Lecture / Ecriture
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La nuit des temps de René Barjavel

René Barjavel
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  Ravage

René Barjavel est un écrivain et journaliste français, né en 1911 à Nyons et décédé en 1985.

La nuit des temps - René Barjavel

Roméo et Juliette à la sauce SF
Note :

   Dans l'Antarctique, une équipe de chercheurs découvre, enfouis sous la glace, les restes d'une civilisation éteinte depuis 900 000 ans. Dans une sphère reposent en hibernation deux individus masqués, un homme et une femme. Réanimée en premier, la femme, Eléa, est d’une beauté exceptionnelle, et Simon, un médecin français membre de l’expédition, tombe fou amoureux d’elle. Mais le cœur d’Eléa appartient à Païkan, resté 900 000 ans en arrière à Gondawa, leur civilisation éradiquée de la surface de la terre par un conflit meurtrier…
   
   "La nuit des temps" est un roman hybride dans la mesure où il mêle habilement science-fiction, réflexion philosophique et romance passionnée. Le tour de force de René Barjavel est de raconter une histoire fantastique sous l’angle du reportage scientifique (la précision des détails techniques confère une grande crédibilité au récit), tout en soignant la psychologie de ses personnages.
   
   Le récit alterne entre les évènements présents (l’expédition polaire et la découverte de la civilisation disparue) et passés (la vie dans ladite civilisation puis sa destruction). C’est l’occasion pour Barjavel de dépeindre une société idéale et technologiquement très avancée, Gondawa, dans laquelle les hommes vivent dans le bonheur et l'abondance. Mais Gondawa est en guerre contre Enisoraï, situé à l'emplacement actuel de l’Amérique. L'utilisation de "l'Arme Solaire" par Gondawa signe sa fin : le continent est englouti, et seuls en réchappent le scientifique Coban et Eléa, protégés par leur abri souterrain. La destruction d’une civilisation aussi avancée que Gondawa permet à Barjavel de dénoncer la folie des hommes, assoiffés de pouvoir et toujours à deux doigts de s’autodétruire. Les parallèles avec le présent (le livre a été écrit en 1968) sont nombreux (guerre froide opposant l’Est à l’Ouest, arme nucléaire, manifestations pacifiques), montrant par là que l’histoire se répète sans fin, et que l’espèce humaine ne tire pas de leçons de ses erreurs passées.
   
   Mais le pilier de l’intrigue est l’histoire d’amour passionnée qui unit Eléa et Païkan, sorte de Roméo et Juliette que même la mort ne peut séparer à la sauce SF. Histoire qui trouve une issue tragique qui ne manquera pas de bouleverser les âmes sensibles.
   
   Malgré des thèmes riches et un mélange des genres bien ficelé, je n’ai pas ressenti d’enthousiasme délirant à la lecture de ce pilier de la SF française. Peut-être parce que c’est un genre que j’apprécie peu, ou parce que je n’ai pas éprouvé de réelle sympathie pour les personnages (Simon en particulier manque de charisme, et la beauté époustouflante d’Eléa la rend presque inhumaine). J’ai bien aimé, sans plus. Pour découvrir cet auteur, je conseillerais plutôt de commencer par l’excellent "Ravage".
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critique par Caroline




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Bilan mitigé
Note :

   Attention, ce commentaire divulgue la fin
   
   Parmi les livres que je voulais lire depuis longtemps figurait le roman de Barjavel La Nuit des Temps. Grâce au swap de l’été, c’est chose faite !
   
   L’histoire : une mission scientifique au Pôle Sud conduit à la découverte d’une civilisation enfouie depuis 900 000 ans sous la glace. Sous des pièces et des escaliers en or se trouve une graine de métal protégeant un homme et une femme et les maintenant en hibernation. Dès lors, il s’agit de les réanimer afin de redécouvrir les origines de l’humanité.
   
