Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La femme du Ve de Douglas Kennedy

Douglas Kennedy
  L'homme qui voulait vivre sa vie
  Une relation dangereuse
  Cul-de-sac
  La femme du Ve
  Les charmes discrets de la vie conjugale
  La poursuite du bonheur
  Les désarrois de Ned Allen
  Piège nuptial
  Quitter le monde
  Cet instant-là
  Cinq jours
  La symphonie du hasard T1

Douglas Kennedy est un écrivain américain né en 1955 à New York. Il a été régisseur de théâtre aux Etats Unis puis en Irlande. Il commence à écrire en 1978 et quitte son emploi pour s'y consacrer dès 1983. Néanmoins, il doit encore écrire pour des journaux pour assurer sa subsistance. Sa première pièce est jouée en 1986. C'est un four. Il commence à être publié en 1988 et connaît le succès très rapidement.

La femme du Ve - Douglas Kennedy

Cauchemar parisien
Note :

   Un scandale ayant ruiné sa carrière d’enseignant universitaire et brisé sa famille, l’américain Harry Ricks fuit à Paris pour tenter d’y reconstruire sa vie. Sa nouvelle existence tourne cependant vite au cauchemar : escroqué par un hôtelier sans scrupules, il se retrouve à vivoter dans une chambre de bonne sordide du Xe arrondissement, travaillant comme veilleur de nuit pour des employeurs véreux. Alors qu’il croit toucher le fond, il rencontre une belle hongroise, Margit, avec qui il entame une liaison passionnée. Mais la vie de Margit recèle bien des mystères, et des événements macabres commencent à se produire autour du héros, entraîné dans un piège machiavélique…
   
   Verdict plutôt positif pour ce roman : une bonne histoire, bien construite et assez originale. Rien de sensationnel, mais l’auteur a le sens de la narration, et on ne s’ennuie pas pendant la lecture (même si certaines scènes donnent parfois l’impression d’être répétitives). Kennedy excelle particulièrement dans la construction de l’ambiance glauque et crépusculaire qui baigne la descente aux enfers d’Harry Ricks dans les bas-fonds parisiens.
   
   Les protagonistes, sans être d’un charisme époustouflant (à l’exception de Margit, aussi fascinante qu’inquiétante), sont très crédibles, et le héros assez attachant. Mais le personnage principal du roman est peut-être Paris, un Paris sombre et inhospitalier, à des années-lumière des clichés qui entourent la capitale. Des salles d’art et d’essai du VIe arrondissement aux quartiers cosmopolites du Xe en passant par le Forum des Halles, Kennedy brosse un portrait très réaliste de la ville et de sa face cachée (problème des sans-papiers notamment).
   
   Le livre démarre comme un roman noir, avec intervention dans le récit des flics de rigueur, avant de prendre un virage surnaturel. Il semblerait que cette incursion dans le paranormal ait dérouté de nombreux fans de l’auteur. Personnellement, elle ne m’a pas gênée, j’ai même plutôt apprécié car elle rend le dernier tiers du livre haletant et le dénouement encore plus angoissant. En outre, c’est à mon sens le décalage entre le réalisme des situations et des descriptions et le recours final au surnaturel qui rend La femme du Ve intéressant.
   
   Quelques reproches toutefois : certains passages sont assez graveleux et d’autres un peu bavards.
   
   Au final néanmoins, un bon thriller pour les vacances.
   ↓

critique par Caroline




* * *



Un ange gardien
Note :

   Je ne peux qu’être enthousiaste lorsque je parle d’un livre de Douglas Kennedy, même si je le sais, tout le monde n’est pas adepte… et si c’est votre cas, j’espère vous faire changer d’avis.
   
