Lecture / Ecriture
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Apatride de Shumona Sinha

Shumona Sinha
  Apatride

Apatride - Shumona Sinha

Femmes de tous pays...
Note :

   "Esha n'aimait pas la réalité, mais une version fictive de la réalité"
   
   Mina et Esha sont indiennes. La première vit en Inde, au Bengale, dans l'ignorance et la pauvreté, embarquée dans un mouvement d'insurrection paysanne qui la dépasse. La seconde a quitté Calcutta pour étudier en France où elle est devenue prof d'anglais. La France, Esha en a rêvé, à sa condition de femme soumise et misérable elle a pensé échapper. Entre Mina et Esha, il y a aussi Marie, adoptée (vendue?) à des français lorsqu'elle était bébé, à la recherche de ses origines indiennes...
   
   Ce roman traînait dans ma PAL depuis pas mal de temps, je ne regrette pas de l'en avoir sorti, il est court, intense et très impressionnant. Mina et Esha, qui ne rêvent que de liberté, sont immanquablement rattrapées par la violence exercée sur les femmes et sur le corps des femmes, en Inde comme à Paris...
   
    Apatride est un roman dont la lecture met profondément mal à l'aise, le propos est désespérant, les portes ne cessent de se fermer pour ne pas se rouvrir, en tout temps en tout lieu, les femmes souffrent et l'obscurantisme, la brutalité, font loi. Médusée devant tant de violence, je me suis demandée si Shumona Sinha n'avait pas forcé le trait, en particulier lorsqu'elle décrit les relations entre Esha et ses élèves, les violences dont Esha est victime au quotidien (le monde semble s'être ligué contre elle, elle subit des agressions incessantes parce qu'elle est étrangère, parce qu'elle est femme, est obligée de déménager sans cesse...) Il semblerait hélas qu' "il y ait peu d'imagination" pour reprendre la formule de l'auteure invitée à la Grande Librairie.
   
    Apatride est une lecture coup de poing - les dernières pages sont absolument mémorables- sa noirceur étant à peine adoucie par une écriture très belle, chatoyante et métaphorique. A lire, avec précaution pour les âmes sensibles...
   
    "Certains hommes aimaient les femmes comme ils aimaient la terre, dans l'illusion de pouvoir les modeler avec rage et violence"
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critique par Une Comète




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