Lecture / Ecriture
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Mélodie du temps ordinaire de Mary McGarry Morris

Mary McGarry Morris
  Mélodie du temps ordinaire
  Un abri en ce monde

Mélodie du temps ordinaire - Mary McGarry Morris

Comment se faire broyer le coeur
Note :

   En ce temps-là, Kennedy tentait de devenir le premier président catholique américain. Dans le Vermont, la famille Fermoyle s’enlisait. Chacun de ses membres était en train de s’asphyxier dans une vie dure et totalement insatisfaisante : Marie, la mère, fourmi laborieuse, passait son temps à implorer que ça s’arrête, entre deux explosions de colère stérile. Sam, le père, divorcé, n’existait pas en dehors de ses cuites à jérémiades. Les enfants, Alice, Norm, et Benjy, bourrés chacun de problèmes et en – grand – manque d’amour, subissaient. Quant au petit monde d’Atkinson, bled paumé parmi des millions d’autres, il était à l’unisson.
   Mais où était le bout du tunnel ?
   
   Dans l’arrivée d’Omar Duvall, serpent charmeur et manipulateur, qui va leur faire croire un instant qu’une autre vie est possible ?
   On aurait bien tort de le croire…
   
   On cherche l’air, nous aussi, au cœur de tout ce pathos. On tend le visage vers le haut, on aspire à une petite pause miséricordieuse, un personnage sympa, normal, pas tapé avec ses moches petites combines planquées, n’importe qui, allez, une vieille dame qui ferait des gâteaux, un prof qui tendrait la main, je ne sais pas, moi, une perruche qui sifflerait gaiement ?
   Mais non.
   
   Mary McGarry Morris va creuser jusqu’à l’os, dénicher toutes les saloperies possibles dans tous les registres, et nous appuyer sur la nuque, allez, lis, vas-y, regarde ta nature humaine, prends-en plein la gueule.
   
   Alors peut-être, oui, qu’elle aurait pu nous épargner un peu, ne pas dire et redire ce qu’on avait déjà compris la première fois. Peut-être. Si elle avait voulu.
   
   Mais en l’état, ce pavé de 1000 pages qui prend ses aises dans de nombreuses heures de lecture, vous plombe bien le moral. Illusoire, cependant, de tenter de l’arrêter une fois commencé : j’aurais frappé le premier qui m’aurait ne serait-ce qu’interrompue dans ma lecture.
   
   J’ai failli lâcher les grandes eaux au dernier chapitre, et j’en aurais paradoxalement voulu à l’auteure de relâcher la pression sur la dernière ligne, mais ouf, la pudeur de l’épilogue m’a évité le pire : sacré morceau, c’est en miettes mais bien debout, que je tourne la dernière page.
   
   Quelle performance !!

critique par Cuné




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