   Douglas Kennedy est spécialisé dans les histoires complexes, tordues, inextricables, bref pleins de choses intéressantes…Cette fois-ci il s‘agit de la vie de Harry Ricks…
   
   Harry vient d’arriver à Paris, il veut redémarrer dans la vie… pourquoi ? On ne le sait pas encore… quelque chose s’est passé dans son ancienne vie, à son ancien travail, avec sa famille… des problèmes lourds à porter et qui font que sa fille de treize ne veut plus entendre parler de lui… Harry a donc décidé de partir réaliser le rêve qu’il aurait voulu faire avec sa famille… vivre à Paris et y écrire son roman… Mais il y est aujourd’hui pour une autre raison… fuir… Il n’a pas de visa pour rester en France, il ne doit être que de passage, en vacances… mais il en décidera autrement.
   
   Après un malencontreux tour du sort il se retrouvera dans un hôtel plus que hors de prix et en face de personnes qui vont profiter de son état de santé pour lui soutirer un maximum d’argent… argent qu’il a certes maintenant, mais dont il a besoin pour survivre le maximum de temps en vivant caché car ce sont toutes ses économies.
   
   Heureusement pour lui, il aura également la chance de rencontrer des personnes respectables qui l’aideront, selon leurs moyens à sortir de cette mauvaise passe… jusqu’au jour où pour changer son quotidien, il décide de passer à une soirée mondaine qu’un de ses amis américains lui a conseillé. Il rencontre Margit, hongroise et énigmatique…ils se reverront tous les trois jours à dix-sept heures dans son appartement…seulement…
   
   A partir de ce jour, sa vie va être bouleversée, il redécouvre le bonheur…mais des évènements troublants et d’étranges coïncidences vont se produire.
   
   Je n’ai surtout pas envie de vous en dire plus…J’aime cet auteur, mais j’avoue que là, il a vraiment réussi à me surprendre…J’ai été complètement envoûtée par ce livre dès le début, non seulement parce que l’esprit tordu de Douglas Kennedy me plaît, mais également car il a réussi à me surprendre…et je ne m’y attendais vraiment pas…il y a un retournement de situation que je n’ai pas du tout senti venir…et quelle révélation ! Mais je ne vous en dis pas plus…j’en ai déjà trop dit en fait…
   
   Vraiment je le conseille, même à ceux qui ont peur de se lancer ou à ceux qui ont envie de l’arrêter…persévérez ! Vous ne serez pas déçus.
    ↓

critique par Mme Patch




* * *



Enquête dans un Paris cosmopolite et … surnaturel.
Note :

    Me voilà bien perplexe après avoir refermé ce roman, je l’ai lu facilement, avec un certain plaisir, une certaine aisance plutôt, mais pas une vraie adhésion au "tragique" de situation !
   
   C’est à Paris, dans l'hôtel où Harry descend dès son arrivée, qu'il rencontre Adnan, personnage sauveur qui lui fournit un toit. Adnan est sans papiers, c'est un exilé politique, de nationalité turque, que la prison menace s'il est arrêté. Dès le début du roman, dans une séquence arrêtée entre la vie et la mort, Adnan plonge Harry dans un bain rituel qui le ramène à la vie. Les lieux d'eau, d'hygiène et d'aisance formeront par la suite, dans La Femme du Vème, un lieu commun, à la fois scatologique et identitaire, indécrottable ment juste : Paris observée depuis ses lieux d'aisance, depuis ses miasmes et sa crasse.
   
   J’en retiendrai un Paris glauque, très Eugène Sue du XXIème, -les étrangers marginaux, trafiquants violents, aux mœurs expéditives, y ont remplacé les coupeurs de bourses. Le début m’a semblé un peu fastidieux et puis, soudain, on est avalé par une spirale socio- ésotérico- catastrophiste ! Entre amour, sexe et vengeance, le héros perd pied et nous pousse dans sa chute. Folie ou vérité incroyable ? Que penser ?
   
