Lecture / Ecriture
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Les testaments de Margaret Atwood

Margaret Atwood
  Faire surface
  Captive
  La femme comestible
  La servante écarlate
  L'odyssée de Pénélope
  Mort en lisière
  Le fiasco du labrador
  C’est le cœur qui lâche en dernier
  Les testaments

Margaret Eleanor "Peggy" Atwood est une écrivaine canadienne née en 1939.
Elle a reçu le Prix Franz Kafka en 2017.

Les testaments - Margaret Atwood

Suite
Note :

   Booker prize 2019
   
   Attention, ce billet risque de contenir des traces de spoilers.
   
    Alors, alors, cette 'suite' de La servante écarlate? Ceux qui ont lu la toute fin de La servante savent que des décennies plus tard un colloque étudie le régime de Gilead, tombé en ruines depuis longtemps. Le document écrit par la servante (décédée depuis longtemps, bien sûr), est passé au crible. Donc aucun suspense sur le devenir de Galaad (c'est le nom choisi dorénavant).
   
   Trois narratrices interviennent. A Galaad, Agnès, une jeune fille élevée dans la famille d'un Commandant, bien éduquée dans les croyances locales, mais dont la vie est perturbée par un décès et surtout l'annonce de son mariage précoce. Par ses yeux, l'on voit l'existence de ceux n'ayant rien connu d'autre.
   
   Au Canada, Daisy mène une vie presque normale, mais elle est à son goût trop couvée par ses parents, qui, on l'apprend vite, ne sont pas ses vrais parents. Un drame l'amènera à vivre des aventures dangereuses.
   
   A Galaad, la fameuse Tante Lydia s'épanche sans retenue mais secrètement, et c'est l'occasion de connaître les dessous du fonctionnement de la société, il y a quelque chose de pourri au royaume de Galaad, c'est sûr. Justement comment cette République s'est-elle installée? La vie de Tante Lydia donne des réponses, avant elle était juge et indépendante, et elle a été amenée à faire des choix (genre la vie ou la mort) et avec trois autres Tantes a mis sur pied les règles pour la plupart des femmes (les Commandants restant décisionnaires). Au fil du temps Lydia a manipulé, engrangé des données sur les dirigeants et ses collègues, et ça risque de sauter à la figure un jour ou l'autre.
   
   Alors mon avis?
   
    Je me félicite d'avoir relu avant La servante écarlate, comme cela la lecture a été facilitée, ce monde m'était connu. Un monde pas agréable pour y vivre, et des détails sont difficiles à supporter.
    Au fil du roman, Atwood laisse pressentir des découvertes relatives aux personnages, disons plutôt faciles à deviner, mais cela n'enlève rien à l'intérêt de la lecture.
    Avec Agnès et Daisy on est parfois dans la lecture ado, ont remarqué d'autres lecteurs, et je ne leur donne pas tort; j'avoue que Tante Lydia est une réussite, sa maîtrise de soi et son ironie font mouche et parfois froid dans le dos.
   
    Comme dans le roman précédent, Atwood termine par un colloque...
   
   On l'aura compris, j'ai dévoré ce roman, mais je recommande plutôt l'incontournable servante écarlate.
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critique par Keisha




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Digne suite !
Note :

   "Les uniformes, les insignes, les épinglettes, ça te raidit l'échine. Ici, les ramollos n'ont pas droit de cité ! "
   

   Un testament olographe et des transcriptions de deux témoins (369A et 369 B), documents émis par des femmes, constituent cette suite de La Servante écarlate, cette dystopie où une théocratie puritaine a été instaurée dans une partie des États-Unis. Là, les femmes en sont réduites à leur rôle de reproductrices, de servantes, d'épouses ou de Tantes, instruisant les plus jeunes et les formatant.
   
   Très vite, on peut identifier celles qui sont à l'origine de ces textes, les liens qui les unissent et qui vont permettre de suivre de l'intérieur et au plus haut niveau, ou presque, la mise en place de ce régime autoritaire.
   
   Là où le premier volume était quasiment étouffant, ici une éclaircie se devine, car le régime, gangréné par les corruptions en tous genres, est sur le point d'être détruit de l'intérieur, ou de l'extérieur, voire des deux côtés.
   
   La construction alternée est justifiée d'un point de vue historique à la toute fin du texte et Margaret Atwood, si elle fait la part belle aux sentiments de ses héroïnes, crée une véritable tension tout au long du roman par le jeu des trahisons, des manipulations qui jalonnent son récit et le rendent tout à fait passionnant.
   
   Une habile pirouette lui permet aussi de ne pas tomber dans la sentimentalité tout en éclairant le devenir de ses personnages. Une réussite.
   
   532 pages passionnantes.

critique par Cathulu




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