Lecture / Ecriture
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Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé

Véronique Ovaldé
  Déloger l'animal
  Et mon cœur transparent
  Ce que je sais de Vera Candida
  Le sommeil des poissons
  Toutes choses scintillant
  Les hommes en général me plaisent beaucoup
  Des vies d’oiseaux
  La grâce des brigands
  La salle de bains du Titanic
  Soyez imprudents les enfants
  Personne n'a peur des gens qui sourient

Véronique Ovaldé est une écrivaine et éditrice française née en 1972.

Personne n'a peur des gens qui sourient - Véronique Ovaldé

Mais là, je ne souris pas
Note :

   "Elle sait faire semblant, elle est une femme"
   

   Gloria, mère de deux filles, prend la fuite, armée d'un beretta, avec ses enfants. Le lecteur découvrira progressivement la personnalité de cette femme étrange, insaisissable, et les raisons qui la poussent à fuir. En veut-on à sa vie? Quel est son secret? Des allers-retours entre présent et passé offrent des pistes jusqu'à la révélation finale... bouh.
   
   Je n'ai vraiment pas aimé que Véronique Ovaldé se fasse étriller dans une récente émission du "Masque et la Plume". Les chroniqueurs ont été horribles et ne se sont pas contenté d'assassiner son dernier roman. Je n'aime pas la méchanceté gratuite et là vraiment, ils ont poussé le bouchon. Cette émission devient franchement pénible, je ne l'écouterai plus.
   
    En ce qui me concerne, je pense que tout peut-être pardonné quand on a écrit le merveilleux Ce que je sais de Vera Candida... tout, même ce livre, qui a failli me tomber des mains environ toutes les trois pages et que j'ai rattrapé à chaque fois, me disant que ça allait décoller, forcément. Que le meilleur était à venir... Eh bien j'ai le regret de dire que non, le meilleur est sûrement à venir mais dans un autre roman parce que là vraiment...
   
   Le bide total. Je n'ai pas compris une seule seconde où Véronique Ovaldé voulait en venir avec ce thriller (est-ce un thriller, je ne sais pas, c'est un livre indéfinissable, mais ce n'est pas le problème de ce roman (on écrit comme on veut et on est libres de mélanger les genres...) qui avance pas à pas, tellement pas à pas, que je me suis mortellement ennuyée pendant toute ma lecture, tente d'être original en s'adressant au lecteur, joue sur le décalage récit inquiétant/ ironie de l'auteur et manie les parenthèses digressives. En général, j'apprécie les digressions, les interpellations au lecteur quand elles sont bien amenées, c'est jubilatoire (Binet, Désérable, Vuillard j'en passe et des meilleurs, j'adore ça, vraiment) mais ici, c'est poussif, convenu, pas drôle, ça ne marche pas... J'en suis désolée, car j'aime l'univers de Véronique Ovaldé, son écriture, sa fantaisie, sa verve, sa superbe imagination, ses beaux personnages féminins... Dans ce roman je n'ai rien trouvé de tout cela.
   
   J'ai souligné en revanche ce petit passage très éclairant sur ma propre lecture à l'instant T :
   
   "Elle lit un roman policier et elle est en plein dans l'angoisse d'arriver bientôt à la fin du livre parce qu'elle se dit qu'il reste trop peu de pages pour un dénouement recevable. Elle se prépare à la déception".
   

   C'est très juste. La fin m'a déçue, comme tout le reste. Et je la redoutais.
   
    Mes inquiétudes étaient fondées: le fameux secret de Gloria est révélé dans les dernières pages (il ne m'a pas fait sauter au plafond ) on déballe tout et voilà. C'est fini. Je m'y attendais à cette fin décevante, mal préparée, balancée d'un seul coup juste avant de claquer la porte.
   
   Tant pis. Je me dis juste que parfois, il est bon de sauter une rentrée littéraire, le temps de retrouver l'inspiration.
    ↓

critique par Une Comète




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Suspens
Note :

   "L'arrogance s'apparente souvent à de la bêtise : il n'y a personne de plus vulnérable que celui qui n'imagine pas plus fin, plus malin, plus intelligent que lui."
   

   Gloria vit Samuel la première, elle avait dix-sept ans, elle apprit d'un coup ce que signifiait le désir et l'attirance et ce qu'ils induisaient.
   
   "C'est étonnant d'assister à un coup de foudre, c'est comme d'être pris dans un mouvement de foule dans un couloir du métro, un samedi, pendant une période d'attentats. Vous êtes embarqué et vous abandonnez toute défense, vous regardez passivement ce qui se déroule, vous attendez que ça s'arrête et vous vous dites, Ah c'est donc cela dont tout le monde parle."
   

   Samuel rêvait simplement de devenir faussaire. Mais Samuel est mort dans l'incendie de son atelier, un accident tragique, mais un accident. Gloria n'a pas d'autre choix que de fuir pour mettre ses deux filles à l'abri du danger. L'avocat de son père, Pietro est devenu sans contexte une menace pour leur sécurité,
   "Personne ne sait ce que je sais, je sais qui tu es bien mieux que toi tu ne le sais. Je sais tout de toi."
   

   La trêve est terminée. Dans son salon, Tonton Gio, l'ami du père de Gloria est assis dans son fauteuil à bascule, étranglé avec un fil d'acier.
   
   Véronique Ovaldé sait entretenir le suspens, tout au long du roman le lecteur se demande: quel danger Gloria essaye-t-elle de fuir ? Entre passé et présent un faux polar, mais un vrai roman d'amour, l'amour fou d'une adolescente, l'amour protecteur d'une mère pour ses enfants. J'ai bien aimé la construction de ce livre et surtout la légèreté de l'écriture de Véronique Ovaldé.

critique par Y. Montmartin




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