Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Dick Contino’s blues de James Ellroy   

James Ellroy
  Underworld USA, T1 - American tabloïd
  Le dahlia noir
  Dick Contino’s blues
  Destination morgue
  Brown's Requiem
  Un tueur sur la route

Dick Contino’s blues - James Ellroy

Littérature noire
Note :

   Nouvelles
   
   Noir de chez noir. Le style, les préoccupations de James Ellroy, l’agencement de ses polars ; tout est noir.
   «Dick Contino’s blues» a été publié avec cinq autres nouvelles. Pour ma part je n’ai «lu» (écouté en réalité) que cette très grosse nouvelle qu’est «Dick Contino’s blues». Je ne parlerai donc que d’elle.
   
   Déjà le concept est curieux. Dick Contino existerait réellement, c’est ce que prétend James Ellroy dès l’ouverture de son roman et il semblerait que ce soit vrai. Partant de là, deux options : James Ellroy s’est contenté de relater son histoire ou bien celle-ci n’a été qu’un support à son imagination, féconde ?
   La dernière phrase du roman se veut explicite :
   «Ce mémoire est vrai du premier mot jusqu’au dernier.» Fermez le ban. Vrai ?
   
   Dick Contino est un jeune américain qui a de l’or au bout des doigts : c’est un artiste de l’accordéon. Progressivement une belle carrière s’ouvre devant lui quand il est appelé pour la guerre, en Corée en 1951. Là, l’image de l’idole se brouille puisque Dick Contino, confronté à une peur irrépressible, se sauve, déserte et acquiert ainsi une réputation de lâche qui va le poursuivre et tuer sa carrière d’artiste dans l’oeuf. Il fera pourtant la guerre mais la tâche est indélébile. A son retour à la vie civile, il est sans cesse confronté à cette réputation de lâche et il ne voit plus qu’un moyen de s’en sortir.
   
   Ce moyen est le ressort du polar proprement dit. Disons que ce moyen est à l’image de Dick Contino ; à la marge, «artiste» ! Ca pourrait finir très mal. Ca finira sans trop de dommages et c’est ce qui me fait douter de la véracité de l’histoire. (serai-je désillusionné ? !)
   
   L’intérêt réside davantage dans l’écriture, le style de James Ellroy. Il vous prend à la gorge, vous étouffe, vous secoue dans tous les sens et ne vous lache plus. Pas de fioritures, pas de beaux sentiments. Du direct, du «rentre-dedans» et de la boue ; de celle qu’on trouve dans les bas-fonds. En cela l’oeuvre de James Ellroy dépasse largement la notion de polar classique. Et puis, Ellroy a des choses à exorciser, dont il parle dans beaucoup de ses romans : la mort violente de sa mère quand il avait dix ans.

critique par Tistou




* * *