Lecture / Ecriture
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Le Bal de Irène Némirovsky

Irène Némirovsky
  Chaleur du sang
  Le Bal
  Un enfant prodige
  Ida
  Suite Française
  Les Biens de ce monde
  Le maître des âmes
  Le malentendu
  Les Chiens et les loups

Irène Némirovsky (Ирина Леонидовна Немировская) est une romancière russe de langue française, née à Kiev en 1903 et morte en déportation à Auschwitz en 1942.

Le Bal - Irène Némirovsky

Antoinette a toute sa tête
Note :

   1928, les Kampf sont devenus riches, à la faveur de boursicotages. La mère, Rosine, rêve de faire partie de la haute société, le père suit, personnage effacé ayant épousé la secrétaire du patron chez qui il était petit employé.
   
   Antoinette, 14 ans, étouffe sous le manque d'affection de sa mère, ses remontrances permanentes. On décide de donner un grand bal, d'en mettre plein les yeux, à la façon "nouveaux riches". Antoinette est de corvée d'invitation, avec sa belle écriture, profitant ainsi du bavardage de ses parents.
   
   Seulement voilà, elle n'aura pas le droit de participer à ce bal, Rosine ne pouvant supporter d'afficher avoir une fille déjà si grande, une rivale potentielle... Alors Antoinette se vengera, sans préméditation, d'une façon glaçante...
   
   120 pages pures comme un diamant, une plongée parfaite dans la tête d'une jeune fille rejetée, une claque incroyable pour l'époque.
   
   Irène Némirovsky écrit ici un soufflet terrible pour sa mère, petit roman écrit d'un jet entre 2 chapitres d'un autre, largement puisé dans sa propre vie...
   
   A lire !
   
   
   * «Suite française» est aussi à lire absolument !
   
    ↓

critique par Cuné




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On peut aussi l'écouter en livre audio
Note :

   Laissez vous emporter par la musique des mots
   
   " un mélange confus de folle musique, de parfum enivrant, de toilettes éclatantes, de paroles amoureuses chuchotées dans un boudoir écarté, obscur et frais comme une alcôve"
   
   Lu, relu, offert, ce livre est dans ma bibliothèque depuis une vingtaine d’années, j’ai appris récemment avec désolation (pardon par avance à tous les profs) que ce livre est aujourd’hui étudié en classe, j'espère qu'il ne perd pas ainsi son pouvoir recouvert en quelque sorte par le voile de la lecture obligée.
   
   Si vous n’avez jamais lu ce livre, écoutez-le avec la voix d’Irène Jacobs (livre audio).
   
   Vous apprendrez comment la famille Kampf est en train de s’installer dans l’opulence après avoir grimpé les marches de l’ascension sociale. Voyez la préparer LE bal qui va définitivement la faire entrer dans le paradis des riches et leur permettra de regarder de haut le reste de la famille. Ce moment de gloire préparer dans le moindre détail met Antoinette, la fille de la maison, dans un état de fureur et de tristesse mêlées car malgré toutes ses demandes, ses supplications, elle n’assistera pas à ce bal.
   
   Parfois le hasard fait bien les choses, quelques minutes de retard lors d’une leçon de piano, un coup de vent malencontreux... et les événements tournent d’une façon inattendue et délectable.
   
   Un petit chef d’œuvre dont j’aime l’acidité, la cruauté, la joyeuse perfidie.
   
   Un tableau plein de fiel de la famille, méchamment moqueur d’où s’échappent pourtant des étincelles d’émotion.
   ↓

critique par Dominique




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Cruelle vengeance
Note :

   Ce récit, relativement court mais lu en apnée, fut un coup de cœur pour moi.
   
   M. et Mme Kampf, père et mère d'Antoinette, leur fille unique de quatorze ans, sont des parvenus très récemment enrichis qui décident de donner un bal où les invités, environ deux cents, appartiendront à la meilleure société de la ville ou en tout cas se présentent comme tels. Ce sera une revanche sur leur passé de pauvres gens et ils se donnent beaucoup de mal pour offrir ce qu'il y a de mieux. La mère surtout qui refuse la présence de sa fille à ce bal.
   
   Celle-ci, sans cesse rabaissée dans la vie courante, ne supporte pas cette ultime humiliation et se venge d'une façon féroce.
   
   Humiliée à son tour, sous les rires et les quolibets des nombreux valets et serviteurs venus en extra, la mère se jette, pour la première fois sans doute, dans les bras de sa fille, pour y trouver un peu de consolation, sans jamais se douter du rôle joué par Antoinette dans sa honte infinie et son échec social.
   
    C'était la seconde, l'éclair insaisissable où "sur le chemin de la vie" elles se croisaient, et l'une allait monter, et l'autre s'enfoncer dans l'ombre. Mais elles ne le savaient pas.
   
   Le récit d'une vengeance des plus cruelles d'une adolescente humiliée par une mère égoïste, bornée, ridicule et sans cœur.
   
    Un pur bonheur de lecture!

critique par Mango




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