Lecture / Ecriture
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Bye bye Blondie de Virginie Despentes

Virginie Despentes
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Virginie Despentes est une écrivaine française née en 1969 à Nancy.

Bye bye Blondie - Virginie Despentes

Keuponne versus présentateur vedette : la balle au centre
Note :

   J’ai lu beaucoup plus de critiques négatives que d’enthousiastes au sujet de Virginie Despentes, et pour avoir suivi un « Plus près des artistes » qui lui était consacré sur France 4, elle ne m’attirait que très moyennement.
   
   C’est pourquoi j’ai été presque abasourdie par la façon dont elle m’a embarquée dans Bye bye Blondie.
   
   Moi qui ne suis pas caractérielle, ni capricieuse, qui ne suis jamais passée par l’étape punk ou hôpital psychiatrique, qui ne connais ni ne fréquente le milieu stars télé ou ciné, qui ne bois pas ni ne me drogue, ni ne traîne à la rue, et qui essaye de ne pas parler ou écrire comme un charretier (ouah finalement je fais quasiment dame patronnesse, non ?), bref moi qui suis on ne peut plus éloignée de l’univers de ce roman, j’ai été touchée comme rarement.
   
   Oui, j’ai adhéré à l’histoire de Stéphanie-Gloria, j’ai ressenti sa colère, sa hargne, son incompréhension des bouffées de rage pure qui la prennent comme on prend sa douche, son mépris d’elle-même, ses tentatives, et son amour pour Eric.
   
   J’ai refermé le roman étonnée en plus de cette fin ouverte et apaisante, reconnaissante d’avoir vibré malgré mes a priori tellement stupides.
   
   Mademoiselle Despentes ne m’est pas tellement plus sympathique, à vrai dire, mais je suis convaincue par sa plume, et sacrément, même.
    ↓

critique par Cuné




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Révolte chez les keupons
Note :

   Virginie Despentes nous parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître : la période punk, et je me suis demandé ce qu’un jeune lecteur comprendrait à ce livre et s’il pourrait vraiment apprécier toute la part de révolte et de nostalgie qu’il contient. Pour ce qui me concerne (je suis de la même génération que V. Despentes) j’ai été transportée par ce roman, à la fois drôle et émouvant, qui m’a permis de me replonger dans mes affres adolescentes, à l’époque où j’écoutais les Clash et Siouxsie (j’avoue être passée, à l’époque, complètement à côté des Bérurier Noir, que Bye Bye Blondie cite abondamment) … une période où la notion de révolte (contre les parents, contre l’ordre établi, contre un avenir tout tracé) avait vraiment du sens, et pouvait mener jusqu’à la clochardisation volontaire, ce qui est bien loin de l’état d’esprit – très popote – de notre époque.
   
   L’histoire d’amour entre Gloria et Eric, les deux héros de l’histoire, a quelque chose de très pur et de très passionné, et on sent que l’auteure a une réelle et profonde sympathie pour ses personnages : elle a su les rendre très réalistes et très attachants, et c’est un plaisir de les suivre dans leurs pérégrinations.
   
   Du côté des points négatifs, j’ai trouvé que tout ce qui concerne les retrouvailles de Gloria et d’Eric à l’âge adulte, lorsque, vingt ans après, ils renouent leur histoire d’amour, ne m’a pas autant convaincue que les années d’adolescence car j’y ai trouvé moins d’émotion et, surtout, il m’a semblé que le personnage d’Eric perdait beaucoup de relief et d’intérêt, pendant que celui de Gloria faisait un peu figure d’adolescente attardée, V. Despentes n’ayant visiblement pas trouvé le moyen de la faire évoluer.
   
   Quant au style de ce roman, il correspond au langage parlé des jeunes des années 80 : expressif, outrancier, bourré de verlan, et, finalement, très en adéquation avec l’histoire racontée, même si on a le droit de préférer, dans l’idéal, des styles plus "littéraires" ou plus poétiques…

critique par Etcetera




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