Lecture / Ecriture
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Les mal famées de Anne-Marie Garat

Anne-Marie Garat
  Dans la main du diable
  Les mal famées
  La rotonde
  Dans la pente du toit
  Nous nous connaissons déjà
  La source

Née à Bordeaux en 1946, Anne-Marie Garat est une romancière française. Elle vit à Paris, où elle a enseigné le cinéma et la photographie.

Elle a obtenu le Prix Femina pour son roman "Aden" en 1992 et le prix Marguerite Audoux pour son roman, "Les mal famées".

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"


Les mal famées - Anne-Marie Garat

"L'insensée en elle avait raison"
Note :

   «Regarde, maman, on dirait du Paul Cézanne!» me dit Tom en regardant l’illustration en couverture (en fait il s’agit de Léon-Pétrus Spillaert, “Toute seule” (détail), 1909). Moi, ébahie, ouah mon fils, un érudit (en même temps, ils viennent de passer un trimestre sur Cézanne en Arts plastiques). Mais n’empêche, voilà pourquoi j’ai acheté “Les mal famées”.
   Et bien m’en a pris.
   
   Lise et Marie s’adoptent, pendant la guerre, alors qu’elles travaillent toutes deux dans une maison bourgeoise. Lise la couturière-gouvernante, 18 ans de solitude, et Marie le cordon-bleu, 50 ans de menton levé et fonce ma fille. Elles s’établissent dans une petite maison, en plein quartier bombardé, la première habitation personnelle de leur vie, la première fois pour plein de choses. Elles expérimentent ce fait si étrange de parler et d’écouter quelqu’un, de tenir une place, d’avoir une importance dans la vie d’une autre. Mais nous sommes en 1942, la faim, le froid, la peur ne se font pas oublier aussi aisément…
   
   «L’envers est inséparable de l’endroit, l’héroïsme est faible. Ce que nous voulons, désirons avec constance, que nous appelons de nos vœux, l’amour, la concorde, la générosité et la satiété, après quoi nous courons, éperdus, époumonés, ne pèse guère en regard de la nécessité de l’instant, âpre, mauvaise et bestiale, quand se présente la question abrupte du besoin. Alors ni mal ni bien ne font l’affaire, pour aider à la décision. On ne choisit rien. Intrépide, ignare, avec exactitude l’instant improvise, il nous élit, au fil du rasoir. Bien plus tard, ensuite, on s’inventera les causes et les justifications, il en faut pour rester debout. Je ne m’approuve ni ne m’absous, l’insensée en moi avait raison.»
   
   On se plonge dans cette histoire d’amitié féminine avec gravité, nous non plus n’approuvons ni n’absolvons, mais nous consentons.
   
    Une histoire âpre et tourmentée, racontée sur le fil et sans bavure.

critique par Cuné




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