Lecture / Ecriture
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Un cœur faible de Fedor Michaïlovich Dostoievski

Fedor Michaïlovich Dostoievski
  Un cœur faible
  Monsieur Prokhartchine
  Crime et Châtiment
  Le joueur
  Les nuits blanches
  Le petit héros
  Le rêve d'un homme ridicule
  Le Double
  L'idiot
  Les Pauvres Gens
  Le sous-sol ou Les Carnets du sous-sol
  Souvenirs de la maison des morts
  Le Moujik Mareï - Le Garçon à la menotte
  Le Crocodile

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski (Фёдор Михайлович Достоевский) est un écrivain russe, né à Moscou en 1821 et mort à Saint-Pétersbourg en 1881.


Ils ont écrit sur lui:

Joseph Frank
George Steiner

Un cœur faible - Fedor Michaïlovich Dostoievski

Trop de bonheur !
Note :

   Quels conteurs, ces Russes! Moi qui aime tant qu'on me raconte des histoires, je me suis régalée. Ici, les personnages sont assez peu nombreux pour que j'aie pu éviter de me perdre dans leurs noms divers (raison pour laquelle j'abandonne d'ordinaire les romans russes)
   
   Quant au récit, aujourd'hui, on appellerait cela une « névrose d'échec », mais on le raconterait peut-être moins bien ; et est-ce qu'on le comprendrait mieux? Oui, sans doute. Mais est-ce qu'on le « ressentirait » mieux ? Sans doute pas. Il est d'une telle finesse, ce Dostoïevski, d'une telle habileté dans la peinture des scènes et des sentiments!
   
   C'est une vraiment très belle histoire et très humaine. Quelle misère que celle, non dite, de cet homme qui ne peut faire face à un bonheur somme toute bien modeste.
    ↓

critique par Sibylline




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Un coeur brisé par la joie
Note :

   Oui, c'est une histoire toute simple, et pourtant poignante que celle de Vassia Choumkov, qui devient fou de trop de bonheur, sous les yeux de son meilleur ami, impuissant et désespéré. Et Dostoïevski a trouvé des mots profondément justes et touchants pour nous dépeindre - mieux, nous donner à éprouver - les sentiments des deux hommes. L'exaltation et le bonheur débordant de Vassia lorsqu'il annonce ses fiançailles à son ami Arkadi Néfédévitch, et puis sa tristesse soudaine. La joie d'Arkadi, suivie de cet obscur pressentiment qui le pousse à considérer "déjà comme un malheur ce qui n'était, à l'évidence, que de petits désagréments domestiques, des choses, au fond, de rien du tout." et enfin de la réalisation du désastre.
   
   Oui, vraiment, c'est un livre profondément juste et humain que ce petit livre-là!
   ↓

critique par Fée Carabine




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Sentiments forts
Note :

   J’avance doucement dans ma lecture des œuvres de Dostoïevski et en particulier des petits récits et nouvelles qui sont regroupés par date de publication dans l’édition Actes Sud. J’avais aimé sa nouvelle "Le Moujik Mareï" et je viens de repiquer avec Un cœur faible.
   
   Arkadi Ivanovitch Néfédévitch et Vassia Choumkov travaillent comme copistes et vivent ensemble dans un tout petit logement. Ils sont amis depuis longtemps.
   
   Tout s’accélère quand Vassia tombe amoureux de Lisanka Artémiev. Vassia se sent indigne du bonheur qui lui échoit. Il déborde de joie, il est sous l’emprise totale de cet amour et les aspects matériels apparaissent comme très secondaires. Ses revenus sont faibles mais il a un bienfaiteur qui lui fournit régulièrement des travaux supplémentaires : Ioulian Mastakovitch, bien sûr celui-ci est exigeant et il s’agit de rentre le travail dans les délais sinon...
   
   "J’ai le cœur tellement plein, mais plein! Arkacha ! Je suis indigne de ce bonheur ! Je le sens, je le pressens."
   

   Arkadi est heureux pour lui mais un peu inquiet. Vassia est pris d’une douce folie qui le pousse à oublier la tâche à accomplir.
   
   Le retard devient énorme, Vassia a maintenant 21 jours de retard dans son travail. Et soudain tout tourne au cauchemar, la folie s’empare de lui, il va décevoir son bienfaiteur, il va être puni, il va devoir partir au service militaire, il va ... il va....
   
   Le récit est rythmé par la passion et la folie, Dostoïeski sait parfaitement rendre cette excitation par des dialogues hachés, tronqués. Il fait monter l’angoisse chez le lecteur qui s’interroge
   
   "Comment pourrait-on devenir fou par reconnaissance ?"

   
   Il mêle reconnaissance et haine, angoisse et joie.
   
   Dostoïevski s’est semble t-il inspiré d’un fait réel qu’il avait jugé choquant et qu’il a transposé. Un homme né serf, racheté par une association de bienfaisance mais maintenu dans la misère et l’exploitation par son bienfaiteur avec la menace de voir son exemption de service militaire (20 ans de service !) supprimée.
   
   J’ai aimé cette nouvelle qui mélange le rire et la crainte, la folie et l’amour.

critique par Dominique




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