Lecture / Ecriture
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Chambre 411 de Simona Vinci

Simona Vinci
  Chambre 411

Chambre 411 - Simona Vinci

La vérité toute nue!
Note :

   Romancière italienne née à Milan en 1970. Il me semble avoir lu d'elle "Où sont les enfants" qui ne m'avait pas laissé un très bon souvenir. Donc je fais une seconde tentative, avec ce court roman à la belle, mais suggestive couverture.
   
   Quel mal peut faire la lecture d'une lettre? C'est la question que pose une femme qui écrit à un amant qu'elle a quitté. Ils venaient de passer deux jours et deux nuits dans une chambre d'hôtel romaine. Ils pensaient en fermant la porte de cette chambre que les beaux jours étaient devant eux?
   
   Il y a plusieurs mois qu'ils correspondent, ils se sont déjà vus chez elle, dans la maison qu'elle avait habitée avec un autre homme.
   
   Ils se sont également vus chez lui et chez sa mère à lui, femme très dure.
   
   N'habitant pas la même ville, leurs rencontres ont un caractère furtif, presque clandestin.
   
   Elle se raconte, sa jeunesse, la transformation de son corps, avec cette phrase,
   
   - "Mes seins sont ce que mon corps a de plus laid".
   
   Son travail où elle voyage beaucoup, sa vie de chambre d'hôtel en chambre d'hôtel
   
   Son passé amoureux, son chagrin à l'âge de seize ans et sa décision de se servir des hommes, sa profonde blessure jamais réellement refermée.
   
   Elle paraissant être une maîtresse femme, sa vie est une suite d'hommes et de chambres d'hôtel. Mais pour sa quête de l'amour, elle pense enfin qu'elle a pris fin!
   
   Lui, écrivain ascète, se nourrissant sans plus, mais capable de goinfrerie, ne buvant pas, mais un vice plus caché le hante.
   
   Des hommes et des femmes passent dans les souvenirs de la femme, dans cette lettre long monologue sur l'amour et le sexe.
   
   La recherche de l'âme soeur comme disent les romans, mais quelle est la vraie place de l'âme dans une vie de couple?
   
   Une remarque, si nous Messieurs sortons du "Train de 5h 10" et nous précipitons dans "La chambre 411" et que la partenaire féminine n'est pas la même, il y a de quoi se sentir un peu mâle!
   
   La quatrième de couverture parle d’"Entomologiste du sentiment amoureux", il y a du vrai. Dans cette description d'une liaison, l'auteur compare le sentiment amoureux et sa fragilité avec la force tranquille des monuments romains, faits eux pour durer.
   
   Une lecture agréable, qui ne sera pas le livre de l'année. Mais il faudra que je trouve le temps de relire "Où sont les enfants" pour retrouver ce qui ne m'avait pas plu dans ce livre.
   
   A noter la place importante de la littérature dans ce livre avec des citations de Chateaubriand, Genet et Simenon, Philip Larkin entre autres.
   
   Extraits:
   - Et chaque fois, on se réinvente une première fois.
   
   - C'est le moment le plus terrifiant de toute rencontre amoureuse. Qu'elle dure une seule nuit ou de nombreuses années, le début est toujours effrayant.
   
   - C'est une histoire qui n'a pas encore eu lieu.
   
   - C'est ça, le sexe : un espace vide, une pièce impersonnelle dans une ville inconnue.
   
   - Nous sommes deux personnes destinées à devenir des amants. C'est évident.
   
   - Devant nos parents, surtout devant notre mère nous redevenons tous des enfants, même à quarante ans.
   
   - Sers-toi de moi, t'avais-je dit la première nuit et celles qui ont suivi.
   
   - Nous payons tous, et nous payons avec mépris.
   
   - L'alternance pourrait tous nous sauver.
   
   - Mais sur chaque amour pèse le désir d'absolu, d'un temps unique, commun.

critique par Eireann Yvon




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