Lecture / Ecriture
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Femmes devant un paysage fluvial de Heinrich Böll

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Heinrich Böll est un écrivain allemand né à Cologne en 1917 et mort en 1985.

Femmes devant un paysage fluvial - Heinrich Böll

Le Rhin, la Rhénanie, la politique...
Note :

   Bonn, de nos jours (écrit en 1985). Bonn, la Rhénanie. La Rhénanie, le Rhin. Mais surtout la politique et le dégoût d’Heinrich Böll pour des politiciens à la petite semaine, des politiciens pour certains issus des rangs nazis, reconvertis par opportunisme.
   
   Femmes devant un paysage fluvial est une charge virulente contre ceux qui gouvernent l’Allemagne fédérale, on pense au CDU même si rien n’est vraiment dit, avec des accusations gravissimes puisqu’Heinrich Böll laisse largement entendre que nombre des politiciens en place (au moins en Rhénanie) sont d’anciens nazis (l’ouvrage date de 1985, tout de même !).
   
   Les femmes dont il est question sont des femmes d’hommes politiques, au sort maigrement enviable puisque réduit au rôle de figurante, de faire-valoir, envoyées dans des institutions spécialisées, cliniques psychiatriques pour riches. Pourquoi Heinrich Böll choisit-il le biais de ces femmes pour charger les autorités, ça reste passablement mystérieux à mes yeux...
   
   Le paysage fluvial, bien sûr, c’est le Rhin, fleuve majestueux s’il en est et Bonn, bien entendu est une ville rhénane.
   
   Roman, maintenant ? On peut se poser la question tant la forme adoptée est celle du théâtre. Chaque chapitre est précédé d’un chapeau en italique qui situe le lieu, les intervenants, les circonstances comme avant les actes ou les scènes d’une pièce de théâtre. Ainsi pour le chapitre 1 :
   "Terrasse couverte et spacieuse d’une villa de grands bourgeois du début du siècle entre Bonn et Bad Godesberg, par une matinée de fin d’été. Vue sur l’autre rive du fleuve où l’on aperçoit de grandes villas derrière cette végétation typique des bords du Rhin, faits de bosquets et de buissons. La table du petit déjeuner est dressée pour deux personnes. Erika Wubler en peignoir, le journal à portée de main, est en train de lire quelques feuilles manuscrites, quand Katharina fait son entrée avec le café. Elle pose la cafetière sur la table."
   
(s’ensuit alors le chapitre 1, intégralement sous forme de dialogues).
   Une forme qui évoque fichtrement le théâtre, non ? Essentiellement dialogues ou chapitres entiers de monologue, une forme pour le moins étonnante pour ce qui concerne un roman. Roman puisque ceci est inscrit en clair sur la couverture (au cas où on aurait un doute ?).
   
   L’enchainement du propos n’est pas facile à suivre. Il y a d’abord une grande quantité de personnages. Il est question – à l’instar de Godot – de personnages principaux et nuisibles qu’on ne verra pas apparaître et qui sont même affublés de numéros (Numéro 1, Numéro 2,...). Comme si le simple fait de les nommer était déjà un risque...
   
   On sent dans le propos développé assez nettement le dégoût d’Heinrich Böll pour la classe politique post-seconde guerre et à vrai dire, aucun personnage du roman ne trouve grâce à ses yeux. Les femmes ont un statut à part : elles sont devant un paysage fluvial !! Non, elles sont surtout victimes et certaines y perdent le sens commun.
   Drôle d’œuvre.

critique par Tistou




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