Lecture / Ecriture
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La littérature en péril de Tzvetan Todorov

Tzvetan Todorov
  La littérature en péril
  Eloge du quotidien - essai sur la peinture hollandaise au 17eme siècle
  Le Triomphe de l'artiste

Tzvetan Todorov, né le 1 mars 1939 à Sofia, est un essayiste, philosophe et historien français d'origine bulgare. Il est mort le 7 février 2017.

La littérature en péril - Tzvetan Todorov

Un petit coup de mou? Lisez-donc Tzvetan Todorov!
Note :

   Historien et essayiste, Tzvetan Todorov nous livre ici, de façon très synthétique et parfaitement facile à suivre, ses réflexions sur les façons d’appréhender la littérature au fil des siècles, et agite la sonnette d’alarme quant au traitement qui lui est réservé dans nos collèges et lycées. Avant tout lecteur amoureux, ces trop courtes 90 pages sont un baume et un plaisir pour nous, lecteurs ordinaires, mais passionnés.
   Par exemple :
   “Dès le 18° siècle, Kant dans la Critique de la faculté de juger, influencera toute la réflexion contemporaine sur l’art, en maintenant toujours cette double perspective : le beau est désintéressé, en même temps il est un symbole de la moralité. Le beau ne peut être établi objectivement, puisqu’il provient d’un jugement de goût et réside donc dans la subjectivité des lecteurs ou des spectateurs ; mais il peut être reconnu à l’harmonie des éléments de l’œuvre et faire l’objet d’un consensus.”
   Ou encore :
   “Désormais, un abîme se creuse entre littérature de masse, production populaire en prise directe avec la vie quotidienne de ses lecteurs ; et littérature d’élite, lue par les professionnels – critiques, professeurs, écrivains – qui ne s’intéressent qu’aux seules prouesses techniques de ses créateurs. D’un côté le succès commercial, de l’autre les qualités purement artistiques. Tout se passe comme si l’incompatibilité des deux allait de soi, au point que l’accueil favorable réservé à un livre par un grand nombre de lecteurs devient le signe de sa défaillance sur le plan de l’art et provoque le mépris ou le silence de la critique.”
   
   Je pourrais en recopier ainsi des pages et des pages, c’est évidemment consolant et porteur d’espoir, de voir des mots se poser sur le mépris ambiant d’un certain milieu, et agréer ce qu’on pense déjà soi-même si fort et si souvent.
   
   Et il n’est guère étonnant d’en lire l’éloge d’Hubert Nyssen, tant on peut trouver dans ses propres essais et carnets, les mêmes encouragements.
   
   J’avoue être assez dépassée par l’interprétation de cet essai que je lis dans Télérama, mais bon…
   “Le lecteur ordinaire, qui continue de chercher dans les œuvres qu’il lit de quoi donner sens à sa vie, a raison contre les professeurs, critiques et écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d’elle-même, ou qu’elle n’enseigne que le désespoir.”
   
   Qu’on se le dise !
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critique par Cuné




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Pistes de réflexion
Note :

    Constatant que les programmes des études littéraires en France font la part belle aux outils dont elles se servent plus qu'au contenu des dites œuvres, Todorov s'intéresse aux méthodes utilisées dans d'autres disciplines, et parcourt l'histoire pour comprendre comment tout cela a dévié de son cours de départ. Il n'est pas question de jeter le bébé avec l'eau du bain, mais de ne pas confondre la fin et les moyens. On s'amusera à retrouver ces conceptions dans la littérature contemporaine, parfois tentée par le formalisme, le nihilisme ou du solipsisme (une des variantes étant l'auto-fiction).
   
    "La littérature peut tout. Elle peut nous tendre la main quand nous sommes profondément déprimé, nous conduire vers le autres êtres humains autour de nous, nous faire mieux comprendre le monde et nous aider à vivre. (...)
    Le lecteur ordinaire, qui continue de chercher dans les œuvres qu'il lit de quoi donner sens à sa vie, a raison contre les professeurs, critiques ou écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d'elle-même, ou qu'elle n'enseigne que le désespoir."

   
   Ce petit livre (90 pages fort accessibles, mais riches et denses) est une ode à la littérature et réjouira le lecteur ordinaire en le conduisant sur des pistes de réflexion.

critique par Keisha




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