Lecture / Ecriture
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Tant qu’il y aura des livres de Laurence Santantonios

Laurence Santantonios
  Tant qu’il y aura des livres

Tant qu’il y aura des livres - Laurence Santantonios

Achetez des livres !
Note :

   Laurence Santantonios a travaillé pendant une vingtaine d’années dans l’édition et le journalisme littéraire, elle maîtrise donc son sujet, et sait nous en parler de façon tout à fait informelle et agréable : un plus indéniable dans un essai !
   
   Qu’allez-vous apprendre en lisant cet essai ? Une tonne de choses concernant le produit livre : Le noir, les queues d’évènementiels, la drouille, tout le circuit sortie de machine retour au pilon, (drastique !), les mécanismes commerciaux, etc.
   En fait «La Lettre sur le commerce de la librairie» de Denis Diderot, datant d’Octobre 1763, est toujours d’une actualité étonnante en ce domaine.
   
   Et puis l’éloge des libraires, des bibliothécaires, très réconfortant.
   
   Enfin une explication claire sur le système des droits d’auteur sur les prêts :
   "La loi du mois d’Août 2002 spécule que l’auteur et l’éditeur (moitié/moitié) doivent effectivement toucher des droits sur les prêts, mais que c’est à l’Etat et aux collectivités locales (moitié/moitié aussi) de payer et non à l’usager."
   Merci qui ? Merci Catherine Tasca.
   
   J’ai pris connaissance aussi avec stupeur de certains chiffres de vente :
   « Les exemples de livres ayant mis des dizaines d’années à décoller et devenus depuis des classiques sont pourtant légion : en 1832, Les Chouans de Balzac s’est vendu à 300 exemplaires; en 1890, la Vie de Henry Brulard, de Stendhal, publiée à titre posthume, à 1500 exemplaires en vingt ans; en 1897, Les Nourritures terrestres d’André Gide à 500 exemplaires en dix ans; en 1938, Le Château d’Argol de Julien Gracq, à 150 exemplaires; en 1949, Précis de décomposition de Cioran, à 20 exemplaires; en 1952, En attendant Godot de Samuel Beckett, à 125 exemplaires…»
   « Un livre en format poche est réimprimé à partir de trois cent exemplaires vendus par an»

   Je termine par la merveilleuse lettre que Ramuz écrivit à Grasset lorsque celui-ci décida de rééditer un de ses romans, Aline, dans les « Cahiers rouges » :
   « Mon cher éditeur,
   Il faudrait qu’il fût bien entendu que c’est vous qui prenez la responsabilité de la présente réimpression. Moi je me laisse faire; je ne sais plus, c’est trop vieux. Je ne vois pas en quoi cette «histoire» peut encore intéresser vos lecteurs. J’étais un tout petit garçon quand je l’ai écrite, elle est pleine d’ingénuité. Mais peut-être bien reste-t-on un petit garçon toute sa vie : je suis assez de cet avis; et peut-être bien, d’autre part, avez-vous jugé que l’ingénuité n’est pas nécessairement défaut. J’ai donc remis mon sort entre vos mains, étant bien résolu, pour ce qui est de moi, à ne voir dans cette décision qu’un effet de votre extrême indulgence dont j’aurai du moins l’occasion de dire ici combien j’en ai été touché.»

   La classe absolue.

critique par Cuné




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