Lecture / Ecriture
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Professeurs de désespoir de Nancy Huston

Nancy Huston
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Nancy Huston vit en France depuis les années 1970, mais elle est d'origine franco-canadienne, née en 1953.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Professeurs de désespoir - Nancy Huston

Nancy secoue le cocotier
Note :

   Ne croyez pas que cet essai s’adresse aux seuls qui ont lu les auteurs cités, loin de là.
   Je gage même que les vrais littéraires au sens premier du terme le trouvent trop facile. Il esquisse à gros traits les points de détails qui mériteraient d’être creusés, fouillés jusqu’à exhumer leur essence première, survole les œuvres pour s’attarder sur le contexte, prend partie et, sacrilège impie, plaisante à qui mieux mieux.
   
   Oui, même si vous n’avez pas lu Arthur Schopenhauer, Samuel Beckett, Emil Cioran, Jean Améry, Charlotte Delbo, Imre Kertesz, Thomas Bernhard, Milan Kundera, Elfriede Jelinek, Michel Houellebecq, Sarah Kane, Christine Angot, et Linda Lê, vous pouvez trouver énormément de grain à moudre dans ces Professeurs de désespoir.
   Or, donc, que trouve-t-on dans cet essai ?
   
   Chacun de ces auteurs, avant de rédiger des pages désespérantes et néanmoins souvent brillantes, a été un enfant, a eu une famille, une vie, un job, des amis, ou pas. Et c’est cette perspective là que Nancy Huston nous offre, éclairant au passage les points communs (la génophobie, par exemple) de nos joyeux mélanomanes, dégageant ça et là leurs idées principales, esquissant quelques mots au sujet de leurs œuvres, proposant des bribes d’explication.
   
   La littérature, dit-elle, fait le grand écart entre le « ya qu’à » et le « n’est que ». On commence souvent par le « n’est que », c’est un passage quasi-obligé de l’adolescence, puis on peut choisir délibérément cette pose littéraire, tout en étant beaucoup moins misanthrope dans la vie. La contradiction c’est que si on exprime son mal à être au monde en écrivant, on n’est alors plus dans le nihilisme, puisque écrire vaut le coup…
   « Du côté des lecteurs, la fréquentation des grands textes nihilistes est souvent une expérience exaltante. L’expression du désespoir nous invite à réfléchir, bien plus que celle de la béatitude. Nous y trouvons notre compte parce que nos propres souffrances y sont non seulement reconnues mais ennoblies, portées à l’incandescence par la beauté littéraire. »
   
   PS. : J’adore ses néologismes !

critique par Cuné




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