Lecture / Ecriture
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La naine de Pierre Magnan

Pierre Magnan
  Le sang des Atrides
  L'Arbre
  Le parme convient à Laviolette
  La maison assassinée
  Les charbonniers de la mort
  La naine
  Chronique d’un château hanté
  Les secrets de Laviolette
  Laure au bout du monde
  Elégie pour Laviolette
  Pour saluer Giono
  Ados: L'enfant qui tuait le temps

* Interview dans la rubrique "Rencontres"

La naine - Pierre Magnan

Sans le commissaire Laviolette …
Note :

   On connait l’attachement, l’amour, de Pierre Magnan pour son pays haut-provençal entre Drôme, Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence. Pratiquement ( ?) tous ses romans sont autant d’occasions de magnifier cette région et ceux qui y ont leurs racines. «La naine» ne fait pas exception.
   
   Il n’est pas forcément simple de situer la ville dans laquelle Pierre Magnan installe son roman ; une petite ville de Provence. D’ailleurs il précise :
   «De même serait-il vain de vouloir juxtaposer une réalité quelconque sur les lieux que je décris. Mon personnage principal dit : “J’avais édifié une ville mythique planant au-dessus de la vraie et c’était en elle que je me consolais.“ C’est exactement ce que j’ai fait. »
   Jean (Jean Chrysostome de son prénom !) a quatorze ans et vit tout le malaise d’un adolescent sur le point de devenir adulte. Il n’est pas beau, pas riche, il est mal dans sa peau …, si la chose est autobiographique, l’adolescence de Pierre Magnan aura été spécialement mal vécue ! Et Jean vit dans une petite ville de Provence, où tout le monde connait tout le monde, où les secrets n’en sont pas. Ça ne rend pas son adolescence plus facile à assumer. Il est employé dans une imprimerie aux basses besognes ; sortir les pots de fleur de la patronne le matin et les rentrer le soir, et autres menues tâches. De considération, point.
   
   Et Jean voit un gros problème surgir à l’aube de ses quatorze ans. C’est le début du roman :
   “Une naine m’a aimé lorsque j’avais quatorze ans.
   Elle mesurait quatre-vingt-huit centimètres de haut. Elle se propulsait sur de grands pieds, ceux-ci s’étant normalement développés. Ses traits étaient mollement sculptés dans une sorte de saindoux livide. On eût dit que, crevant d’ennui, elle s’appuyait trop longtemps, les jours de pluie, contre la vitrine du magasin.
   Son front était plat, ses oreilles larges, son nez écrasé. Elle était pourtant sortie classiquement du ventre de sa mère : la tête d’abord. Mais le volume de cette tête était tel que son passage avait fait s’étouffer la parturiente, morte sur-le-champ, en un seul cri.”

   
   Il est aimé d’une naine, une des figures singulières du village. Le reste sera le lent acheminement de l’adolescent vers la vie amoureuse et l’occasion d’un passage en revue complet des différentes figures du village. Les pouvoirs «maléfiques» de la naine, en cheville avec Mme Sanson, «la maîtresse des ténèbres», conduisent à des drames périphériques. Réalité ou imaginaire de l’adolescence ? Pierre Magnan joue sur ce double registre et en profite pour nous infuser son amour du pays.
   
   Un peu comme un épisode de Laviolette, … Laviolette en moins, et un peu de rigueur en moins aussi m’a-t-il semblé ?

critique par Tistou




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