Lecture / Ecriture
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Triste vie de Li Chi

Li Chi
  Triste vie
  Soleil levant
  Le show de la vie
  Trouée dans les nuages

Auteur Chinoise née en 1957. Elle a exercé la médecine pendant longtemps.
Elle est diplômée en Langue et littérature chinoises de l’Université de Wuhan, sa ville natale.

Triste vie - Li Chi

Vie quotidienne à Pékin
Note :

   Ce court roman (une centaine de pages), nous amène à suivre une journée de la vie d’un couple moderne et un livre ne peut pas mieux mériter son titre que celui-ci, car c’est vraiment une triste vie que celle que doivent mener les jeunes chinois urbains.
   
   Nos héros ont un fils, Leilei, qui est la prunelle de leurs yeux et pour lequel ils sacrifient le peu de liberté et de bien être qu’il pourrait encore leur rester. Pourtant, déjà, le père sent que ce fils encore si jeune, évoluera dans un sens qui ne sera pas celui dont il aurait rêvé.
   
   Le jeune père, c’est Yin, il travaille en usine où il passe toute la journée dans des conditions nerveusement très éprouvantes et psychologiquement totalement insatisfaisantes, pour un salaire de misère qui ne leur permet aucun superflu. Les trajets domicile-crèche-usine-crèche-domicile sont très longs et épuisants.
   
   La mère, travaille également, mais pas aux mêmes horaires et c’est avec son époux que nous passons la journée. Elle apparaît donc à l’arrière plan. Elle est assez acariâtre, amère, déçue, frustrée, inquiète par les dures conditions de vie qui sont les siennes. Pour tout logement, ils ont à eux trois une pièce minuscule dans un immeuble où cuisine, salle de bains et toilettes sont communautaires. Les prix de la nourriture et les faibles salaires font qu’à tout repas familial, la conversation en vient à rouler sur les prix des aliments qu’on a pu ou non obtenir.
   
   Le père, on le verra, et rien ne donne à penser qu’il n’en est pas de même pour la mère, croise au dehors des opportunités sentimentales qui sont à sa portée et le tentent d’abandonner femme et enfant pour tenter une vie moins désespérante. Aujourd’hui, il y résiste. La misère partagée et les coups durs affrontés ensemble les unit encore, mais pour combien de temps et en fait quoi qu’ils fassent, quelle amélioration peuvent-ils espérer ?
   
   Oui, une triste vie. Triste ? Désespérante.
   
   Par contre, une écriture pas particulièrement remarquable à mon avis. Plus outil de transmission qu’objet d’art elle-même. Peu de charme. Je ne sais pas ce que l’on doit à la traduction.
    ↓

critique par Sibylline




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Des ponts entre les êtres
Note :

    La vie évoquée dans ce récit de 102 pages est celle d’une journée ordinaire vécue au quotidien, à Wuhan, une grande ville de la Chine actuelle, par le jeune Yin, un trentenaire très modeste qui essaie d’être tout à la fois: bon mari d’une femme acariâtre jamais contente, bon père d’un fils unique de quatre ans, turbulent et envahissant, bon ouvrier enfin dans une usine où rien n’est stable et où les licenciements menacent à tout instant. 
   Sa vie est dure à cause du plus gros point noir de son existence: son logement beaucoup trop petit et trop éloigné de son travail. Il se lève chaque matin à cinq heures pour ne rentrer que très tard le soir, épuisé par le travail et les transports.
   
   Cependant la lecture de ce court roman est d’autant plus agréable que, une fois posée la dure réalité quotidienne de cet homme sensible et courageux, il n’est plus question que de ce qui embellit sa vie malgré tout et là, c’est un enchantement car Yin est très sociable et attachant et les jeunes femmes sont attirées par lui. Ses rapports avec son fils sont délicieux bien que souvent maladroits. Surtout il garde toujours l’espoir d’un avenir meilleur: un appartement plus grand et ce serait le bonheur! Enfin, quand rien ne va plus dans la journée, il se souvient des bons moments de son existence passée: ses nombreux amis dont certains lui écrivent encore, ses petites fiancées dont il garde la nostalgie… Bref, c’est un héros positif et très touchant que nous présente ici l’auteur Chi Li dont j’ai déjà bien aimé un autre livre: «Trouée dans les nuages». Elle a le don de raconter des vies apparemment insignifiantes en y ajoutant une sorte d’ironie tendre et amusée qui me séduit. 
   Elle-même est née dans cette ville où elle a été médecin pendant de nombreuses années avant de devenir l’écrivain célèbre qu’elle est désormais dans son pays où ses livres sont très lus.
   
   Une lecture très agréable! 
   
   En savoir plus :
   
   * Wuhan, un des trois grands ensembles urbains de Chine, étend ses dix millions d'habitants sur les deux rives du fleuve Yangzi. Cette ville est un «personnage» important de la plupart de ses romans.
   
   * «Triste vie», refusé trois fois tout d’abord, a connu par la suite un succès très rapide. C’est son premier roman traduit en Français
   
   * Chi Li écrit toujours de courts romans de grande portée.
   «Mon principe consiste à décrire la réalité dans tout ce qu'elle a de vivant et d'attachant. Je m'attache à mettre en images l'existence de certains de mes contemporains et à offrir ces tableaux au public, il s'établit alors un pont entre les êtres et c'est là tout le but de ma création».

critique par Mango




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