Lecture / Ecriture
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La Femme coquelicot de Noëlle Châtelet

Noëlle Châtelet
  La Dernière leçon
  La Femme coquelicot
  La dame en bleu

La Femme coquelicot - Noëlle Châtelet

Ah, l’amour.
Note :

   C’est une histoire d’amour, mais une vraie, voyez, une entière, une complète, avec sa très importante partie charnelle, parce que le platonique c’est merveilleux, mais quand on aime vraiment, on a grand besoin de contact.
   
   Ca a commencé par un regard, c’est si traditionnel, non ?
   
   Il dessinait dans un café, elle, elle faisait des mots croisés, il a levé sa tasse de café, l’a inclinée dans sa direction, et l’a bue en la fixant droit dans les yeux. Et elle, elle n’a pas baissé les siens. C’est tout, ça a commencé juste comme ça, mine de rien.
   
   Et puis le lendemain, elle n’avait plus envie de thé. Soudain le café lui faisait envie. Et tout avait l’air plus neuf, plus coloré. Elle se sentait… différente. Et puis ils se sont parlé. Elle, c’est Marthe, lui, c’est Félix. Et puis…
   
   Et puis, lisez-donc la merveilleuse histoire de Marthe et Félix. Vous allez tout reconnaître, et tout revivre à travers eux. Les envier, bien sûr. Et puis vous dire, quand même, si je transpose à truc que je connais, ça fait bizarre, c’est déplacé, non ?
   
   Mais non.
   Marthe a soixante-dix ans, Félix un peu plus. Et ils tombent amoureux, et ils nous touchent beaucoup.
   
   Cent-cinquante pages douces et aériennes.
   ↓

critique par Cuné




* * *



Flower Power
Note :

    Alors que je n’avais pas lu beaucoup de livres sur le sujet, cet été j’ai plongé à deux reprises dans le monde merveilleux des maisons de retraite. J’ai ainsi récemment lu "La Femme Coquelicot" de Noëlle Châtelet. Ce livre aborde la question encore assez taboue de l’amour chez les plus de 70 ans.
   
   Retraitée, veuve, mère de deux enfants et grand-mère, Marthe mène une existence tranquille dans son appartement parisien. Entre thé et infusions – surtout pas de café, cachets et goûters en famille le dimanche, elle s’ennuie après des années de mariage tout aussi assommantes. Un après-midi, elle rencontre Félix dans le café où elle a ses habitudes. Ce vieux monsieur, «l’homme aux mille cache-col», savoure en la regardant un café, dans un moment poétique et sensuel qui marque le début d’une relation tendre et passionnée. Amoureuse pour la première fois, Marthe devient cette femme coquelicot qu’elle aurait pu être sans un mariage raté. Elle s’épanouit, multiplie les petites folies, aime et souffre comme une adolescente. Cette relation change son rapport à la vie: c’est cette évolution qui va servir de fil conducteur à l’histoire.
   
   «Tout est semblable pourtant, mais avec un degré de plus.
   Par exemple, elle met davantage de sel dans ses aliments, laisse se multiplier les rondelles de pain du petit déjeuner, règle à la hausse le son de la radio ou de la télévision. Elle veut amplifier les bruits. Voir éclater les couleurs. Même les objets usuels ont pris une autre épaisseur, une autre tangibilité. Marthe a besoin de sensations plus concrètes, de plus de proximité avec les choses et les gens.»
   «Ce degré, cet échelon, gravi dans les sensations lui permet aussi d’éprouver certains faits de la quotidienneté comme des espèces d’événements. L’automatisme des gestes a fait place à quantité de petits ravissements. » (p15)
   
   « Et Marthe veut brûler, comme avec Rossini et dans son flamboiement. » (p54)
   
   « Et si c’était le désir qu’elle venait de rencontrer dans la rue, le désir coquelicot ? » (p77)

   
   Le roman soulève avec naturel certaines questions comme la sexualité des personnes âgées ou le regard que leurs enfants portent sur elles. C’est aussi une jolie histoire d’amour écrite simplement, un texte assez court agréable à lire. La vieillesse est à mon avis abordée avec plus de spontanéité et moins de clichés que dans "Nous vieillirons ensemble"* et "Ces petites choses"*, deux lectures cependant très sympathiques. Plus centré sur l’intimité des personnages, "La Femme Coquelicot" apporte un regard dépouillé, sobre sur le sujet. Une lecture rafraîchissante, ce qui est plutôt signe de réussite vu le sujet, n’est-ce pas?
   
    Je venais à peine de finir cette lecture lorsque l’adaptation en téléfilm a été diffusée sur France 3. Les deux acteurs parviennent à rendre toute la sensibilité qui émane de leurs personnages mais le téléfilm est à mon avis assez navrant. A part les extraits d’opéra (également un thème récurrent du livre), la musique, déjà rare, est particulièrement mièvre. Quelques changements ont été opérés, ce qui n’apporte à mon avis rien à l’affaire, tandis que le réalisateur ne se réapproprie pas du tout le texte et se contente de transposer maladroitement à l’écran une histoire qui devient tout à fait soporifique. Un parfait téléfilm de grands-mères, réducteur à souhait !
   
   * = fiche sur ce site

critique par Lou




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