Lecture / Ecriture
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Une nuit à la bibliothèque de Jean-Christophe Bailly

Jean-Christophe Bailly
  Une nuit à la bibliothèque
  La légende dispersée, anthologie du romantisme allemand

Une nuit à la bibliothèque - Jean-Christophe Bailly

2 micro-pièces
Note :

   Plaisant, mais non, pas bouleversant, malgré quelques très belles phrases et belles pensées bien tournées.
   
   Nous avons ici un théâtre de lieu, c'est-à-dire que ces performances sont liées à un endroit et ne peuvent être données à voir que là. Il s’agit, pour la première d’un lieu générique : une bibliothèque, pratiquement n’importe quelle bibliothèque peut convenir. Pour la seconde d’un lieu spécifique, ici, la Fondation Magani-Rocca , dans le nord de l’Italie. Ce qui réduit considérablement les prestations, on ne peut le nier, et sans doute la portée de l’œuvre.
   
   Pour la première (Une nuit à la bibliothèque), l’idée est simple : des acteurs représentent quelques livres qui, comme toutes les nuits, sont sortis de leurs rayons et se rencontrent et discutent. Les spectateurs sont assis aux tables de lecture de la salle. Les livres se voient comme le dépôt du réel, “du temps figé et qui tremble.” et soulignent leur pérennité supérieure à celle de la réalité : “Mais alors ce qui n’a jamais existé peut avoir une trace. Tandis que ce qui a vraiment existé peut disparaître…” ».
   
   Les livres, bien sûr, parlent aussi des lecteurs (nous parlons bien d’eux). Ils se plaisent à se rappeler les cas les plus frappants de lecteurs maniaques ou fous qu’il leur a été donné de rencontrer.
   
   Rien de tout cela n’est ni stupide, ni inculte, de là à dire qu’on y trouve des ou même une seule idée nouvelle… Je ne peux pas franchir ce pas.
   
   Rien de tout cela n’est franchement désagréable, mais sans doute m’ennuierai-je beaucoup à ce genre de spectacle s’il n’était pas très court. Et de là à dire que l’on ne regrette pas son déplacement… cela dépend si on aime sortir le soir.
   
   La seconde pièce : “Fuochi sparsi” ne peut donc être jouée que dans les murs de la fondation, Magani-Rocca, face à quelques tableaux (sans doute les vedettes de ce musée) : La Star : un Goya.
   Je conseille de se procurer, ne serait-ce que sur le net, une reproduction de ce dernier tableau (Vous la trouverez sous le titre «La famille de l’infante») car celle du livre est minuscule et en noir et blanc. Elle est nécessaire à la compréhension du texte.
   De même, il vaut mieux savoir un peu à quoi ressemblent les natures mortes de Giorgio Morandi car on en parle ici.
   
   Pour le reste, cette fois, les spectateurs sont traités comme un groupe de visiteurs. Les comédiens sont des guides qui les mènent de l’entrée à la sortie en faisant semblant que cette promenade a quelque chose de clandestin (on appréciera) et ils sont bien évidemment susceptibles de rencontrer un personnage d’un tableau… (qui s’en étonnera ?)
   Pour ma part je crois que je préférerais admirer ces œuvres de jour et tranquillement et pour répondre à votre question, il me semble que non, je n’apprécie pas trop le théâtre de lieu.
   
    Mais non. Je suis injuste, ce n’est pas tant le théâtre de lieu que je n’apprécie pas. Ça, il me semble que je pourrais m’y faire. Je crains que ce soit la banalité.

critique par Sibylline




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