Lecture / Ecriture
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Un majestueux fossile littéraire de Mark Twain

Mark Twain
  Les aventures de Tom Sawyer
  Un majestueux fossile littéraire
  Damnés Français
  Ascension en télescope
  Le voyage des innocents

Mark Twain est le nom de plume de Samuel Langhorne Clemens, journaliste, écrivain et humoriste américain, né en 1835 dans le Missouri et décédé en 1910 dans le Connecticut.

Un majestueux fossile littéraire - Mark Twain

Par le titre trompeur alléchée
Note :

   Voilà quelques mois, Mademoiselle Lou, par le titre trompeur alléchée, s’emparait victorieusement d’ "Un majestueux fossile littéraire " de Mark Twain après avoir résisté à la tentation d’une dizaine de livres hors de prix (soit le lot quotidien d’un(e) livrovore). Si les couvertures de la collection folio 2€ jouent presque toujours les tentatrices par leurs couleurs et perspectives aguichantes, le contenu subit des variations d’une amplitude incontestable côté qualité. D’un côté, les récits excellents, les témoignages fascinants, les plumes subtiles, le tout pour découvrir sans risque de nouveaux auteurs ; de l’autre, des extraits par trop tronqués ou des nouvelles décevantes ne rendant pas justice à d’excellents romanciers. De Twain, je garde un très bon souvenir avec son Tom Sawyer (« il n’a peur de rien, c’est un Américain ; il aime l’école, surtout quand elle est loin… ») et son ami Huckleberry Finn. Je prévoyais de relire ces textes avec un regard nouveau, maintenant que je suis un vieux machin sur le point de terminer ses études, et lorsque mon regard est tombé sur " Un majestueux fossile littéraire ", j’ai pensé que l’occasion m’était donnée de redécouvrir Twain avec un texte différent. Mais quelle déception !
   
   Trois textes inégaux composent ce recueil :
   
   "Un pari de milliardaires" : deux milliardaires confient un bon de 5 millions de dollars à un jeune étranger sans ressources ni contacts à Londres. Si, au bout de 30 jours, il parvient à leur restituer ce billet, intact, après en avoir profité, l’un d’entre eux aura gagné son pari. Mais que faire pour ne pas passer pour un voleur ? Vivre à crédit en se faisant passer pour un millionnaire excentrique ?
   De loin le texte qui m’a le plus convaincue. C’est sympathique, bien mené et, sans être une excellente nouvelle, ce texte nous fait passer un agréable moment.
   
   "La télégraphie mentale" : Mark Twain donne une série d’exemples (interminable !) de télépathie. L’exemple le plus fréquent est celui de deux lettres qui se croisent et ont été écrites en même temps ; la question des inventions et le fait que bizarrement, plusieurs grands esprits se mettent à travailler sur un problème précis en même temps tient au fait que le premier à avoir eu l’idée transmet inconsciemment cette information à d’autres personnes qui elles, pensent être animées de leur propre volonté alors qu’en réalité, la paternité de l’idée ne revient qu’à une seule et même personne. L’idée que les chercheurs peuvent communiquer entre eux ou que leurs propres recherches sont influencées par des découvertes qui ont eu lieu précédemment et sont connues de toute la communauté scientifique n’est jamais évoquée.
   Totalement inintéressant et soporifique lorsqu’on ne s’intéresse pas de près à ce type de phénomènes. Etant plutôt rationnelle, je suis restée complètement indifférente devant cette série de coïncidences et d’explications à mon avis tirées par les cheveux..
   
   "Un majestueux fossile littéraire" : Mark Twain fait référence à un livre de médecine et explique que la médecine a connu une vraie rupture au XIXe. « Voilà pourquoi, sans doute, nous sommes actuellement une race de petits Mercure, aux talons ailés, fiers de leur émancipation – au lieu d’être restés, comme nos ancêtres, une race de cancres balourds, fiers de leur balourdise. » Ce pamphlet ne m’a pas vraiment convaincue non plus, sans doute parce que je ne connais rien à l’histoire de la médecine et ne suis pas capable de mesurer la véracité des propos de Twain : est-ce que la médecine n’a fait aucun progrès de l’Antiquité au XIXe ? A vrai dire, un simple coup d’œil à l’article de Wikipedia sur l’histoire de la médecine semble indiquer le contraire. C’est sans doute la propension à déclamer des vérités incontestables sur les médecins, ces «assassins patentés» qui m’a un peu agacée. En revanche, certains exemples bien choisis m’ont amusée, telle la saignée (pour mieux achever les malades) ou la définition de l’Arcane : «sorte de remède dont le mode de préparation et la remarquable efficacité sont tenus soigneusement cachés, pour en rehausser la valeur. Les chimistes entendent généralement par là une chose mystérieuse, immatérielle, impérissable, que l’homme ne peut apprécier que par l’expérience ; la vertu de chaque chose en effet est mille fois plus efficace que la chose elle-même.» Ou encore : «il n’est pas non plus mentionné à quelle maladie ce remède s’applique.»
   
   Au final, deux textes ennuyeux et un livre dont le lecteur peut tout à fait se dispenser, à moins d’être particulièrement intéressé par les sujets mentionnés plus haut. A déconseiller à ceux qui ne connaissent pas encore Mark Twain. Par ailleurs, une courte introduction n’aurait pas été de trop pour comprendre dans quel contexte les deux derniers textes ont été écrits, d’autant plus que l’on pourrait penser à l’origine qu’il s’agit d’un recueil de nouvelles. Etouffant un bâillement, j’ai reposé ce livre dans ma bibliothèque, dont il n’est pas près de ressortir.

critique par Lou




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