Lecture / Ecriture
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Un été à l’Islette de Géraldine Jeffroy

Géraldine Jeffroy
  Un été à l’Islette

Un été à l’Islette - Géraldine Jeffroy

Auguste Rodin, Camille Claudel et moi
Note :

   Rentrée littéraire 2019
   
   Où?
    Le roman se déroule en France, principalement à L’Islette (à 2 kilomètres à l’ouest d’Azay-le-Rideau) et dans les environs, à Cheillé et Tours, ainsi qu’à Paris.
   
   Quand?
    L’action se situe de la fin du XIXe siècle à 1916.
   
   En deux mots:
    À son mari parti à la guerre, Eugénie va confesser les raisons qui l’ont conduite à l’épouser, retraçant le séjour qu’elle a effectué en tant que préceptrice à l’Islette, où elle a croisé Camille Claudel, Auguste Rodin et plus furtivement Claude Debussy.
   
   Ma chronique:
   La narratrice du second roman de Géraldine Jeffroy est engagée comme préceptrice durant Un été à L’Islette. Elle y côtoiera Auguste Rodin et Camille Claudel. Une rencontre que va changer sa vie.
   
   Nous sommes en 1916. Une institutrice se retrouve seule. Son mari est parti à la guerre et ses élèves sont rentrés chez eux. Elle prend alors la plume pour raconter son histoire, pour expliquer à son mari pourquoi elle a choisi de l’épouser. Sous la plume de Géraldine Jeffroy, d’un classicisme parfait pour ce roman qui nous entraine sur les terres de Balzac, on va très vite comprendre qu’il suffira d’Un été à l’Islette pour changer une vie.
   
    Fille d’un couple de parisiens petits-bourgeois – ils tiennent une chapellerie dans le IXe arrondissement –, Eugénie est destinée à devenir institutrice. Afin de la préparer à son futur métier, elle est envoyée en juin 1892 comme préceptrice dans une belle propriété du Val de Loire pour s’occuper de Marguerite, une enfant de six ans.
   
    Réticente à faire ce voyage, elle va toutefois vite tomber sous le charme du lieu et de ses habitants, apprivoiser le personnel, les châtelains et son élève, mais surtout faire la connaissance d’une artiste qui vient s’installer pour l’été.
   
   Ce n’est que progressivement que le lecteur découvre que la «barbe sur socle» qui accompagne cette artiste jusqu’à la propriété avant de filer à Paris est Auguste Rodin et qu’Eugénie va séjourner à l’Islette en compagnie de Camille Claudel.
   
    Pour la sculptrice qui se donne corps et âme à son art, il ne s’agit pas de villégiature. La sculpture sur laquelle elle travaille, représentant des jeunes danseuses, accapare tout son temps. Il lui faut toutefois composer avec une santé fragile et elle essaie de trouver de l’aide auprès d’Eugénie. Cette dernière accepte de l’aider en échange de cours de dessin pour son élève qui va aussi servir de modèle.
   
    Géraldine Jeffroy, en choisissant de nous faire part de la correspondance qu’elle entretient avec Claude Debussy vient tout à la fois donner davantage de relief à son récit et souligner combien le processus créatif est pour les deux artistes, une recherche éperdue vers une certaine perfection.
   
    Quand Auguste Rodin s’invite à son tour, Eugénie croit avoir perdu le lien privilégié qu’elle a pu construire avec Camile. Mais Rodin a aussi besoin d’elle et l’engage comme secrétaire durant son séjour. Une nouvelle aventure commence, plus brève mais plus orageuse, alors que des œuvres majeures se créent, La Valse et La Petite Châtelaine pour Camille Claudel, le Balzac de Rodin et L’Après-midi d’un faune pour Debussy.
   
    Soulignons ici le talent de la romancière qui réussit parfaitement à imbriquer la fiction à la réalité historique, à rendre tout à fait plausible cette rencontre et les parcours respectifs de ces artistes qui marqueront à tout jamais la future institutrice.
   
    Ce court – et beau – roman peut se lire comme un chemin vers l’émancipation d’une jeune femme, comme un manuel de création artistique, comme un nouvel épisode des relations tumultueuses entre Camille Claudel et Auguste Rodin. Mais il est avant tout la confirmation du joli talent de Géraldine Jeffroy !
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critique par Le Collectionneur de livres




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Trop lisse, ça glisse
Note :

   "Les corps, nus ou recouverts, se trouvent pareillement lorsqu'ils veulent se trouver. Quelle hypocrisie de leur faire croire que ce qui est caché n'éveille pas le désir ?"
   

   1892, au château de L'Islette, en Touraine. Camille Claudel y réside le temps d'un été et en ce lieu charmant créera "La Valse" et "La Petite Châtelaine". Le compositeur Claude Debussy, avec qui Camille entretient une correspondance amicale, est lui aussi en pleine fièvre artistique : ce fameux été naîtra "L'après-midi d'un faune". Rodin, quant à lui, entreprend de sculpter son énorme Balzac. L'été 1892 sera fécond...
   
   L'histoire, narrée par la préceptrice de Marguerite, la petite fille du château, dans une lettre adressée à un soldat au front (son fils, on suppose) aurait dû m'emporter : Du génie, de la création, de la passion... un cocktail littéraire qui promet de belles pages enflammées. On attend de la fougue, on espère un élan qui traduit la puissance des relations entre ces artistes d'exception, la fièvre qui les anime, on veut des cris, du sang et des larmes ! Autant le dire, nos attentes sont déçues. Pas une goutte de sang, ni de gros sanglots, pas de hurlements mais plutôt des chuchotements...
   
   Ce court roman, certes mignon et frais, manque cruellement de profondeur et reste gentillet, lisse comme un sou, sans un mot de trop, se contentant d'effleurer les choses et les gens. L'écriture est jolie, propre. Terne. La petite fille est sage, la préceptrice aussi... tout le monde est sage à L'Islette (même Camille...) et ça donne un roman ... sage, forcément. Fade surtout. Sur moi cette lecture a glissé comme sur les plumes d'un canard. Je l'ai lue poliment et gentiment. Je l'ai oubliée sitôt la dernière page du livre refermée. Tant pis.

critique par Une Comète




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