Lecture / Ecriture
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Le cri de Laurent Graff

Laurent Graff
  Le cri
  Il ne vous reste qu'une photo à prendre

Le cri - Laurent Graff

Un cri qui résonne
Note :

   Avez vous déjà imaginé ce que pensent les employés qui sont dans leurs petites cabines au péage lorsque vous partez en vacances ? "Les gens ouvrent à peine leur vitre pour payer ; ils grimacent derrière leur carreau, ils ont le visage tout froncé." Et si une envie pressante d'uriner les prend, inutile d'y songer, surtout en période d'affluence ! Le débit varie en effet de l'effervescence des grands départs au calme des jours de la semaine ou de la nuit.
   
   Notre narrateur aime pourtant son travail, même s'il semble être un des rares parmi le personnel. Ainsi certains receveurs n'hésitent pas à emporter avec eux un mini poste de télévision pour pouvoir regarder entre deux passages la coupe du monde de football.
   
   Notre héros préfère pour sa part un fond de radio, radio qui diffuse et il ne s'en aperçoit pas tout de suite un programme journalier unique. Jusqu'à ce que les clients se fassent de plus en plus rares ou de plus en plus bizarres et que deux campeurs s'installent près de sa cabine...
   
   D'un quotidien banal, et parfois drôle, celui d'un employé d'une société d'autoroute -et là je dois dire que Laurent Graff s'est super bien documenté- il nous emmène vers un univers étrange, presque irréel à l'image du vol -tiré d'un fait réel- de ce fameux tableau de Munch intitulé "Le cri" et qui atterrit dans la cabine de notre héros .
   
   Du sourire au désespoir il n'y a qu'un pas.
   
   Où veut nous emmener Laurent Graff à travers cette errance d'un homme solitaire et désespéré qui finit par quitter sa cabine ? Quel est ce cri qui résonne encore à mes oreilles et que va pousser cet homme ? La fin, qui tombe comme un couperet, est bouleversante d'autant que comme le dit Laurent Graff "ce que je raconte dans me livres peut concerner tout le monde".
   
   J'ai beaucoup aimé ce livre, à la très belle écriture, mélange d'humour, d'absurde et surtout de désespoir.

critique par Clochette




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Cris et tremblements
Note :

   Une barrière de péage sur une autoroute désertée. Un homme qui attend, qui regarde passer le temps et des véhicules chaque jour moins nombreux. L'humanité est décimée par un cri de plus en plus intense qui déchire l'atmosphère et auquel seuls quelques individus échappent. Etrangement, il retentit depuis que Le cri de Munch a été volé. Est-ce la cause de ce vol? Est-ce plus simplement la fin du monde?
   
   C'est un roman qui me laisse perplexe. Je me suis laissée prendre au départ par ce personnage de péagiste et son quotidien, par ses réflexions sur la vie, le monde. Par le gendarme Daniel qui troque son uniforme contre les paillettes et sa voiture de fonction contre une cadillac blanche. Par Carlo et sa collection de panneaux indicateurs. Par Joras et les deux hommes de sa vie dans le coma. La narration est fluide, agréable. Le récit intriguant.
   
   J'ai beaucoup aimé l'utilisation faite du Cri de Munch, une toile qui m'a fascinée depuis que j'en ai vu une des versions au musée Munch. Ce qu'en dit le narrateur est très juste. L'intensité du cri, la souffrance et la folie qui se révèlent, l'isolement du personnage.
   
   Puis petit à petit, ce n'est pas l'ennui qui s'installe, le roman étant court, mais une certaine lassitude. Un peu comme celle du narrateur qui ne sait plus trop où il va, si tant est qu'il l'ait jamais su. On ne voit pas où l'auteur nous mène, et le dernier chapitre se termine sur une chute qui fait comprendre que tout ce qui précédait n'était que métaphore, ou du moins le rêve d'un homme luttant pour échapper à l'horreur de la réalité.
   
   J'ai eu le net sentiment que cette fin venait comme un cheveu sur la soupe, achevant de faire sombrer le récit. Laurent Graff parle de choses dures, lourdes, mais d'une manière qui ne m'a pas du tout touchée. J'ai besoin d'un peu plus de clarté.

critique par Chiffonnette




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