Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le lagon et autres nouvelles de Janet Frame

Janet Frame
  Poussière et Lumière du jour
  Le Jardin aveugle
  Le lagon et autres nouvelles
  Vers l’autre été
  Visages noyés

Le lagon et autres nouvelles - Janet Frame

Enfance et vieillesse
Note :

   Recueil de nouvelles Janet Frame (1924/2004) écrivain néo-zélandaise dont c’est le premier ouvrage publié, il date de 1951. Par ce livre, elle acquiert la notoriété et surtout la liberté. Celle de sortir de huit ans de traitements dans divers hôpitaux psychiatriques dans son pays, et de pouvoir se consacrer à l’écriture.
   
   Les âges de la vie, surtout l’enfance et la vieillesse, mais aussi le temps qui amène de l’un à l’autre, puis inéluctablement à la mort. Le souvenir des grands-parents dans "Le Lagon", le temps passe pour les hommes mais aussi pour la nature.
   
   La vieillesse dans "La liseuse" où une femme tricote pour une amie et refuse de lui offrir l’ouvrage pour Noël, la famille et la campagne dans "Navets". La mort d’enfants dans "Le secret" ou dans "Keel et Kool", la mort du chat dans "Cygne" où la famille semble s’être trompée de plage.
   
   La plus étrange nouvelle est "Esprit" où un homme mort la veille en prenant le soleil dans son jardin, revient sur terre sous la forme d’une feuille :
   -Une Feuille. Une feuille. Mais j’étais un homme. Les hommes ne peuvent pas vivre sur des feuilles.
   Je suis désolé. Je vais chercher votre feuille. On ne peut plus rien faire à présent.

   
   Des gens normaux comme la petite Dossy dans une des nouvelles les plus courtes de ce livre, mais d’ habiter seule avec son père lui vaut ce jugement des religieuses "Dieu sait ce qu’elle va devenir". Ou alors un homme ivre dans un train, l’histoire d’une menteuse dans "Mademoiselle Gibson et le débarras". Souvenir du père syndicaliste dans "Le plus beau costume de mon père".
   
   Des enfants avec leurs lubies, avoir un tigre pour Noël, par exemple ou les souvenirs d’hôpitaux dans "Jan Godfrey", une famille "au cinéma "
   
   La vie qui passe, la solitude et les problèmes de travail. La guerre en Europe et en Russie sont certains des thèmes de ces nouvelles.
   
   Une écriture qui paraît naïve, un peu éclatée, agréable, mais qui parfois laisse un sentiment de malaise, l’impression de ne pas toujours comprendre où veut nous amener l’auteur, comme si entre elle et moi (par exemple) un obstacle se dressait, celui de l’incompréhension.
   
   Chose que je n’avais pas éprouvée (car c’est éprouvant) pour les autres livres que j’ai lu de Janet Frame.
   
   Extraits :
   -Sa mère avait été une princesse maorie, très belle disait-on, avec des manières intenses d’aimer et de haïr.
   
   -C’était amusant de les voir ensemble, Nan maladroite et grosse, la voix forte, l’infirmière Harper douce et calme et menue.
   
   -Elles étaient prêtes à partir. Maman et Fay et Totty, debout près de la barrière avec leurs vêtements de presque-dimanche.
   
   -Non j’ai dit, on joue au Ludo puis aux Oiseaux. Aux oiseaux vous tiriez les plumes de l’édredon et vous souffliez.
   
   -Et on a remonté les escaliers jusqu'à la cuisine, mon père et moi, et cette nuit là, je ne me suis pas soucié le moins du monde de la balle perdue.
   
   -Je suis comme une morte en train de frapper à la machine maintenant.
   
   -On était juste des enfants russes dans les steppes, on chantaient Tra-tra-tra, tranquillement avec notre mère et notre père, mais la guerre arrive quelle que soit la chanson.
   
   -Puis on baissa encore les lumières et elles se levèrent pour le "God Save the Queen".
   
   -C’était terrible de vivre seule avec une petite fille dans une pension.

critique par Eireann Yvon




* * *