Lecture / Ecriture
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Situations délicates de Serge Joncour

Serge Joncour
  VU
  U.V.
  L'idole
  Situations délicates
  Carton
  L'Amour sans le faire
  L'écrivain national
  Combien de fois je t'aime
  Kenavo
  Repose-toi sur moi

Serge Joncour est un écrivain français né le 28 novembre 1961.

Situations délicates - Serge Joncour

Déçue
Note :

   En général, j'aime bien Joncour, mais là, vraiment, je n'ai pas été emballée.
   
   Nous avons ici une série de 44 nouvelles assez brèves, racontant chacune une situation dans laquelle nous pourrions nous être trouvés et qui aurait été « délicate »? Les récits s'adressent à un interlocuteur invisible, le lecteur, généralement en le tutoyant, mais en le vouvoyant parfois aussi.
   
   Je n'ai pas trouvé très heureux, ni naturel l'emploi du "Tu" dans toutes les narrations. Ca devait sans doute les rendre plus vivantes, plus proches, et ça n'y arrivait pas.
   
   Je n'ai pas trouvé les récits très intéressants, les situations très passionnantes, ni souvent très délicates, je n'ai pas non plus trouvé la vision de l'auteur, les analyses et commentaires très percutants, fins ou saisissants.
   
   J'ai eu une impression de livre fait pour plaire, amuser un lectorat conquis d'avance (mais le lectorat ne l'est jamais) un truc un peu trop facile, qui aurait misé sur le côté séduction superficielle? et qui aurait perdu.
   
   Dommage. Serge Joncour est capable de beaucoup mieux que ça. Il l'a montré. Lisez plutôt «L'idole» ou «Vu».
    ↓

critique par Sibylline




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Inégal
Note :

   "Quarante-cinq tableaux sur la gêne qui agissent à la façon d'un souvenir personnel."
   
   Voici l'avertissement qui prélude à cet opuscule et qui en résume le contenu. Vous voici prévenus!
   
   Sous le générique de tableaux se cachent quelques pages dédiées à des situations où le regard d'autrui vous plonge dans le malaise, ou ne fait que constater la situation périlleuse dans laquelle "vous" vous trouvez. Eh oui, bon nombre de ces situations sont de celles qui vous arrivent un jour (ou presque, car par exemple, tout le monde n'aspire pas à être un voleur par effraction). Bref on se retrouve parfois dans ces courtes anecdotes, au charme caustique qui comme à l'exemple des blagues ne vont pas plaire à tout le monde et c'est compréhensible.
   Certaines sont infiniment mieux troussées que d'autres ou répondent davantage à du vécu, ce qui fait que je me suis repue à leur lecture.
   
   Ceux qui n'aiment pas les recueils de nouvelles passeront leur chemin, car même s'il ne s'agit pas de cela, et que l'on pourrait d'une certaine manière, prêter bon nombre de ces épisodes à un seul et même quidam, son absence de nom et de références fait qu'on les lit de manière détachée.
   
   Ce manque de personnage récurrent fait que je ne suis pas totalement satisfaite de ma lecture, car j'aime m'attacher à un personnage et ainsi que je l'ai signalé tous les chapitres ne furent pas égaux à mes yeux. Mais cette lecture est néanmoins facile et rapide.
   ↓

critique par Delphine




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Où il y a de la gêne…
Note :

   Suite de ma découverte de l’œuvre de Serge Joncour avec ce livre décrivant 45 scénettes plutôt embarrassantes pour le narrateur. Chose, qui je pense, est arrivée peu ou prou à chacun d’entre nous, et certainement plus d’une fois.
   
   La joie de rencontrer celui qui était "mon pote" le seul, l’unique, le presque frère. Avec lui vous aviez quasiment tout partagé… mais entre-temps il a rencontré Dieu. Et les années ont passé. Le monde n’est plus ce que nos souvenirs en font.
   
