Lecture / Ecriture
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Les chemins parcourus de Edith Wharton

Edith Wharton
  Sur les rives de l'Hudson
  Libre et légère
  Chez les heureux du monde
  Les beaux mariages
  Xingu
  Les chemins parcourus
  Eté
  Ethan Frome
  Le temps de l’innocence
  Le triomphe de la Nuit
  La splendeur des Lansing
  Le fils et autres nouvelles
  Les Boucanières
  Les New-Yorkaises
  Le vice de la lecture
  La France en automobile

Edith Wharton est une romancière américaine née à New York en 1862 et morte en 1937, en France où elle vivait depuis une trentaine d'années.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les chemins parcourus - Edith Wharton

Edith et Henry
Note :

   Plutôt qu’une réelle autobiographie, Edith Wharton évoque tout au long de ces pages divers moments de son existence, en donnant une grande part à sa vie sociale et amicale.
   
   Elle livre avec clarté ses méthodes d’écriture, raconte ses nourritures intellectuelles, et ponctue son discours de plusieurs petites anecdotes toutes plus savoureuses les unes que les autres.
   
   Pour autant, elle n’échappe pas au côté fastidieux des listes de noms inconnus, de louanges acerbes ou de descriptions soporifiques.
   
   De plus, Jean Pavans qui a par ailleurs assuré la traduction, nous livre en postface quelques clefs sur ce qu'elle a écarté, certains points étant tout de même abordés dans un précédent essai d’autobiographie non achevé, fourni en annexe.
   
   Mais basta ! Je ne voulais ici qu’expliquer que ce n’est pas un livre qu’on dévore d’un bout à l’autre, que j’ai lu en diagonale plusieurs passages, mais, par contre, de nombreux autres m’ont comblées :
   Ainsi, lorsqu’elle donne son avis sur «l’amateur doué», tout le chapitre sur Henry James, qui est un pur bonheur, ce qui a été son action pendant la première guerre mondiale, et çà et là, quelques phrases marquantes pas intrinsèquement, mais par ce qu’elles laissent entendre de leur auteure, la logique de sa pensée que je trouve éminemment piquante.
   
   Edith Wharton ne me touche pas comme peut le faire Gabrielle Roy, par exemple, elle est trop pragmatique pour me rejoindre; mais je suis assez fascinée par sa rigueur intellectuelle, par ses lectures formatrices qui me semblent tellement austères et rigides. C’est très révélateur que son premier ouvrage, écrit à quatre mains, ait eu comme sujet l’architecture intérieure !...
   
   A lire si vous êtes fan, ou comme témoignage d’un esprit féminin brillant et atypique de la fin du 19° siècle.
   
   Une anecdote pour le plaisir : Henry James était un fervent amateur de promenades en voiture (très récemment inventées), mais avait un sens de l’orientation totalement déficient :
   
    "[…] Tandis que j’hésitais, et que je sondais l’obscurité, James aperçut un vieillard branlant qui s’était arrêté pour nous regarder : «Attendez un instant, ma chère. Je vais lui demander où nous sommes.» Et, se penchant, il lui fit signe d’approcher.
   «Mon brave homme, auriez-vous la bonté de venir ici, s’il vous plait ? Un peu plus près, voilà… » Et, comme le vieillard s’avançait : «Mon ami, pour vous le dire en deux mots, cette dame et moi-même arrivons directement de Slough, c’est-à-dire, pour être plus strictement exact, que nous venons de traverser Slough en chemin, car en fait nous venons en voiture de Rye, qui était notre point de départ, pour nous rendre à Windsor ; et, la nuit nous ayant surpris, nous vous serions fort obligés si vous nous disiez où nous sommes maintenant par rapport, mettons, à High Street, qui, comme vous le savez sûrement, mène au Castle, une fois qu’on a laissé à main gauche la rue qui descend vers la gare.»
   Je ne fus pas surprise de voir cette extraordinaire demande être accueillie par un silence, et une mine abasourdie sur le vieux visage ridé qui se penchait vers la portière ; ni d’entendre James continuer :
   «Bref (invariable prélude chez lui à une nouvelle série de ramifications explicatives), bref, mon brave, ce que je voudrais vous demander en un mot est ceci : en supposant que nous avons déjà (ce que j’ai toute raison de croire) dépassé la rue qui descend vers la gare (qui, en ce cas, à vrai dire, ne se serait probablement pas trouvée vers notre gauche, mais vers notre droite, où sommes-nous en ce moment par rapport à…
   - Oh, je vous en prie, interrompis-je, en me sentant moi-même absolument incapable de supporter une autre parenthèse, demandez-lui donc où se trouve King’s Road.
   - - Ah ?... King’s Road ? En effet ! Très bien ! Pourriez-vous, en fait, mon brave, nous dire où, par rapport à notre position actuelle, se trouve exactement King’s Road ?
   - - V’s’y êtes » Répondit le vieillard par la portière. […]"

critique par Cuné




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