   Un bilan plutôt positif, même si je suis moins enthousiaste que les nombreux lecteurs qui m’ont recommandé ce roman. Voilà les origines du MAIS :
   
   Les maladresses : à la fin, le geste fatal d’Elea est dû au fait qu’elle n’a pas reconnu son amour Païkan dont elle n’a pas vu le visage. N’importe quelle amante saurait reconnaître sa moitié à mille détails ; dans le cas de cet amour traversant le temps, l’absence de lucidité d’Elea est hautement improbable.
   
   Les aberrations : lorsque la mission commence, les chercheurs voient s’effondrer devant eux des pans de mur et des hommes restés immobiles depuis des millénaires. Et les voilà qui avancent avec des manières de pachydermes, touchant tout ce qui se présente à leurs yeux. La première fois, pourquoi pas ? Mais quand tout se réduit en poussière à la première altération, l’obstination de ces chercheurs qui ne changent pas de méthode n’est pas du tout crédible.
   
   Le côté Harlequin : Du genre «son arbre puissant et majestueux dressé vers le ciel pointait vers la vallée emplie de courbes qui lui faisait face. Après quelques frémissements, il s’enfonça doucement dans la chaleur moite de cette étendue boisée où perlait une fraîche rosée.» Atroce.
   
   Malgré ces critiques, je suis ravie d’avoir enfin découvert ce livre. Un peu agacée ou ennuyée parfois, j’ai trouvé cette histoire intéressante, très différente des livres habituels de science fiction. L’histoire des amoureux traversant le temps tient du mythe, la fin de la tragédie grecque. Sans être parfait, ce roman est agréable à lire et est un classique différent des autres.
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critique par Lou




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J’AI ADORE !!!!
Note :

   (Attention, ce commentaire révèle la fin de l’histoire.)
   
   Une expédition de chercheurs est envoyée au Pole Sud où ils découvrent les restes d'une civilisation, la civilisation des Gondawa, éteinte il y a plus de 900 000 ans. Dans une sphère, se trouvent endormis 2 représentants de cette espèce disparue : Un homme et une femme.
   Réanimée en 1er, Elea éblouit de sa beauté Simon, médecin, qui tombe fou amoureux mais le cœur d'Elea reste fidèle à son grand amour Paikan et donc leur amour impossible.
   
   Dans ce livre, Barjavel dénonce la bêtise humaine car en effet, Gondawa apparaît comme une société paradisiaque mêlant abondance et haute technologie ce qui n'empêchera pas les Gondawa et les Enisorai de se déchirer et d'en arriver à leur propre éradication avec l'utilisation de l'arme solaire. Il en arrive à la conclusion que même si l'humanité détenait la solution à la fin de toutes ses souffrances, sa soif de pouvoir conduirait indéniablement l'homme vers sa propre perte. Tous les efforts des chercheurs à prôner l'unité se retrouvent détruits car ils se rendent compte que les hommes sont «pareils et égaux menacés d'extinction par la bêtise humaine». Ainsi l'histoire se répète, tout comme dans le passé, l'homme étant incapable d'en tirer des leçons !!
   
    Le rayon de soleil vient de l’histoire d’amour entre Elea et Paikan. En effet, l'amour qui unit Eléa et Paikan est exclusif laissant peu de place aux sentiments de Simon qui, néanmoins, lui fait de magnifiques déclarations. Il comprend bien que son amour est impossible. Quant à Eléa, privée de l'amour de Paikan, elle se laisse mourir petit à petit pour finir par s'empoisonner et empoisonner celui qu'elle pense être Coban, l'homme qui a survécu à la place de Paikan. Finalement, Eléa mourra d'amour au coté de Paikan réunis tous les 2 par la mort, leur amour aussi étant impossible.
   
   Ce livre reste à mon sens une grande histoire d'un amour non abouti et c'est justement dans ce non accomplissement qu'elle prend toute sa magnificence. Rien de plus beau qu'un amour impossible!!!! A l'image de Tristan et Iseult qui ne connaitront l'amour que dans la mort. J'AI ADORE !!!

critique par Kattia




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