Lecture / Ecriture
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La Mariée mise à nu de Nikki Gemmell

Nikki Gemmell
  La Mariée mise à nu

La Mariée mise à nu - Nikki Gemmell

Journal intime
Note :

   138 leçons victoriennes à l’usage des femmes correctes, «Dès lors que vous avez grandi, couchez-vous avant dix heures et levez-vous à cinq ou six heures » (j’y suis presque…), « La cruauté constitue en soi sa punition, et c’est bien normal » , etc., voici ce qui débute chaque nouvelle page. Leur contenu, par contre, ne s’y rapporte en rien !
   
   Une narratrice, 36 ans, nous parle d’elle à la deuxième personne du pluriel : sa vie, son job, sa presque-sœur-meilleure-amie, son mari, et quelques autres. On débute par le voyage de noces, qui arrive tardivement dans leur histoire parce que monsieur est très occupé, et qui est confortable. Déjà, l’alchimie sexuelle a cédé la place à une affection reconnaissante, à une intimité apaisante. Et soudain patatras, le monde s’écroule en entendant une conversation téléphonique…
   
   Retour à Londres, vacillement sur les bases, et début d’un cheminement très personnel.
   
   Je tais volontairement - et comme la 4° de couv, très mystérieuse, « Une femme disparaît, laissant derrière elle un journal intime qui relate son mariage au quotidien » - l’histoire que vous allez trouver détaillée partout au sujet de ce livre, ne cherchez pas à en savoir trop par avance.
   
   Prenez le temps, tranquillement, d’accompagner notre héroïne, de la comprendre, d’approuver, de dénier, de vous retrouver en elle parfois.
   
   Soyez juste avertis qu’on y parle de sexe et de fantasmes, mais avec une grande sincérité, qui exclut la vulgarité, et dont le propos n’est absolument pas la pornographie. De plus, il n’est finalement qu’un élément parmi d’autres, dans la vie d’une femme d’aujourd’hui, bien décidée à se trouver.
   
   Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié l’ensemble, la construction, les phrases courtes et incisives et l’honnêteté du propos de Nikki Gemmell.
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critique par Cuné




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La mariée n'était pas en rose
Note :

    La narratrice, une jeune femme de 36 ans, tient son journal. Elle est mariée depuis quelques années à Cole, restaurateur de tableaux anciens et elle semble se satisfaire d'une relation sécurisante mais sexuellement très insatisfaisante. Tout bascule le jour où, en voyage de noces à Marrakech, elle surprend son mari au téléphone avec sa meilleure amie. Elle est persuadée qu'il la trompe et cette révélation va la mener sur le chemin de sa propre réalisation...
   
   Voilà un roman déroutant chers happy few, tant dans sa forme que dans son propos. Présenté comme un journal intime par la mère de la narratrice (dont le prénom ne sera jamais dévoilé), il se compose de très courts chapitres, baptisés "Leçons" et qui portent chacune un titre emprunté à des ouvrages victoriens dont l'auteur donne les références dans la postface. Ces titres n'ont pas forcément de lien direct avec ce qui est raconté dans les leçons, il faut parfois chercher le lien dans l'image ou la métaphore, ce qui donne une impression un peu étrange ; on est dans un décalage, qui se trouve accentué par la narration, puisque la jeune femme se confie en écrivant à la deuxième personne du pluriel : "Vous faites ceci, vous dites cela..." Une fois que l'on s'est habitué à cette narration si particulière, on se retrouve embarqué dans un récit initiatique sexuel.
   
    A 36 ans, la narratrice n'a jamais eu d'orgasme et elle décide de remédier à cet état de fait et de réaliser tous ses fantasmes. On pourrait s'attendre avec un tel parti pris à un récit érotique ou au moins olé-olé mais il n'en est absolument rien : ce n'est pas un récit érotique mais cru, qui dépeint la frustration féminine et la maladresse et l'indifférence masculines. La jeune femme décrit ses expériences, ses blocages et ses envies avec honnêteté et sans fausse pudeur (l'auteur a d'ailleurs publié ce roman une première fois de manière anonyme et elle explique dans la postface qu'elle ne voulait pas être jugée pour ses écrits, ce que je trouve un peu étonnant car il s'agit d'un roman et pas d'une autobiographie). Elle peint un portrait du mariage assez déprimant, dans la mesure où elle a pris la mesure des défauts et des lâchetés de son mari mais elle s'en contente par peur d'affronter l'inconnu, jusqu'à ce que l'amour maternel, souverain et absolu, lui donne le courage de passer à l'acte (même si ce passage à l'acte reste obscur, la fin étant ouverte, mais j'ai bien évidemment mon opinion là-dessus, vous me connaissez, chers happy few).
   
   Au final, c'est un roman un peu étrange, intéressant, au ton décalé mais très juste, que je recommande à celles qui n'ont pas trop d'illusions sur le mariage!

critique par Fashion




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