut saisir les causes ou objectifs qui le font agir. Peut-être intelligent, peut-être conscient, mais on ne peut pas le savoir.
   
   Le tout étant de définir pour Ender le framling, si les piggies sont des ramen ou des varelses !
   Une merveille de chez merveille, ce deuxième tome ! Je ne chercherai même pas à en raconter un quart du tiers, tant il est riche et foisonnant, mais je peux dire qu'il change radicalement de ton par rapport au premier. Finies les stratégies et le combat, nous entrons dans l'anthropologie et les rapports humains.
   
   Je me suis dit que Bernard Werber s'en était fortement inspiré pour sa trilogie des fourmis, sans égaler tout de fois la puissance d'Orson Scott Card, qui m'aura fait verser des larmes tout à la fois pour les piggies et la famille de Novinha. Voyez le tableau ? Moi, dans la nuit noire, incapable de m'endormir, le coeur déchiré par les ravages de l'incompréhension entre un peuple extra-terrestre et un personnage de fiction crucifié par la douleur... Pauvrette.
   Récipiendaire, pour la seconde année consécutive (fait rarissime !), du prix Hugo.
   
    3/ Xénocide
   
   Certes, Xénocide répond à quelques questions posées dans La voix des morts, (encore que pas toutes, il faudrait lire le 4° tome : les enfants de l'esprit), et en continue l'histoire, mais le ton est radicalement différent encore une fois. Terminée, l'émotion qui nous étreignait en compagnie des piggies.
   
   L'intrigue est simple, mais n'avance pas. Constamment alourdie de verbiage technologique, à tendance philosophique, on se perd dans le pourquoi et le comment, et du coup, on perd de vue les personnages, ceux qui par leur épaisseur et leur charisme parvenaient à nous faire vibrer.
   
   Donc il faut ici trouver une solution à la descolada, virus mutant qui déjoue tous les antidotes. La famille d'Ender (ancienne et nouvelle) continue à se déchirer à belles dents, jamais d'accord sur rien, et se greffe une nouvelle planète d'intelligences supérieures mais soumis à l'état d'esclaves par une sorte de TOC génétiquement implanté. Un poil de théologie, les dialogues entre La Reine et Humain en début de chaque chapitre, comme une connivence supérieure, et le mélange est assez indigeste, en fait.
   
   Il n'y a que le personnage de Jane qui m'a toujours intéressée, j'aurais aimé de plus nombreuses interventions de sa part.
   
   Je m'étais déjà constituée un petit stock d'Orson Scott Card avec le quatrième tome et les romans parallèles sur Peter, mais du coup je suis un peu refroidie et vais sans doute laisser passer un peu de temps.

critique par Cuné




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