Lecture / Ecriture
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L'été le plus chaud de Zsuzsa Bank

Zsuzsa Bank
  L'été le plus chaud
  Les jours clairs

Zsuzsa Bánk est une écrivaine allemande née à Francfort-sur-le-Main en 1965, de parents hongrois.

L'été le plus chaud - Zsuzsa Bank

Un voile de tristesse
Note :

   Parmi les livres qui se sont récemment rebellés contre moi, le dernier livre de Zsuzsa Bank figure en bonne place. Bizarrement, c’est dans doute l’un des premiers livres à me convaincre lors d’une rentrée littéraire. La plupart du temps, je feuillette, je trouve ça très cher, je me demande si je vais aimer et finalement, je repars avec d’autres ouvrages. Cette fois-ci j’ai longuement hésité entre plusieurs romans, parcouru avec curiosité quelques livres français (dont le dernier Foenkinos), admiré plusieurs couvertures des Editions Christian Bourgois et, après m’être juré de lire très bientôt «Les Vivants et les Ombres» de Diane Meur, j’ai finalement jeté mon dévolu sur «L’été le plus chaud», dont la couverture joliment enneigée m’avait interpellée.
   
   Nouvelle découverte et, au final, un bilan plutôt positif. «L’été le plus chaud» est un recueil de nouvelles : une femme renoue des liens avec sa famille abandonnée depuis longtemps, une autre invite sa meilleure amie à la rejoindre à Londres après de longues années d’absence et de silence, une jeune fille découvre la ferme qui a vu sa mère grandir… les récits sont nombreux et traitent presque toujours de retrouvailles après la séparation, le plus souvent dans un cadre est-ouest, les abandonnés à l’est et les échappés à Londres, au Canada. Enfin figurent dans ce livre beaucoup de couples ou d’amitiés féminines racontés avec pudeur.
   
   Difficile de ne pas sombrer dans la mélancolie à la lecture de ces textes : les familles ne se retrouvent que pour être séparées brutalement ; les histoires passionnées finissent dans le rejet, l’indifférence, la cruauté de l’abandon ; les familles heureuses cachent en réalité bien des secrets, comme la maladie ou une haine grandissante qui se glissent furtivement au beau milieu du récit et finissent par tout envahir progressivement. Quant à la fuite vers l’Ouest, vers le succès, vers des pays idéalisés, elle aboutit à un échec retentissant. Pas de recette miracle, pas de bonheur à la clef. Au contraire, seuls la nostalgie et la solitude finissent par retrouver ceux qui ont cherché ainsi à échapper à leurs racines.
   
   Au final je me suis laissée emporter par l’écriture agréable et j’ai trouvé le déroulement des histoires très bien maîtrisé. Je reprocherai tout de même à l’auteur d’avoir ajouté à l’ensemble deux ou trois nouvelles assez ennuyeuses, répétant à l’infini le leitmotiv de «L’été le plus chaud» sans apporter grand-chose à cette galerie de portraits, au risque de lasser le lecteur.
   
   On ressort un peu triste de ce plongeon dans la cruauté et les blessures mal refermées, mais il est difficile de ne pas être touché par la capacité de Bank à dépeindre avec simplicité et finesse la complexité des relations humaines.

critique par Lou




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