Lecture / Ecriture
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Mes bibliothèques de Varlam Chalamov

Varlam Chalamov
  Mes bibliothèques
  Récits de la Kolyma

Varlam Tikhonovitch Chalamov est un écrivain soviétique né en 1907 et décédé en 1982.

Mes bibliothèques - Varlam Chalamov

Les bibliothèques en Russie en ce temps-là
Note :

   Je ne lis pratiquement jamais d’auteurs russes, ils sont impressionnants, j’en ai commencé plusieurs parmi les plus illustres sans jamais parvenir à les terminer.
   
   Voici l’exception, jolie petite parenthèse dans l’œuvre du plus grand écrivain russe ayant écrit sur les camps soviétiques, «Mes bibliothèque» s raconte, par lui-même, la relation aux livres de Varlam Chalamov.
   
   Né en 1907, c’est par Alexandre Dumas qu’il va entrer dans ce monde des livres, ressentir le souffle de la « joie de vivre ». Les périodes terribles de sa vie, ses internements en camps, vont l’en détourner; comment parvenir à s’y intéresser quand les pensées s’organisent en une vingtaine de mots : «lever», «travail», «repas», «pic», «pelle» etc.
   
   Puis c’est Hemingway, bien plus tard, qui lui rouvrira le chemin vers la lecture, pourtant jalonné encore de nombreuses difficultés, dues à l’organisation fantaisiste des bibliothèques russes.
   
   Et il a pour les livres les mots de tous leurs amoureux, ce langage tactile et rempli d’affectif.
   Je trouve ça fascinant.
   
   On n’imagine pas plus éloigné de nous que cette vie-là, dans ces années-là, mais les points communs sont pourtant avérés.
   
   Terrible dernière phrase !
   «Je regrette de n’avoir jamais possédé ma propre bibliothèque. »
   …
    ↓

critique par Cuné




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Un monde qui ne nous trahit jamais
Note :

   Ce tout petit volume dit en quelques cinquante pages l’amour des livres, la passion pour la lecture et la souffrance d’en être privé.
   
   Varlam Chalamov c’est l’homme des "Récits de la Kolyma", l’homme qui a résisté à deux condamnations à la déportation et qui a passé 17 ans de sa vie au Goulag.
   
   Le livre s’ouvre sur un aveu«Je ne me rappelle pas avoir appris à lire et j’ai l’audace de croire que j’ai toujous su.»
   Le ton est donné, et l’auteur nous fait faire le tour des bibliothèques qu’il a fréquentées, les bibliothécaires qu’il a croisés « Maroussia Pétrovna, les joues rouges comme ce n’est pas possible (..) distribuait des livres aux reliures dorées couverts de givre ».
   C’est là qu’il va faire connaissance avec les héros d’Alexandre Dumas et que s’allumera chez lui le goût de la littérature.
   
   Il aura toujours du mal à lire et travailler dans les bibliothèques «Lire en présence d’autrui m’a toujours été désagréable, j’ai presque honte (..) n’est-ce pas troublant? Comme si la lecture était un vice secret.»
   
   «J’ai toujours acheté des livres»
dit-il mais tous furent détruits lors de son arrestation et il confie «Je regrette de n’avoir jamais possédé ma propre bibliothèque» on se sent un peu honteux d’avoir à côté de soi un pile de livres qui nous attendent et Chalamov nous invite à être attentif à la qualité de nos lectures «Nous lisons des milliers de pages imprimées qui ne méritent pas tout ce temps perdu» venant de lui cette mise en garde est de grande valeur.
   
    En déportation il a presque perdu le goût et la faculté de lire et les pages consacrées à cet épisode sont poignantes, heureusement grâce à une femme médecin il va revenir à la lecture «ma protectrice prescrivit de différer ma sortie et m’apporta un livre (..) je lus ce livre avec attention, et je retrouvai le plaisir de lire, d’être captivé par un livre, de pénétrer sans un regard en arrière dans le monde d’un auteur»
   
   C’est un livre magnifique qui, je n’ai pas honte de le dire, m’a fait monter les larmes aux yeux à plusieurs reprises. Il va trouver place à côté de "Gardiens des livres" du même éditeur.
   
   Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque car comme le dit Varlam Chalamov “les livres, c’est un monde qui ne nous trahit jamais”

critique par Dominique




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