Lecture / Ecriture
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L'oiseau d’Amérique de Walter Tevis

Walter Tevis
  L'oiseau d’Amérique

L'oiseau d’Amérique - Walter Tevis

Seul l'oiseau moqueur chante à l'orée du bois
Note :

   25° siècle, le monde est régi par les droits sacrés à la Solitude et à l’Individualisme. Les gens sont élevés en dortoirs, on leur serine à longueur de temps de petits mantras qui s’ancrent profondément dans leur esprit :
   «Sexe vite fait protège», «Dans le doute, n’y pense plus», «Etre seul, c’est bien», «Pas de question, relax».
   
   Gavé de joints et de calmants, chacun est dans sa petite bulle, coupé des autres.
   Plus personne ne sait lire, ni bien sûr écrire.
   
   Mais certains, de plus en plus nombreux, s’immolent par le feu… Pourquoi ?
   
   Bentley apprend seul à lire, en tombant sur de très anciens livres pour enfants. Ca intéresse Spofforth, un robot perfectionné, intelligent et capable de sentiments, pour son malheur. Mais moins finalement que Mary Lou, la rebelle qui revisite Adam & Eve avec une pomme en plastique…
   
   La préface, fort bien faite, d’André-François Ruaud, nous présente Walter Tevis et donne envie de lire tous ses romans. Hélas il y en a peu, les choses sont mal faites. Pour vous le situer un peu, je citerais «L’arnaqueur» ou «La couleur de l’argent», il n’a pas fait que dans la SF.
   
   J’adore la science-fiction de cette qualité-là, sans trop de jargon technologique, située dans un univers futuriste mais cohérent, bourrée de clins d’œil et de personnages attachants. Il se dégage une mélancolie tranquille, tour à tour désespérée ou pleine de vie, des moments de grâce pure.
   
   Bentley découvre vite qu’il n’a aucun goût pour la fiction, mais qu’il est parfois touché par certaines phrases éparses qui trouvent en lui une résonance, sans qu’il puisse vraiment les interpréter : il apprend à lire. C’est là où je me dis que je n’en aurai jamais fini moi-même.
   
   Un roman captivant qui est tout entier une belle allégorie de la lecture.

critique par Cuné




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