Lecture / Ecriture
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Insomnies de John Cheever

John Cheever
  Insomnies
  L'ange sur le pont
  On dirait vraiment le paradis

John Cheever est un écrivain américain né en 1912 et décédé en 1982.
Il a obtenu le National Book Award en 1958 et le Prix Pulitzer de la Fiction en 1979.

Insomnies - John Cheever

Corde raide
Note :

   Recueil de nouvelles d'un auteur qui m'a été recommandé par une amie qui est très souvent de bons conseils. Ces écrits s'échelonnent de 1946 à 1954 et se passent souvent à New-York ou dans sa banlieue.
   
   La première nouvelle, se nomme "L'incroyable radio", j'aurais plutôt dit "La maléfique radio". Un poste de radio capte des ondes, tout le monde le sait, mais quand vous entendez toutes les discussions du quartier, et quand en plus vous y prenez goût! C'est drôle de savoir les femmes battues, les maris cocus, les problèmes d'argent du voisinage, mais personne n'est au dessus de tout cela. Moralité "La curiosité est un vilain défaut".
   
   "La ballade de Joan Harris" nous décrit l'amitié sur trente ans, d'un homme et d'une femme, chacun a ses zones d'ombre, mais que cache réellement Joan derrière ses nombreuses conquêtes masculines ? Quelle vie reste-t-il à un homme et une femme mariés quand un de leurs amis devient fou amoureux de l'épouse de ce couple? Proposant même de l'argent pour le divorce!
   
   Dans "O jeunesse et beauté" pour une ancienne gloire sportive; le coup de feu de départ peut faire passer de vie à trépas.
   
   Prenez-vous le train pour aller travailler? Si oui, évitez de prendre "le 17h48" (ouf, pendant des années, je prenais le 17h43, à quoi cela tient!) car une femme peut avoir envie de vous tuer!
   
   "Les villas du bord de mer" nous emmènent en vacances. L'homme se souvient qu'une année, l'intrusion dans une maison et dans la vie de ses occupants fut particulièrement pénible et désastreuse pour son couple.
   
   Dans "Le brigadier et la veuve joyeuse", la veuve n'est pas trop veuve, le brigadier plus tout jeune, mais l'adultère se terminera mal, mais de cela, le brigadier se croyait à l'abri!
   
   La bourgeoisie new-yorkaise de l'après guerre, en 16 tableaux et 350 pages, passée au crible. Des femmes loupant leur vie avec des hommes dont elles semblent s'acharner à choisir les pires. Un mari plein d'idées pour gagner de l'argent, mais aucune ne réussit, sa femme aimante mais naïve, tous les ingrédients d'une vie de misère? Depuis que sa femme l'a quitté, un homme de dort plus, mais au premier coup de téléphone, il court la rejoindre. Un homme mal marié se crée une aventure fictive avec une dénommée Olga, pour échapper à la médiocrité de son existence et pour se créer une autorité qu'il ne possède pas. Quelques nouvelles tournent autour de l'alcool, mais toutes traitent du mal vivre de gens qui ne paraissent même pas à leur place dans leur propre vie.
   
   Un regard acide sur une ville que l'auteur connaît bien, Cheveer était le chef de file de l'école du "New-Yorker" dont il était chroniqueur avec entre autre, l'écrivain irlandaise, Maeve Brennan. Une belle écriture qui n'a pas pris une ride. A découvrir, et en plus sans tarder!
   
   Extraits :
   
   - "Éteins ça, dit Irène. Ils peuvent peut-être nous entendre."- "Essaie autre chose. Vois si tu peux capter les gens du 18-C."
   
   - Dans son expérience, pauvreté et jeunesse étaient indissociables, et l'une s'achevait avec l'autre.
   
   - De la même façon que sa femme paraissait laide, il semblait jeune.
   
   - On vit au sein d'une famille, pourtant on n'en fait jamais partie.
   
   - Comment pouvait-il lui faire comprendre qu'un foyer-"Home, sweet home"-était le meilleur endroit qui soit.
   
   - Ses charmes physiques qui représentaient son seul atout avaient disparu.
   
   - Existait-il dans l'univers une justice et une clémence invisibles telles que nos besoins se vissent toujours comblés?
   
   - Je dirais simplement que mon épouse porte des bigoudis si agressifs et en si grand nombre que quiconque essaierait de lui compter fleurette y perdrait un oeil.
   
   - Il y avait là Mrs Vuiton, entièrement dévêtue à l'exception d'un rang de perles. Mr Lothard était près d'elle, vêtu d'une montre.
   
   - "Tu as laissé ton essence à briquet dans la cuisine et je l'ai confondue avec le vinaigre."
   

critique par Eireann Yvon




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