Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Des souris et des hommes de John Steinbeck

John Steinbeck
  Les raisins de la colère
  La perle
  Des souris et des hommes
  Voyage avec Charley
  Rue de la sardine

John Ernst Steinbeck est un écrivain américain, Prix Nobel de littérature 1962, né en 1902 et décédé en 1968.

Des souris et des hommes - John Steinbeck

Tragédie grecque dans le wild, wild west.
Note :

   John Steinbeck a dû être tragédien grec dans une de ses vies antérieures et il ne s’en est pas totalement détaché. Il reproduit peut-être avec «Des souris et des hommes» une tragédie déja écrite ou même, une tragédie qu’il n’avait pu encore écrire !
   
   Le casting est des plus simple, confinant même à la sobriété requise pour une mise en scène de théâtre : deux hommes, plutôt frustres, journaliers qui vont de ferme en ferme louer leurs bras dans le Middle West américain.
   
   Il y a Lennie, un peu simple d’esprit mais d’une force colossale et son ami, son mentor, son guide, Georges, homme fluet, d’une intelligence normale, qui comprend les soucis que peut poser le côté simplet de Lennie, et qui comprend aussi les soucis que la vie pose à son ami.
   
   Avoir sa petite baraque dans un coin de l’ouest (où comme on le sait on n’est pas trop gêné par les voisins), élever ses lapins, avec un carré de luzerne, … rien de bien grandiose. Mais pour Lennie, dans ce schéma simpliste, ce qui l’intéresse le plus c’est d’être certain que Georges le laissera nourrir les lapins et les caresser.
   Et les caresser, les tenir, là est le problème car, comme on l’a dit, Lennie est doté d’une force colossale et ne maîtrise pas trop le dosage de celle-ci. C’est le problème de Georges d’être omniprésent et de veiller à ce que son ami ne dérape pas.
   
   Et Georges n’est pas non plus un parangon d’organisation et d’intelligence. Georges est juste normal, humain et légitimement dépassé par cette veille qu’il doit exercer en permanence.
   
   Et l’homme est faillible. Qu’à cela ne tienne. Lorsque Georges devra assumer ses responsabilités, il ne tremblera pas. Il assumera de la plus belle et de la plus terrible des façons. Tragédie grecque dans l’ouest. Magnifique histoire d’amour d’hommes loin des compromis de la vraie vie.
   ↓

critique par Tistou




* * *



Classique américain
Note :

    George et Lennie sont ouvriers itinérants. Ils parcourent les Etats-Unis à la recherche d'emploi, devant en changer souvent car Lennie a un problème : Il est mentalement attardé. Il est capable d'abattre un boulot formidable, tant qu'il est guidé et se contente d'obéir à des ordres simples. Mais sa force incroyable lui joue des tours, car ce qu'il aime, c'est caresser des choses douces. Comme des souris, quand il n'a rien d'autre. Mais c'est difficile pour lui de les garder en vie, car si elles se débattent, il panique et serre trop fort.
   
   Heureusement George est là, et tous les deux ils ont un rêve, celui d'une petite maison à eux deux, dans laquelle ils pourraient vivre libres et se suffirent à eux-mêmes.
   Ce rêve leur donne l'espoir, et ils parviennent même à le communiquer à d'autres. Mais Lennie....
   
   Je m'aperçois que j'ai envie de tout raconter, tellement est forte la portée de cette histoire toute simple, tant elle signifie sur l'amitié, la cruauté, la différence.
   
   3 jours, on passe 3 petits jours avec George et Lennie, à la manière d'une pièce de théâtre tout est très visualisable... et finit mal.
   
   Vraiment agréable à lire, ce tout petit roman reste longtemps en tête!
    ↓

critique par Cuné




* * *



George et Lennie
Note :

   Bon, voilà un grand classique qui était prévu depuis un moment, mais que je viens juste de prendre en main. Et je ne le regrette pas, loin de là.
   
   George et Lennie traversent la campagne états-unienne et vont de ferme en ferme afin de trouver du boulot, et surtout pour gagner de l'argent. Cet argent, économisé par les deux compagnons, doit leur servir à s'offrir une ferme pour élever des lapins. Malheureusement, George, le plus futé des deux, est accompagné de Lennie: une vraie force de la nature, capable d'abattre un travail phénoménal. Mais également un être simplet, qui n'a pas toute sa raison. C'est d'ailleurs à cause de Lennie qu'ils ont dû fuir leur précédent point de chute. Lennie est tellement fort, que ce qui passe entre ses mains a de fortes chances d'être détruit ou tué, comme cette souris qu'il ramassé au bord du chemin, et avec laquelle il joue en se dirigeant vers son futur point de chute. Et comme Lennie aime caresser ce qui est doux...
   
   Ce roman, assez court, traduit de l'américain, est dans la version que j'ai lue, écrit avec une langue très orale et paysanne. N'étant pas assez doué en anglais pour lire le texte dans sa version originale, j'imagine que ce parler a volontairement été choisi par Steinbeck. Hommage donc à l'auteur, mais aussi au traducteur pour avoir rendu ce style oral.
   
   Ce texte est très fort: il parle de l'amitié entre deux êtres qui a priori n'ont aucune raison de rester ensemble, il parle de l'utopie de ces deux gars qui rêvent de propriété, il parle également de racisme, avec le noir de la ferme condamné à dormir dans l'écurie, alors que les autres dorment dans une même pièce.
   
   Un livre poignant, plein de tension et de vigueur, et qui touche. Un grand roman.

critique par Yohan




* * *