Lecture / Ecriture
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Accès direct à la plage de Jean-Philippe Blondel

Jean-Philippe Blondel
  Un minuscule inventaire
  1979
  Le passage du gué
  Juke Box
  Accès direct à la plage
  This is not a love song
  Le baby-sitter
  G229
  Et rester vivant
  06h41
  Un hiver à Paris
  La mise à nu
  Dancers

Jean-Philippe Blondel (né en 1964) est un écrivain français. Il enseigne également l'anglais en lycée.

Accès direct à la plage - Jean-Philippe Blondel

Destinées de vacances…
Note :

   «Accès direct à la plage» est le deuxième roman de Jean-Philippe Blondel que je lis et je ne suis absolument pas déçue. J’ai retrouvé exactement la même ambiance que dans «1979», les révélations et les confidences de personnages qui se côtoient, mais cette fois-ci, pendant les vacances…
   
   Ce roman s’étale de 1972 à 2002, de décennie en décennie, en passant par Capbreton, Hyères, Perros-Guirec et Arromanches. Nous faisons la connaissance de plusieurs familles, des habitués de location et de plage, mais surtout nous suivons l’évolution des situations qu’ils nous exposent… Nous participons à leur vie, partageons leurs soucis et les grands bouleversements que provoquent ces vacances…
   
   Chaque chapitre nous fait partager l’intimité d’un personnage et s’il est assez complexe de s’en sortir au début et de resituer le nom par rapport au contexte, l’exercice devient rapidement amusant (en ce qui me concerne en tout cas). J’ai également beaucoup apprécié le fait de suivre d’abord les vacances des parents (avec leurs problèmes d’adultes) et celles de leurs jeunes enfants, puis voir les répercussions d’années en années, les enfants qui grandissent, qui deviennent des adultes à leur tour, les séparations des parents que les enfants avaient pressenties depuis longtemps…
   
   Le ton de ce roman reste le même que dans «1979», assez fataliste, réaliste, parfois dur, mais tellement vrai. Les protagonistes de ce petit livre vont se croiser et se recroiser sans s’en rendre compte et leurs actes passés ne resteront pas sans conséquence…
   
   J’ai beaucoup apprécié le dernier petit chapitre intitulé «Documents joints» qui donne une véritable note de réalisme et surtout qui nous réserve quelques petites surprises… mais je ne vous en dis pas plus.
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critique par Mme Patch




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Les vacanciers
Note :

   De 1972 à 2002, de la côte Atlantique à la Bretagne en passant par la Méditerranée, des personnages se croisent, s'aiment (ou pas), vieillissent, et se retrouvent toujours, d'une manière ou d'une autre, le temps d'une location, le temps d'un été.
   
   Accès direct à la plage est le premier roman de Jean-Philippe Blondel, chers happy few, et il m'a beaucoup plu (le roman, hein, entendons-nous bien) (encore que le monsieur en question a l'air charmant aussi, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit).
   
   La construction, particulière, est maîtrisée de bout en bout: le roman est divisé en 4 parties (1972, 1982, 1992, 2002) et chaque partie est prise en charge par 5 narrateurs différents qui en assurent chacun un court chapitre. C'est le même narrateur, Philippe Avril, qui ouvre et clôt le roman à 30 ans d'intervalle. Ce procédé est intéressant et particulièrement efficace, certainement parce qu'il ne sent pas le procédé: loin d'être artificielle, cette construction sert une histoire qui se met en place par petits bouts, comme ces histoires que l'on vit en vacances et qui semblent suspendues le reste de l'année. Les voisins de location ne savent des autres que ce qu'ils veulent bien leur montrer et parfois la donne peut totalement changer d'une année sur l'autre, alors en 10 ans... tout est possible.
   
    La grande force du roman réside dans le traitement des personnages: par petites touches, l'air de rien, ils révèlent dans leurs petites histoires leur mesquinerie, leurs secrets, leurs tourments et leurs mensonges, car il faut bien reconnaître que l'humanité dépeinte par Blondel n'est guère reluisante, allant du pire (Julien Cami) à l'ordure (Pascal Maître) en passant par toute une galerie de (plus ou moins) ratés. Heureusement, il y a ceux qui, malgré leurs défauts sont attachants, les femmes plus que les hommes: elles courbent l'échine, elles pardonnent, elles divorcent, elles portent le deuil, elles pleurent, mais elles survivent. Dignement. Une belle réussite!
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critique par Fashion




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Les prémices
Note :

   Quatre plages différentes. A quatre époques différentes. Et des personnages qui découvrent ces lieux, qui y vient des expériences parfois fondatrices, parfois funestes, et qui finissent par se retrouver, par hasard, au détour du destin de leur vie.
   
   "Accès direct à la plage" est un roman difficile à résumer. Le fait qu'il soit composé de vingt chapitres, avec presque un intervenant différent à chaque fois, rend cette tâche compliquée. Mais le plaisir est loin d'être absent, car l'une des forces de Jean-Philippe Blondel est d'emmener le lecteur, de donner envie de le suivre. Le lecteur ne sait pas trop dans quelle direction il va dans ce roman, mais Jean-Philippe Blondel donne envie d'y aller avec lui.
   
   Les situations rencontrées sont très différentes. A Capbreton, on rencontre un jeune garçon qui rêve du Club Mickey installé sur la plage, un homme volontiers grossier, une femme qui cherche à cacher son identité. A Hyères, la tonalité est plus tragique, avec un lieu que les protagonistes trouvent moins attirant et un événement qui tranche avec le cadre bucolique des vacances à la mer. A Perros-Guirec, on découvre une pension de famille, où les liens commencent à se tisser, les histoires à s'enchevêtrer. Finalement, tout cela se dénoue partiellement à Arromanche, où les trajectoires individuelles prennent leur sens dans cette trame collective.
   
   C'est un court opus de Blondel, le premier qu'il a publié. Quelques années après sa parution, et si l'auteur a depuis écrit des oeuvres plus consistantes, ce premier ouvrage permet de sentir les prémices d'une écriture intéressante et riche, qui sera heureusement confirmée par la suite. Ce n'est pas forcément le livre à lire en vacances au bord de la mer, mais c'est une approche intéressante sur le collectif et les individus, sur la façon dont les histoires s'imbriquent, souvent de manière involontaire. A découvrir si l'occasion se présente.

critique par Yohan




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