Lecture / Ecriture
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Dans la marche du temps de Daniel Rondeau

Daniel Rondeau
  Dans la marche du temps

Dans la marche du temps - Daniel Rondeau

Petites et Grande Histoire
Note :

   La vie est remplie de coïncidences : alors que je bataillais pour venir à bout de cet imposant pavé, quelqu’un m’a dit un soir, et à propos de tout autre chose, «ça fait partie de la lecture, aussi, de s’ennuyer dans un livre.» Et le roman que je sélectionne pour suivre celui-ci parle aussi de cheveux de feu. Tout résonne dans tout…
   
   C’est un peu le propos de Daniel Rondeau, dans sa mise en résonance de deux vies, le long d’un siècle.
   
   Pierre Perrignon, le père, né en 1900 en Champagne. Augustin, son fils, né à la fin de la seconde guerre mondiale, à côté de Buchenwald. Ils ne se connaissent pas, n’ont rien su l’un de l’autre pendant la majeure partie de leur existence. Puis c’est la rencontre, et à rebours, nous partageons quelques épisodes marquants, de ceux qui les ont construits, à travers les grands mouvements sociaux et politiques du 20° siècle.
   C’est un roman ambitieux, et qui en a les moyens.
   
   L’angle en est toujours le point de vue des deux protagonistes, et à travers eux, on souffre, beaucoup, mais on se trompe aussi énormément, parce qu’on n’appréhende pas l’ensemble de la situation. Vous n’aurez pas ici d’explication didactique du communisme, ou une quelconque réflexion sur l’exode, par exemple. Mais vous rédigerez vos rapports minutieux, ou vous partagerez un vélo pour fuir.
   
   Vous trouverez parfois le style commun et plat, pour vous sentir soulevé juste après par la justesse d’une description, par l’émotion dure et sèche d’un paragraphe entier.
   C’est tout cela, ce roman, une construction longue et minutieuse, sur des pages et des pages, de ce qui a fait la vie de deux hommes, au XX° siècle. Et donc forcément, c’est ennuyeux par moments. Et puis aussi tendre, terrible, sexuel, (c’est curieux, quand même, de retrouver plusieurs fois des personnages de femmes qui se parfument le cul, pas courant-courant…), amusant, (pas souvent non plus), etc.
   
   Mais par contre, c’est foncièrement une lecture au long cours, qui ne se dévore pas en quelques petits jours. Et ne pas sauter de passages, tout est nécessaire à la compréhension (oui j’ai tenté la feinte. Résultat, m’a fallu retourner en arrière parce qu’il me manquait une explication. Donc double lecture, pas malin.)
   
   L’ensemble manque d’émotion, à mon goût. Et pourtant, je ne regrette absolument pas le temps que je lui ai consacré.
   
   Avis aux amateurs…

critique par Cuné




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