Lecture / Ecriture
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L'immeuble Yacoubian de Alaa El Aswany

Alaa El Aswany
  L'immeuble Yacoubian

L'immeuble Yacoubian - Alaa El Aswany

Entre rêve et quotidien
Note :

   Il y a les rêves, la réalité, mais aussi les regrets d’avoir vécu un peu des deux et au final l’impression de n’avoir eu que du vent. C’est une toile où tout se mêle, tout se mélange.
   
    Ce livre est un bout d’Egypte, bout de vie ordinaire avec les couleurs en plus. Alaa El Aswany nous décrit ici ses bas fonds et sa noblesse. Entre la nostalgie d’un temps passé où la culture occidentale prônait, où «l’esprit bien français» se retrouvait dans le raffinement des tenues chics, des restaurants somptueux et des soirées distinguées, il nous ramène à un présent ou la corruption gangrène et infecte le pays, les dignitaires, chefs d’entreprise, politiciens et autres forces de l’ordre, tout ceux qui ont les responsabilités et le devoir. L’auteur désigne ici un pays qui se meurt, qui se perd et qui rêve (pour certains) de démocratie. Un pays où le peuple n’est réduit qu’à la soumission des plus forts, abandonner à son sort, au système quasi totalitaire imposé avec force et perversion par de riches et infâmes dirigeants.
   
   Il a choisi pour illustrer son histoire, son portrait, cette bâtisse au passé jadis glorieux, immeuble somptueux, signe rescapé de l’époque faste, où se mêlent aujourd’hui sur ces différents niveaux, toutes les classes sociales.
   
   Ainsi, on retrouve l’ancien aristocrate et nostalgique Zaki qui doucement se meurt entre l’alcool et les femmes. Malak, maître artisan chemisier, ou encore Taha qui rêvait de devenir policier et qui verra tous ces espoirs réduits à néant car il n’est que fils de gardien d’immeuble…
   
   Dans cette fresque orientale, l’auteur nous plonge à la fois dans le monde des opportunistes, des corrompus, de ceux qui n’ont de cesse de courir après la gloire, le pouvoir, l’argent, et qui n’hésitent pas à user de force et magouille pour obtenir ce qu’ils désirent. Et d’un autre où l’on voit se mêler et s’insérer insidieusement aux failles du système, la montée en puissance des extrémistes religieux, les islamistes radicaux qui n’hésitent pas à recruter parmi ceux chez qui l’espoir a laissé place à l’amertume, et bénéficier des erreurs du pouvoir en place pour instaurer la charia avec force et conviction.
   
   Plus qu’un bon livre, c’est un regard, une fenêtre ouverte pour celui qui veut voir….
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critique par Patch




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Vision réaliste
Note :

   L'an dernier ce roman était partout: sur les blogs, dans les librairies et les DVDthèques, film relancé par le bouche à oreilles... aussi je l'avais noté dans un coin afin de l'acquérir. Profitant d'une petite visite chez une amie qui l'avait lu et aimé, j'en ai profité pour le lui emprunter.
   Je ne me souvenais plus vraiment de ce que les lecteurs en avaient dit, mais je savais qu'ils avaient aimé, c'est donc sereinement que j'ai pris ce livre. Et,... je n'ai pas été déçue.
   
   On peut craindre de se perdre au milieu des personnages, mais en fait vous assimilez très rapidement qui est qui tant les personnages sont différents. Contrairement à d'autres romans lus, je ne peux dire qu'ils sont attachants, mais ils sont le reflet de la société égyptienne au moment de l'écriture du roman. L'immeuble Yacoubian représente une sorte de microcosme à partir duquel vous allez découvrir la société, la vie d'anciens membres de la classe dominante déchue, un fils méritant mais qui se trouve desservi par le métier "indigne" de son père, et évoluera vers un islam intégriste, la place des homosexuels, les conditions des femmes pauvres, riches, leur place en général, bonne dernière dans cette société.
   
   Tout est montré, sans faux-semblant, sans pudibonderie: corruption, compromission, brutalités policières, pouvoir de l'argent, harcèlement sexuel, islamisme, événements politiques passés et présents avec les effets négatifs qu'ils entraînent.. Non Alaa el Aswany n'est pas tendre avec l'Egypte, mais sait rendre vivant tous les aspects négatifs et positifs de cette société.
   
   Vous ne quitterez pas ce livre démoralisé ou choqué, mais avec cette vision réaliste et avec néanmoins une note d'espoir pour certains personnages.

critique par Delphine




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