   Au passage, je noterai un hommage à "La Fuite de Monsieur Monde"* Le Monsieur Monde de Kennedy devient le Sésame des portes à serrures codées ouvrant sur des escaliers sombres, où les invités se contentent de montrer patte blanche sans jamais montrer leur visage ni décliner leur identité. Ils sont pakistanais, turcs, kurdes, et ne sont tout simplement pas vus, pas connus, pas reconnus par la population chic et bohême qui les croise chaque jour rue Martel ou rue de Paradis. Ils sont ces "Monsieur Monde", immigrés sans nom, entraînés dans un univers plus grand qu'eux qui les porte et les perd, à la démesure dérisoire.
   "Ayant décidé de rompre la monotonie de mes journées, j'ai pris la résolution d'explorer de nouveaux quartiers à pied. Je me suis même forcé à faire trois joggings hebdomadaires le long du canal Saint-Martin, petite concession à la nécessité de me remettre en forme. De temps à autre, aussi, je décidais d'observer un 'jour sans films' et j'allais visiter les musées au lieu de m'enfermer à la Cinémathèque. Mais tout cela était bien terne, à côté de mes rendez-vous avec Margit. Ce n'était pas seulement pour le sexe : l'espace d'une heure ou deux (quand j'avais de la chance), ils me donnaient le sentiment d'échapper à la banalité de ma vie. Rien d'étonnant à ce que nous soyons tous à la recherche d'intimité. Non seulement, elle nous permet de nous accrocher à quelqu'un et de nous convaincre que nous ne sommes pas seuls au monde, mais elle offre aussi une échappatoire à la routine prosaïque de notre existence. " P 163
   
   Douglas Kennedy nous enferme dans un monde étrange où le fantastique et le réel se cherchent et se mêlent. Mais l’auteur ne se contente pas, au final, de dépeindre un théâtre parisien digne de Simenon, loin des lumières des faubourgs et des immeubles haussmanniens. Il pose des questions existentielles au travers de cette histoire mystérieuse. La vengeance soulage-t-elle de la douleur ? Jusqu’où devons- nous nous sentir coupables ? Sommes-nous prêts à tout pour protéger les êtres chers? Un peu facile, un peu bancale, la fin laisse le lecteur dans une ambiance de mal-être, sans apporter de point final… Mais la plume de Douglas Kennedy, reste une fois de plus, d’une facilité très agréable.
   
   
   *Roman de Simenon
   ↓

critique par Jaqlin




* * *



Paris à l’honneur
Note :

   Il est bien question du Vème, à Paris, où Harry Ricks, universitaire américain, en déchéance – il vient de perdre emploi et femme, et puis l’honneur aussi – vient tenter une nouvelle chance. Il est venu avec ses économies réaliser un de ses rêves : se poser à Paris pour écrire un roman.
   
   Mais le monde, notamment parisien, n’est pas peuplé que de bons samaritains et les débuts parisiens d’Harry Ricks sont calamiteux. Son visa de touriste n’est valable que six mois et au rythme de ses premières dépenses, il ne tiendra, de toutes manières, pas si longtemps. Par rencontres, il est mis en contact avec le milieu turc, qui s’y connait en matière de contournement de la loi et grâce auquel il trouve un job glauque et bizarre, mais aux vertus alimentaires. Il est veilleur de nuit dans un bâtiment où il ne doit surtout pas chercher à comprendre ce qu’il s’y déroule…
   
   Et puis, lors d’une soirée rassemblant la société américaine parisienne, il fait la connaissance de Margit, hongroise plus toute jeune, qui a échappé aux purges de 1956 à Budapest. Margit l’attire, Margit le fascine, mais à l’instar de son job, Harry Ricks ne doit pas chercher à creuser pourquoi il ne peut la rencontrer que dans son appartement à elle, des jours bien précis et à des créneaux horaires tout aussi précis. (Douglas Kennedy aurait-il une marotte avec ce genre d’exigences?)
   Et là le roman part en plein déjantage, fantastique, et c’est un peu difficile à accepter. C’est très accrocheur, Douglas Kennedy sait y faire, pas de doute. C’est peut-être trop dur d’adhérer à ce parti-pris de fantastique?
   
   Il reste une vision crédible d’un milieu interlope parisien, d’une problématique très actuelle sur les soucis du migrant dans un pays tel que la France, une ville telle que Paris…

critique par Tistou




* * *