Lecture / Ecriture
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La cité des amants perdus de Nadeem Aslam

Nadeem Aslam
  La cité des amants perdus
  Le jardin de l'aveugle

Nadeem Aslam, est né au Pakistan en 1966. Il a quatorze ans, lorsque sa famille, fuyant le régime du général Zia, s’installe en Angleterre. Après des études à l'université de Manchester, il se consacre à l'écriture. Son œuvre est publiée dans plus de dix pays.
(Source éditeur)

La cité des amants perdus - Nadeem Aslam

Immigration
Note :

   "Souviens-toi de l'histoire du chien à qui un autre demande pourquoi il s'est enfui d'une maison où on lui donnait de la viande tous les jours et qui répond : "Ils me donnaient de la viande, c'est vrai, mais ils m'interdisaient d'aboyer".
   
   Shamas a quitté le Pakistan à l'âge de 25 ans. Maintenant âgé de 65 ans, il accueille comme chaque année depuis qu'il est arrivé en Angleterre la première neige de la saison en sortant sur le pas de sa porte et en tendant les bras pour recevoir les flocons sur sa main. Sa femme Kautab ne s'est jamais bien intégrée et elle s'entend mal avec ses trois enfants dont elle ne partage pas toujours les convictions ni les façons de vivre. Malgré le temps qui passe, elle conserve "le mal du pays".
   
   Le frère cadet de Shamas, Jugnu, âgé de 50 ans et son amie Chanda ont disparu depuis 5 mois. La police a baptisé "Opération ivoire" son enquête sur la disparition de ce couple. Différentes rumeurs circulent et on se demande s'ils sont encore vivants, en fuite ou en fugue ou s'ils ont tous simplement été assassinés pour être considérés par la famille de Chanda comme vivants dans le péché car cohabitants sans être mariés. Les frères de Chanda sont d'ailleurs arrêtés et accusés du double meurtre.
   
   C'est ce drame qui sous tend cette magnifique histoire, avec une très belle écriture, très poétique. Ce superbe roman analyse de façon très pertinente les difficultés d'intégration et les différences de culture qui peuvent exister, notamment entre la vie en Angleterre et au Pakistan. Il montre la difficile coexistence des différentes religions -hindous, musulmans, sikhs se côtoient- et raconte l'histoire malheureuse de cette famille, parmi laquelle Kiran, dont le prénom signifie "rayon de lumière", amoureuse du frère de Kautab, et qui a vu son mariage empêché pour toutes ces raisons.
   
   Un très beau récit, intelligent.

critique par Clochette




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