Lecture / Ecriture
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Job Roman d'un homme simple ou Le poids de la grâce de Joseph Roth

Joseph Roth
  La fuite sans fin
  La marche de Radetzky
  Cabinet de figures de cire
  Le marchand de corail
  Tarabas, un hôte sur cette terre
  A Berlin
  Job Roman d'un homme simple ou Le poids de la grâce

Moses Joseph Roth est un écrivain et journaliste autrichien né en 1894. Juif, il fuit l'Autriche nazie en 1934 et meurt à Paris en 1939.

Job Roman d'un homme simple ou Le poids de la grâce - Joseph Roth

Un juif ordinaire
Note :

   C’est un roman que vous avez peut être déjà lu sous un autre titre : le poids de la grâce. Il est reparu depuis avec une nouvelle traduction et un nouveau titre.
   
   Dans ses romans Joseph Roth ne parle jamais de judéité sauf dans ce roman, roman que Stefan Zweig aimait particulièrement.
   
   Dans ce roman il reprend le thème biblique du livre de Job :
   
   "Il y avait dans le pays d'Uts un homme qui s'appelait Job. Et cet homme était intègre et droit; il craignait Dieu, se détournait du mal"

   
   dit la Bible, si vous voulez en savoir plus je vous invite à lire le billet que j’ai consacré au livre de Pierre Assouline sur Job.
   
   Mais maintenant place au roman. Transportons nous dans un petit Shetl d’Europe centrale à l’époque des Tsars et des pogroms.
   
   "Il y a de nombreuses années vivait à Zuchnow un homme qui avait pour nom Mendel Singer. Il était pieux, craignait Dieu et n’avait rien d’exceptionnel, c’était un Juif tout à fait ordinaire"

   
   Mendel Singer est un maître d’école pauvre... comme Job.
   Sa femme Deborah n’est pas toujours facile
   
   "Elle lui reprochait les enfants, la grossesse, la hausse des prix et souvent même le mauvais temps."

   
   et en cette veille de guerre mondiale une catastrophe s’abat sur sa tête, ses deux fils ont tiré le mauvais numéro et doivent partir au service militaire.
   Son fils cadet choisit de déserter et de s’embarquer pour l’Amérique afin d’échapper à la conscription. Le second lui, rejoint l’armée.
   
   Le sort s’était déjà acharné sur Mendel car son dernier enfant, Menuchim, est sévèrement handicapé ET sa fille Mirjam n’a pas trouvé mieux que de s’amouracher d’un cosaque ! Un comble en ces temps de pogroms.
   
   Comment ne pas se sentir accablé, comment ne pas maudire Dieu après cela ?
   Mendel ne baisse pas les bras et lorsque l’occasion d’émigrer aux Etats-Unis lui est offerte, il ne la laisse pas passer. Mais, car il y a un mais, il laisse derrière lui son plus jeune fils incapable de supporter le voyage.
   
   C’est un superbe roman, le monde juif de la fin du XIXème siècle nous emporte de part et d’autre de l’Atlantique, nous faisant passer de la vie du Shetl à celle d’Ellis Island.
   
   Comme dans la Bible, Mendel reste digne et fier malgré les vicissitudes qui s’abattent sur lui. Le roman est une magnifique allégorie, une parabole qui a valeur universelle.
   
   Joseph Roth s’attache à ne jamais nous arracher des larmes et l’écriture est d’une grande sobriété. Il y a pourtant des passages très lyriques comme cette marche dans la neige des deux fils, l’arrivée dans ce nouveau pays où pourrait enfin couler le lait et le miel, les rapports de Deborah et Mendel toujours sous tension.
   
   Nul besoin de connaitre bien la Bible, même si je crois que vous irez relire le livre de Job pour l’occasion, laissez Joseph Roth vous séduire avec en bonus une excellent traduction.

critique par Dominique




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