Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Tempête de glace de Rick Moody

Rick Moody
  Tempête de glace
  A la recherche du voile noir
  Le script
  Purple America

Rick Moody est un écrivain américain né en 1961 à New York.

Tempête de glace - Rick Moody

Coup de froid
Note :

   J'ai lu il y a maintenant quelques années "Démonologie", un recueil de nouvelles de cet auteur, puis "A la recherche du voile noir". Et j'avais bien aimé l'ambiance étrange de ces deux livres. Ce roman est intitulé "Ice storm" dans certaines éditions françaises.
   
   La première phrase de ce livre est la suivante :
    "- C'est l'histoire d'une famille que j'ai connue pendant mon adolescence. "
   
   Nous sommes en 1973, en hiver, dans une banlieue d'apparence paisible de New-Canaan une ville du Connecticut. Ce genre d'endroit où l'ennui est un sport national et l'adultère son complément.
   
   Benjamin Hood, dans la chambre d'amis de la maison des William, attend Jeaney, la maîtresse de maison dont il est l'amant. Celle-ci s'est absentée il y a quelques instants. Mais l'attente se prolonge, il repense à son existence, à son mariage et à ses enfants, tout cela sans aucun enthousiasme. Et Jeaney ne revenant toujours pas, il part à sa recherche en compagnie d'une bouteille de vodka dont le niveau baisse dangereusement. Il entend des conversations dans la maison, il est là pris au piège. Ces voix, il les connaît!
   
   Et il découvre sa fille Wendy et Mike, le fils des Williams dans une position qui ne laisse planer aucun doute sur leurs intentions.
   
   Il intervient, sans se rendre bien compte que la surprise passée, dès leur retour à la maison, son épouse va se poser pas mal de questions ?
   
   Mais une soirée est prévue chez des voisins, la neige tombe, les masques aussi! La nuit laissera des traces, toute faute mérite un châtiment, parait-il, mais pourquoi un innocent ?
   
   Les Williams, Jeaney et Jim, et leurs fils, Sandy et Mikey ; Les Hood, Benjamin et Helena et leurs enfants, Paul et Wendy, deux familles de la Middle Class américaine. Ces couples qui ne s'aiment plus, on peut d'ailleurs se poser la question, se sont-ils aimés un jour. Le mariage semble être une fatalité à laquelle on ne peut échapper, alors "Marions-nous"! Il sera toujours temps de réfléchir aux conséquences plus tard.
   
   Cette bourgeoisie en pleine débâcle intellectuelle, avec comme seule préoccupation l'argent et le sexe. Un mal de vivre qui se cache sous une forte consommation d'alcool et des adultères sans lendemain. Toutes ces vies, sous certaines façades de respectabilité ne sont que des constats d'échecs permanents, qui rejaillissent sur leurs enfants. Les drogues, douces pour l'instant, commencent à circuler.
   
   Une belle écriture, beaucoup plus simple que dans les autres livres de l'auteur que j'ai lus précédemment.
   
   Une analyse féroce de l'American Way Of Life, qui me rappelle "Couples" de John Updick ou les romans de Laura Kasischke . Certains auteurs américains savent tremper leur plume dans le vitriol pour parler de leur pays et du comportement d'une partie de ses habitants.
   
   A noter qu'un film réalisé par Ang Lee, avec Kevin Kline, Joan Allen et Sigourney Weaver a été tiré de ce livre. Il a obtenu le prix du meilleur scénario à Cannes en 1997.
   
   Extraits :
   
   - Tout se déroulait lentement, très lentement.
   
   - Ou la tristesse d'un mariage raté. Sa solitude.
   
   - Elena ne disait rien. Elle était aussi aisée à saisir qu'un traité de théologie allemand.
   
   - Il aimait certes sa femme et ses enfants, mais détestait toute manifestation de leur existence.
   
   - La routine du mariage commençait à le miner.
   
   -Le corps humain était devenu à peu près aussi fascinant pour lui qu'une liste de courses.
   
   - Un marché de dupes, en fait. Le triste besoin de se prouver que l'on avait le choix. Rien de plus.
   
   - Elle trompait Benjamin avec sa jeunesse perdue.
   
   - Pas question pour lui de devenir aussi triste que ses parents.
   
   - Sandy était insipide. Aussi dépourvu de goût que l'eau du robinet.
   
   - Un perdant dans une famille de perdants.

critique par Eireann Yvon




* * *