   "Débiteur dans l’âme" ou comment jouer à cache-cache avec un vendeur de journaux associatifs. Court texte légèrement cruel.
   
   "Juste pour voir" narre les aventures ou les mésaventures d’un homme qui pense acheter une paire de chaussures. Situations que l’on retrouve dans beaucoup de magasins avec des vendeuses ou vendeurs pousse au crime "l’achat du gadget indispensable". Qui bien entendu ne sert à rien ou à pas grand-chose.
   
   "Flash" où une jeune fille passe son temps à photographier les convives d’un repas familial!
   
   "Portable" est une petite merveille de repas gâché par ces satanés appareils que sont les téléphones portables!
   
   "Peintre ami", un ami cela n’a pas de prix. Un tableau si!
   
   "Coup de Trafalgar", ce n’est pas marrant une plage sous le soleil lorsque l’on n’a pas envie de se dévêtir… vivement cet hiver et les jeux de société bien au chaud et tout habillé!
   
   "La femme de ma vie" peut-être, mais il faut la larguer, preuve qu’elle n’était pas ce que le titre laissait supposer!
   
   "On se connait, non?" Ouais, mais parfois selon la direction qu’a pris votre vie, on ne préférerait pas!
   
   Je vais clore cette chronique par "Footeux" qui prouve qu’il n’y a plus que le ballon qui tourne rond sur terre! Non rectification, la caméra tourne aussi!
   
   Encore des personnages "Anti-héros" par excellence. Des braves gens avec leurs forces et leurs faiblesses. La colère est mauvaise conseillère, tout le monde le sait mais parfois on oublie toute la mesure des choses.
   
   Un homme au restaurant aux prises avec le dilemme du choix du vin, un autre dans la promiscuité d’une 4L conduite par son Grand-père un peu dépassé, dirons-nous!
   
   Brèves de la vie courante… où l’on regrette d’en être le protagoniste ou du moins l’acteur principal. Celui vers qui tous les regards convergent et qui voudrait rentrer dans un trou de souris qui est hélas trop petit pour lui.
   
   J’ai été bien obligé de faire un choix dans tous ces instants de vie que l’on voudrait oublier ou alors en les enjolivant. Ils nous font rire bien après, quand le temps de la prescription est venu.
   
   C’est dur parfois la vie.
   
   Malgré tout un livre jubilatoire, car on espère que cela n’arrivera qu’aux autres!
   
   Extraits:
   
   - De tous ces moments de gênes que la vie suppose, il en est de bien plus incommodants que les autres, bien plus délicats.
   
   - Les photos qui finissent dans les bris de verre, les enfants qui se réveillent, les mensonges qu’il faut dire pour les recoucher, autant dire que le programme est chargé.
   
   - Dommage, pour une fois que tu portais bien haut ton sourire sans doute un peu hissé par le kir, terriblement forcé, mais bien là.
   
   - Sur le point de plonger votre cuillère dans les profiteroles, pris par le scrupule, vous vous dites que ce serait sympa de les attendre, le temps au moins qu’ils finissent leur apéritif.
   
   - Elle est là, en compagnie d’un inconnu qui sifflote mal, un type étrange qui lui a dit exagérément bonsoir, qui lui a même demandé son étage afin d’appuyer, et qui devient de plus en
   plus nerveux. A sa place tu aurais peur.
   
   - Autour de vous, tous jusqu’à votre femme sont là à jouir de cet air chaud et flou, fondant chaque minute un peu plus dans des huiles suaves et douces.
   
   - Tous ces mots affolés qui ne venaient pas, les voilà qui se bousculent, et sans même que vous y pensiez, votre main se tend et s’agite.
   
   - Du coup c’est tout de toi-même qui perd son intérêt, tu redeviens rien de moins que mon doudou pour ta femme, papounet pour ton gamin, sans plus rien de surhumain.

critique par Eireann Yvon




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